DEMISSION DU PS

LETTRE MOTIVEE DE DEMISSION DU PARTI SOCIALISTE

29 JUILLET 2013

Didier BERTIN

 

Cher(e)s Camarades

Je ne vois pas d'autres solutions pour rester fidèle aux valeurs  qui ressortent de la déclaration de principe du Parti socialiste que de démissionner de ce même Parti.

Notre gouvernement mène aujourd'hui une politique tout à fait éloignée de cette déclaration de principe et le Parti Socialiste aurait dû lui rappeler les conditions  pour lesquelles ses membres, militants et sympathisants ont encouragé par leur travail et leur argent, le vote de la majorité des français pour qu'une majorité de parlementaires et un président socialistes soient élus. L'action gouvernementale divergeant de ses valeurs, le Parti Socialiste aurait aussi dû constituer un contre-pouvoir en accord avec sa déclaration de principe.

La majorité des électeurs ont  donné aux élus socialistes la mission qu'ils avaient eux-mêmes proposée et si un mandat électoral n'était qu'un blanc seing d'une durée de cinq ans, la démocratie en serait affectée.

Lorsque  le gouvernement déclare qu'il n'y pas  d'autre politique possible que la sienne, il fait preuve d'un autoritaire manque de discernement et d'un rétrécissement de son champ de réflexion qui pourraient nous engloutir dans Maelstrom électoral et favoriser le Front national.

La majorité des électeurs ont souhaité une politique différente de celle de Nicolas Sarkozy et non pas sa continuation dans milieu devenu favorable parce qu'elle ne rencontre plus l'opposition du Parti Socialiste.


I - PENSEE SOCIALISTE ET CHOIX ECONOMIQUES


1- LES PRINCIPES DU PARTI SOCIALISTE (Déclaration de principe)

Le socialisme est né de la rencontre entre une pensée critique, riche et diverse, et l’action du mouvement ouvrier qui ont porté une contestation de l’organisation sociale façonnée par le capitalisme.

Les socialistes revendiquent des grandes conquêtes sociales du Front Populaire, de la Libération, de mai 1981 et des gouvernements de gauche qui se sont succédé.

Être socialiste, c’est ne pas se satisfaire du monde tel qu’il est. L’idée socialiste relève, à la fois, d’une révolte contre les injustices et de l’espérance pour une vie meilleure.

L'idée socialiste porte un message universel qui concerne les droits fondamentaux de chacun et de tous et dont le respect ne peut être assuré à partir du fonctionnement spontané de l’économie et de la société.

Les socialistes privilégient  l’investissement productif au détriment de la rente.

Les socialistes portent une critique historique du capitalisme, créateur d’inégalités, porteur d’irrationalité, facteur de crises.

Les socialistes affirment que certains domaines de l’activité ne peuvent relever du fonctionnement du marché, quand ils concernent des droits essentiels.

Le Parti socialiste est un parti populaire ancré dans le monde du travail. Il est le produit des combats politiques et des luttes sociales menées tout au long des XIXe et XXe siècles. Il entend exprimer l’intérêt général du peuple français.

Nous pensons que de  façon plus générale les socialistes doivent aspirer  à une conception créative dynamique et audacieuse de l'économie qui sorte du carcan figé de l'économie libérale.

Les simples incitations économiques ne sont pas suffisantes car elles suivent  des fonctions à variables multiples qui font qu'elles n'ont pas nécessairement les effets souhaités. Dans le cadre d'une crise majeure aggravée par la globalisation, l'État ne peut plus se contenter de jouer un rôle effacé dicté par la doctrine libérale.

L'idée socialiste porte un message universel qui concerne les droits fondamentaux de chacun et de tous et dont le respect ne peut être assuré à partir du fonctionnement spontané de l’économie et de la société.

Ceci signifie que l'État doit initier une politique,  être étroitement impliqué dans sa réalisation et pour cela doit prendre des mesures interventionnistes en tant qu'acteur direct de l'économie; les citoyens ne peuvent pas être abandonnés au bon vouloir d'entreprises privées; même le gouvernement américain comprend mieux que l'Union Européenne qu'il n'y pas de résultat spontané.

