PRIX DE LA TRAHISON

 

LE PRIX DE LA TRAHISON ET DES FAUSSES CONVICTIONS DU GOUVERNEMENT

Didier BERTIN - 26 MAI 2014

I- Le gouvernement du 18 juin 2012 artisan de la défaite aux élections municipales et de la victoire du Front National en 2014

Nous avions publié notre lettre de démission du Parti Socialiste le 29 juillet 2013 alors qu'en fait il aurait été plus logique que les artisans de la politique dont nous souffrons démissionnent puisqu'ils avaient décider de se libérer des obligations émanant de la déclaration de principe du Parti Socialiste.

La déclaration de principe du PS aurait dû être suivie scrupuleusement en particulier parce qu'elle était en harmonie avec la campagne électorale sur la base de la laquelle les français ont donné une large majorité aux députés socialistes et élu le Président. Le Président a indiqué en différente occasions qu'il était socialiste puis plus tard, social-démocrate et social-libéral et même indiqué que le respect des promesses électorales n'était pas si important et cela en oubliant à qui il devait son élection. Ce sacrifice identitaire et des engagements n'a en plus était fait par le premier gouvernement que pour appliquer une politique de gribouille. 

Nous avions pourtant alerté les parlementaires que ce comportement mènerait à des catastrophes électorales et à un risque de disparition à terme du Parti Socialiste. Se trahir soi même c'est perdre toute crédibilité et entraîner les français désespérés à se tourner vers le pire.

Les gouvernements précédents avaient mené une politique d'endettement irresponsable, résultant notamment de la perte progressive du rôle de l'État dans l'économie. Le PS devait changer cela, renforcer l'État et pour cela initier une réforme de l'organisation de l'Europe afin de ne plus subir systématiquement le diktat de la droite qui la domine.

L'Europe est un échec si cela mène les nations à abandonner leur modèle social, leur conception de la vie, la maîtrise de leur économie et dans ces conditions il ne serait plus utile d'avoir des élections nationales.Paradoxalement c'est le vote européen qui manque de légitimité par les taux d'abstentions qui le caractérise. Le plus logique aurait été d'instaurer un système de représentation des parlements nationaux au niveau européen pour éviter le gouffre financier que représente le Parlement Européen et dont les pouvoirs sont limités par le Conseil de l'Union Européenne appelé conseil des ministres et par la Commission.

 

II- Rappel de la déclaration de principes du PS et commentaires

Le socialisme est né de la rencontre entre une pensée critique, riche et diverse, et l’action du mouvement ouvrier qui ont porté une contestation de l’organisation sociale façonnée par le capitalisme.

Les socialistes revendiquent des grandes conquêtes sociales du Front Populaire, de la Libération, de mai 1981 et des gouvernements de gauche qui se sont succédé.

Être socialiste, c’est ne pas se satisfaire du monde tel qu’il est. L’idée socialiste relève, à la fois, d’une révolte contre les injustices et de l’espérance pour une vie meilleure.

L'idée socialiste porte un message universel qui concerne les droits fondamentaux de chacun et de tous et dont le respect ne peut être assuré à partir du fonctionnement spontané de l’économie et de la société.

Les socialistes privilégient l’investissement productif au détriment de la rente.

Les socialistes portent une critique historique du capitalisme, créateur d’inégalités, porteur d’irrationalité, facteur de crises.

Les socialistes affirment que certains domaines de l’activité ne peuvent relever du fonctionnement du marché, quand ils concernent des droits essentiels.

Le Parti socialiste est un parti populaire ancré dans le monde du travail. Il est le produit des combats politiques et des luttes sociales menées tout au long des XIXe et XXe siècles. Il entend exprimer l’intérêt général du peuple français.

Nous pensons que de façon plus générale les socialistes doivent aspirer à une conception créative dynamique et audacieuse de l'économie qui sorte du carcan figé de l'économie libérale. Les simples incitations économiques ne sont pas suffisantes car elles suivent des fonctions à variables multiples qui font qu'elles n'ont pas nécessairement les effets souhaités. Dans le cadre d'une crise majeure aggravée par la globalisation, l'État ne peut plus se contenter de jouer un rôle effacé dicté par la doctrine libérale.

L'idée socialiste porte un message universel qui concerne les droits fondamentaux de chacun et de tous et dont le respect ne peut être assuré à partir du fonctionnement spontané de l’économie et de la société.

Ceci signifie que l'État doit initier une politique, être étroitement impliqué dans sa réalisation et pour cela doit prendre des mesures interventionnistes en tant qu'acteur direct dans l'économie ; les citoyens ne peuvent pas être abandonnés au bon vouloir d'entreprises privées ;même le gouvernement américain comprend mieux que l'Union Européenne qu'il n'y pas de bons résultats spontanés sur la base d'un marché totalement libre.

Autres rappels des  choix socialistes

Les socialistes revendiquent des grandes conquêtes sociales du Front Populaire, de la Libération, de mai 1981 et des gouvernements de gauche qui se sont succédé.

Pour les socialistes, le progrès doit être synonyme d’amélioration de la vie humaine. Les socialistes veulent que le travail aille de pair avec un mode de vie qui donne du temps libre permettant l’accès à la culture et au sport, offrant à chacun de construire sa vie et la possibilité de participer à la vie publique.

Pour les