2-L'ACTION DU GOUVERNEMENT

La politique gouvernementale se contente d'incitations hasardeuses et coûteuses dans un cadre limité par la très conservatrice Commission Européenne qui parait indifférente aux troubles à l'ordre public que provoquent ses directives rigides.

Tout se passe comme si la France, État fondateur, seconde puissance économique de l'Union Européenne et qui pourrait exiger des transformations radicales du fonctionnement de l'Union Européenne, avait renoncé à toute influence au profit de l'Allemagne.

A- RAPPORT GALLOIS - PACTE DE COMPETITIVITE - SECURISATION DE L'EMPLOI

Le premier éloignement significatif  du socialisme aura été pour le gouvernement de commander le rapport Gallois et de s'en inspirer; cette initiative a semblé  refléter son grand désarroi face aux réalités.

Selon ce rapport, l'État doit financer les investissements que les entreprises ont omis de faire pour rester compétitives en chargeant de tous les maux le coût du travail qui serait fondé  sur "un pacte fossilisé"; ce rapport suggère de s'attaquer au coût du travail en mettant en cause les grandes conquêtes sociales que le Parti Socialiste revendique dans sa déclaration de principe.

Les suggestions consistent à fragiliser le contrat de travail, à remettre en cause les acquis sociaux, à alléger les charges et les impôts des entreprises pour alourdir celles des salariés et notamment par l'antisociale TVA.  Dans le pacte de compétitivité la baisse du coût du travail est assurée par un arrosage général en faveur des entreprises sous forme de crédit d'impôt.

Les travailleurs et les consommateurs sont considérés comme deux populations distinctes sans tenir compte du fait que la réduction du pouvoir d'achat réduit la demande et accroît la crise et le chômage comme on peut le constater. Ce rapport est tellement conservateur  qu'il a été salué par des dirigeants de l'UMP et par le MEDEF.

Nous rappelons encore une fois que selon les Socialistes: "le respect des droits fondamentaux de chacun et de tous ne peut être assuré à partir du fonctionnement spontané de l’économie et de la société", or le pacte de compétitivité passe par l'espoir sans garantie que les entreprises feront bon usage du crédit d'impôt, c'est à dire de ressources dont l'État et par suite les citoyens, se privent.

 

B- LOI SUR LA SECURISATION DE L'EMPLOI ET SUR LE PACTE DE COMPETITIVITE - DIVORCE AVEC LES PRINCIPES DU PARTI SOCIALISTE

Analyse de la loi relative à la sécurisation de l'emploi  et au pacte de compétitivité:

Article 3

Dans une entreprise privée le rapatriement d'un salarié qui a échoué dans une tentative d'expérience professionnelle extérieure est difficile à la différence du cas des administrations publiques. La place du salarié dans le processus de production ne peut pas être laissée vacante et les moyens d’empêcher son retour sont nombreux. Cet article risque d'encourager le départ des salariés d’une entreprise sur la base d’un illusoire filet de sécurité.

Article 4

Les membres du comité d'entreprise, du comité central d'entreprise et les délégués syndicaux ayant accès à une base de données de l'entreprise sont tenus à une obligation de discrétion; l'utilisation à des fins syndicales de cette base de données entraine donc un risque de licenciement ou de poursuites judiciaires.

Compétitivité-emploi et crédit d'impôt

Le Gouvernement mène actuellement une campagne en faveur d'une sévère politique d’austérité fondée sur des coupes budgétaires, une hausse de la fiscalité et notamment de celle à venir de la TVA et la réduction des retraites par un alourdissement des charges sociales, l'annulation de l'indexation et l'allongement des durées de cotisations à des niveaux irréalistes.

Ces mesures ne peuvent que réduire la demande, accroitre le chômage, diminuer  les revenus de l'État et "rendre les coupes budgétaires indéfiniment insuffisantes."

Les entreprises bénéficient  d'un crédit d’impôt afin de compenser leur absence d’investissements adéquats et le prétendu coût élevé du travail.

Ainsi les salariés remboursent une partie de leur rémunération au travers de l'État qui n'est autre que leur émanation.

Le coût du travail élevé est une plainte systématique des entreprises même dans les pays où celui-ci est négligeable comme au Brésil (il était temps que les Brésiliens tentent de mettre un terme à cette situation scandaleuse : Ils créent la croissance mais n’en bénéficient pas -voir mon étude de mars 2010 qui permettait de prévoir le mouvement de protestation actuel).

Cette large distribution des revenus des citoyens par le crédit d'impôt n’est pas accompagnée de mesures satisfaisantes de contrôle; ce contrôle revient aux Comités d'entreprises selon - l'article L. 2323-7-1 dont ce n'est pas la fonction et qui n'en a pas la qualification même aidé par un expert comptable dont le champ de compétence est insuffisant.

Article 5

Afin sans doute de se rapprocher du modèle allemand ou de ce que le Général De Gaulle appelait la participation c'est à dire l’association Capital-travail, les salariés pourront être représentés au Conseil d'Administration ou au Conseil de surveillance mais sont  légalement tenus au respect  de la confidentialité qui interdit la diffusion ou l'utilisation des informations à des fins syndicales ou autres sous peine de licenciement ou de poursuites judicaires. De plus les décisions stratégiques peuvent toujours se prendre en comité restreint.

Cet  angélisme écarte le fait qu’une entreprise n’est pas une démocratie mais une organisation de type militaire ou féodale et pour comprendre cette réalité une longue expérience dans les entreprises est indispensable.

Il existe déjà un Parti en France chargé de promouvoir les idées du Général De Gaulle et qui n'est pas le Parti Socialiste.  

L'association Capital-travail se retrouve aussi dans l'Encyclique Rerum Novarum du 15 mai 1891 du Pape Léon XIII,  qui ne fait pas partie des principes du Parti Socialiste.

Article 8

Selon cet article l'ensemble du contrat de travail : Horaires-Rémunérations, organisation du temps partiel peut faire l'objet d'accords dans le cadre de l'entreprise; ainsi l'État réduit encore son rôle en laissant les salariés négocier la réduction de leurs droits et salaires face à des entreprises qui ont le pouvoir du dernier mot que leur confèrent le recours aux licenciements et à la fermeture des sites ; cette politique est naturellement en opposition avec les principes du Parti Socialiste qui revendiquent les grandes conquêtes sociales et l'amélioration de la vie humaine.

Nouveau rappel de principes du Parti Socialiste

Les socialistes portent une critique historique du capitalisme, créateur d’inégalités, porteur d’irrationalité, facteur de crises.

Le Parti socialiste est un parti populaire ancré dans le monde du travail. Il est le produit des combats politiques et des luttes sociales menées tout au long des XIXe et XXe siècles.  

Les socialistes revendiquent des grandes conquêtes sociales du Front Populaire, de la Libération, de mai 1981 et des gouvernements de gauche qui se sont succédé.

Pour les socialistes, le progrès doit être synonyme d’amélioration de la vie humaine. Les socialistes veulent que le travail aille de pair avec un mode de vie qui donne du temps libre permettant l’accès à la culture et au sport, offrant à chacun de construire sa vie et la possibilité de participer à la vie publique.

Article 10

Un employeur peut imposer la mobilité aux salariés. En fait le principe de mobilité  a pour corollaire l'acceptation de la désertification de certaines régions. Aucune région ne doit être abandonnée et des pôles de relances économiques devraient permettre aux travailleurs de retrouver un emploi dans leur région.

Article 11

Parmi les grandes réformes nous prenons acte que l'on doit désormais appeler le "chômage partiel", "activité partielle".

Article 12

En cas de graves difficultés une entreprise peut réduire les horaires et les salaires. Les salariés deviennent donc des sortes de "free-lances" dans les situations dramatiques car en cas de retour à meilleure fortune, ils ne retrouvent au mieux que leur contrat. Le devoir des socialistes devrait être de défendre  l'intégrité du contrat de travail.

Article 14

Lorsqu'une entreprise veut fermer elle doit lancer une recherche d'éventuels repreneurs. Le comité d'entreprise peut étudier les conditions de reprises, c'est à dire pour l'essentiel  les plans de licenciements qui les accompagnent.


C- ABSENCE D'UNE POLITIQUE INTERVENTIONISTE PROFONDE ESPERÉE PAR LA GAUCHE

L'économie et l'emploi devaient être relancés par des initiatives étatiques de grande envergure et non pas par des petites mesures incitatives et  sans aucune autre garantie de résultat que l'espoir que ça marche.

Cette politique appelée récemment "la boite à outils" reflète frilosité et effacement devant la prédominance d'un système que l'on veut semble-t-il laisser intact pour l'essentiel. Même Nicolas Sarkozy avait déclaré que l'économie de marché avait échoué et le Parti Socialiste déclare que le fonctionnement de l'économie ne peut être spontané.

La majorité des électeurs espéraient  d'un gouvernement d'inspiration socialiste une forte implication de l'État dans l'économie pour s'assurer de la réalisation des promesses faites. On  pourrait créer ou développer des secteurs à fort coefficient d'emploi. Les meilleures entreprises américaines incluent souvent des activités à fort coefficient d'emploi  dans des secteurs analogues aux nôtres (voir mon étude sur l'emploi).

Les champions du libéralisme que sont les États Unis n'hésitent pas à intervenir lourdement dans l'économie pour sauver par exemple leur industrie automobile ou leurs  banques. Il semble que ce qui nous empêche de les imiter soit notamment la rigidité anachronique de la Commission européenne.


C-BPI ET SECTEUR BANCAIRE

Nous attendions une entité capable de compenser les insuffisances du secteur bancaire mais la montagne a accouché d'une souris avec un budget de 42 milliards d'Euros qui n'est rien par rapport à la taille du secteur bancaire.

Toutefois nous avons suffisamment de grandes Banques dont la réorientation permettrait de financer la politique de l'investissement et de l'emploi. Par ailleurs, les mesures qui devaient séparer les activités saines des Banques du  "Gambling" n'ont pas été "sérieusement" prises.

 

D- SITES INDUSTRIELS MENACÉS AVANT LES ELECTIONS

Des sites menacés de fermeture avant les élections et qui avaient servi à illustrer  ce qu'un futur gouvernement socialiste ne permettrait pas, ont été fermés après les élections. On ne doit pas s'étonner du revirement de l'électorat, de la baisse du crédit de la classe politique et de la montée du front national.


II- PENSEE SOCIALISTE ET CHOIX DE VIE


1- PRINCIPES DU PARTI SOCIALISTE

Pour les socialistes, le progrès doit être synonyme d’amélioration de la vie humaine. Le progrès économique et social ne peut plus être apprécié à l’aune de la seule croissance de la production marchande, mais doit l’être à l’aide des indicateurs reflétant la qualité effective des conditions d’existence et de travail des individus.

Pour les socialistes, le travail humain est un moyen d’insertion, de reconnaissance, d’émancipation. La qualité de l’emploi est un objectif fondamental qui suppose une rémunération juste, des droits garantis et respectés, un accès à la formation tout au long de la vie favorisant la promotion professionnelle et sociale. 

Les socialistes veulent que le travail aille de pair avec un mode de vie qui donne du temps libre permettant l’accès à la culture et au sport, offrant à chacun de construire sa vie et la possibilité de participer à la vie publique. L’accès à la culture pour tous et la démocratisation des pratiques culturelles sont un objectif fondamental des socialistes.

2- L'ACTION DU GOUVERNEMENT

A-CONDITIONS DE TRAVAIL

Les initiatives gouvernementales ne semblent pas mettre fin à la détérioration constante des conditions de vie de la population française mais s'y accommodent.

Les salariés sont forcés sous la menace de fermeture des sites d'accepter des réductions de salaires et des augmentations du temps de travail. La fin des 35 heures annoncée par la Droite prend corps sous un gouvernement de Gauche et va à l'encontre du principe du Parti Socialiste de revendiquer les grandes conquêtes sociales.

La prétendue sécurisation de l'emploi est en fait une précarisation. L'accroissement du temps de travail et la réduction dite temporaire des salaires dans des situations appelées graves va à l'encontre des principes du Parti Socialiste qui vise à  améliorer les conditions de vie des citoyens.


B-ACCROISSEMENT DU CHOMAGE

L'inadaptation de la politique économique  se perçoit dans les chiffres du chômage:

Chômeurs-Catégorie A: Mai 2012 = 2 927 600 - Juin 2013 = 3 279 400


C-MAUVAIS SORT RESERVÉ AUX  RETRAITÉS

La réforme de 2010 portant l'âge de la retraite de 60 ans (ordonnance Auroux de 1982) à 62 ans est maintenue par le gouvernement et pourtant le Pari Socialiste revendique la réforme de François Mitterrand au titre de ses principes.  

Les retraités sont des proies faciles car ils ne sont pas organisés pour se défendre. Les retraités bénéficiaient de cotisations sociales réduites tout simplement parce qu'une retraite est un salaire réduit de 40 à 50% voire plus et pourtant les cotisations sociales des retraités seront relevées et la remise en cause de l'indexation les paupérisera. Nous sommes loin de l'amélioration de la vie prônée par le Parti Socialiste. 

En fait l'allongement des périodes de cotisations ne consistera qu'à réduire le montant des retraites en raison de cotisations  probablement incomplètes dues au fait que les cinquantenaires sont écartés du marché de l'emploi. Il s'agit encore de "travailler plus pour gagner moins" afin d'équilibrer les comptes des caisses de retraites en rejetant à la fois les retraites par capitalisation et le principe  de fraternité que la retraite par répartition impose.

Par ailleurs l'allongement de l'âge légal de la retraite accroîtra  le nombre cinquantenaires en fin de droits et donc sans aucun revenu.


III -PARTI SOCIALISTE ET JUSTICE


1-PRINCIPES DU PARTI SOCIALISTE

Le Parti socialiste est attaché aux grands principes de la Justice. Celle-ci est une valeur et une institution. Elle est garante de la réalité des droits de chacun.

Le Parti socialiste est un parti internationaliste. Il condamne toutes les oppressions et exploitations dont sont victimes les hommes et les peuples, qu’elles qu’en soient les origines et les causes. Il agit pour le développement des pays du Sud.

Le Parti socialiste est un parti qui défend une éthique politique dans l’engagement militant.


2-ACTION DU GOUVERNEMENT

Edward SNOWDEN a fait passer l'intérêt général avant le sien en mettant au jour la plus gigantesque entreprise d'espionnage notamment des citoyens et des  institutions d'Europe et de l'Union Européenne; pourtant  les États victimes, dont la France, ont décidé de se ranger au coté de leur agresseur et de rendre plus dur le chemin de Croix d'Edward SNOWDEN.  

Sa demande d'asile politique a été refusée par la France et l'espace aérien français a été temporairement fermé à l'avion du Président Evo MORALES  de  crainte qu'Edward SNOWDEN soit à bord.

En effet le 2 juillet dernier notre camarade Socialiste et syndicaliste, le Président de Bolivie Evo MORALES a été immobilisé pendant plus de 13 heures à l'aéroport de Vienne en raison "notamment" de l'interdiction de la France du survol de son territoire par son avion. Il a été prétendu que les autorités françaises ignoraient  qu'il s'agissait de  l'avion du Président MORALES alors que l'ensemble de la presse en était informée.

Je me solidarise en tant que socialiste, avec l'ensemble des pays d'Amérique latine qui ont été outrés par cette mesure prise en particulier par la France et qui leur apparait être à juste titre un vestige du colonialisme européen et je rappelle que le Parti Socialiste défend une éthique politique dans l’engagement militant et le développement des pays du Sud.


IV-SOCIALISME ET DEMOCRATIE


1- PRINCIPES DU PARTI SOCIALISTE

Pour les socialistes, la démocratie politique, sociale, représentative et participative forme un tout qui  représente, à la fois, une fin et un moyen.

En une seule phrase la démocratie est décrite comme un moteur politique, sociale dont la forme est représentative et participative et qui est à la fois un moyen et une fin.

Le Parti socialiste est un parti démocratique. Il fait de la parité entre les hommes et les femmes un principe. Il respecte chacun de ses adhérents.

Il organise un débat politique transparent et ouvert. Il veille à la diversification des responsabilités partisanes et électives à tous les niveaux.

Il prend en compte dans un dialogue permanent, les forces et les mouvements de la société civile, en particulier les syndicats, les associations, les organisations non gouvernementale.


2-REALITE

A- Depuis les dernières élections, le Parti Socialiste s'aligne sauf exception (retraites)  sur la position du gouvernement au lieu d'être son guide et de lui rappeler les valeurs fondamentales qu'il doit suivre et pour lesquelles le président et la majorité du parlement ont été élus.

B- Les ministres doivent se taire au lieu de pouvoir souligner librement les contradictions du gouvernement avec à la fois les principes du Parti Socialiste et les promesses électorales.

C- En exprimant publiquement leurs points de vue, les ministres et les membres du parlement et le Parti Socialiste pourraient  permettre à la démocratie participative de fonctionner pour éclairer l'action du gouvernement et éviter une catastrophe électorale à venir.

D- L'exécutif n'a pas reçu un blanc seing qui l'autoriserait à mener une politique autoritaire pendant cinq ans et une politique démocratique pendant les seules périodes électorales.

E-Parlement et Parti Socialiste

Le Parti socialiste est un parti démocratique. Il respecte chacun de ses adhérents. Il organise un débat politique transparent et ouvert. Il prend en compte dans un dialogue permanent, les forces et les mouvements de la société civile, en particulier les syndicats, les associations, les organisations non gouvernementale.

 

Je n'estime pas que ma contribution à la réflexion du Parti Socialiste ait été  accueillie avec la gratitude que je souhaitais mais je remercie vivement les quelques parlementaires et autres élus  qui ont marqué un intérêt pour mon travail de militant au cours de ces dernières années.


V-SOCIALISME ET UNION EUROPENNE


1-POSITION DU PARTI SOCIALISTE

Le Parti socialiste est un parti européen qui agit dans l’Union européenne qu’il a non seulement voulue, mais en partie, conçue et fondée. Il revendique le choix historique de l’Union européenne.

Pour les socialistes, l'Union Européenne doit avoir pour mission, par ses politiques communes, d’assurer la paix sur le continent, de favoriser une croissance forte et durable et le progrès social, de promouvoir la créativité et la diversité culturelle.


2-RÉALITÉ

La position européenne du Parti Socialiste est louable en ce qui concerne  la Paix, l'union des peuples, la croissance et le progrès social, toutefois les États Membres ont choisi en majorité le camp d'un extrême conservatisme imposé sur le plan économique et monétaire à l'ensemble de l'Union Européenne et qui ne peut absolument pas convenir au Parti Socialiste selon sa déclaration de principe. En effet sous l'influence de la Droite, l'Union Européenne met en cause la croissance, le progrès social, paupérise un certain nombre d'États membres et en maintient d'autres  dans le sous développement.

De plus le Parti Socialiste affirme que certains domaines de l’activité ne peuvent relever du fonctionnement du marché, quand ils concernent des droits essentiels et cela l'Union Européenne ne le permet pas.

Par ailleurs l'Union Européenne n'a pas véritablement d'éthique puisque chaque État applique la Charte des Droits Fondamentaux selon ses désirs ou s'en exonère totalement au point qu'un des États membres est devenu une dictature (Hongrie).

Seule une remise à plat de ses principes de fonctionnement économique et politique permettrait de sauvegarder l'Union Européenne que le Parti Socialiste désire mais il faudrait pour cela que la France ne se contente plus d'un second rôle derrière l'Allemagne.


VI-SOCIALISME ET LAICITE


Le Parti socialiste est un parti laïque. Il défend la séparation des Églises et de l’État. Il veille au respect de la liberté de conscience. La laïcité est plus qu’un principe de tolérance, elle est un combat contre tous les fondamentalismes et tous les intégrismes. La laïcité est une condition de notre vivre ensemble.

Les socialistes français souhaitent "à mon avis" que la laïcité soit promue  à l'étranger où des religions s'approprient le pouvoir civil et la démocratie, mais il n'a pas semblé que cette promotion ait été récemment faite en Tunisie.

Nos relations devraient être limitées aux États qui ne sont pas aux mains de Partis de nature dictatoriale et la regrettable accession au pouvoir de tels partis par le processus démocratique ne rend pas pour autant ces Etats fréquentables.


VI- ANTISEMITISME - CONFLIT DU MOYEN ORIENT


1- POSITION DU PARTI SOCIALISTE

Les socialistes combattent la xénophobie, le racisme et l’antisémitisme sous toutes leurs formes.

 

2-LA REALITE

S'il n'existait pas d'antisémitisme latent ou ouvert au sein de la Gauche il n'aurait pas été nécessaire de créer le Cercle Léon Blum.

Le Cercle Léon Blum déclare dans sa présentation avoir décidé de combattre politiquement et démocratiquement la résurgence d'un nouvel antisémitisme qui provient, depuis quelques années, d'une partie de la gauche française en contradiction fondamentale avec les principes de la Déclaration des Droits de l'Homme et du Citoyen et son comité d'Honneur comme ses membres attestent cette pénible  réalité.

Le scandale qui a entouré René Bousquet a été traumatisant mais  de façon générale on peut constater aujourd'hui que l'antisémitisme de Gauche existe aussi sous couvert d'antisionisme.

Après  deux millénaires d'antisémitisme violent puis  génocidaire en Europe, le concert des Nations a dû admettre que la survie du peuple juif ne pouvait être garantie que par la renaissance d'un État juif au moyen Orient. Cet État sert de bouclier à  ceux qui y vivent, mais aussi à ceux qui pourraient y vivre si le fragile vernis que représente la civilisation venait encore à disparaitre. Le sionisme est un mouvement à la base "principalement" socialiste et laïc en faveur de cette renaissance étatique pour garantir  la survie du Peuple juif tandis que l'antisionisme consiste à vouloir le replonger à nouveau dans une vulnérabilité qui l'exposerait à la haine des autres voire à une extermination toujours évoquée part les uns ou les autres.

La responsabilité européenne en ce qui concerne la nécessaire renaissance d'un État juif s'exprime aussi par les chiffres ci-dessous

Population juive en Europe:

1939 = 9 200 000 personnes - 2010 =1 350 000 personnes

Si l'on ne tient pas compte des 235 000 juifs d'Afrique du nord arrivés en France dans les années soixante, on peut constater  que près de 90%  des juifs ont disparu d'Europe soit parce qu'ils ont été massacrés pour 65% d'entre eux, soit parce qu'il était dangereux de rester sur un territoire européen profondément hostile. Nous aurions souhaité que l'Europe prenne la mesure de sa responsabilité résultant de son antisémitisme historique dans le  conflit du moyen Orient et à l'égard des peuples juif et palestinien et fasse preuve d'une profonde contrition au lieu de prétendre donner des leçons de morale.

L'Union Européenne semble maintenir sa tradition en suivant la déclaration de Prague de 2008 qui fait une équation scandaleuse entre communisme et nazisme et remet implicitement en cause le caractère unique de la barbarie nazie et en conséquence celui de l'Holocauste. Cette nouvelle conception fait l'affaire  des États membres  de l'Union Européenne dans lesquels l'antisémitisme et le fascisme renaissent avec force. Il est à noter que la plupart des députés européens allemands n'ont pas soutenu de déclaration dans ce sens, ce qui est à leur honneur.

Par ailleurs seuls deux parlementaires français ont accepté de signer la Déclaration en mémoire du soixante-dixième anniversaire de la conférence de Wannsee qui a été notamment soutenue par de nombreux parlementaires allemands de gauche.

Je ne peux plus m'associer à un Parti dont seulement deux députés ont accepté de signer la Déclaration en mémoire du soixante-dixième anniversaire de la conférence de Wannsee qui a pourtant été présentée à la connaissance de chacun.


Je vous présente cher(e)s camarades mes salutations socialistes.


Didier BERTIN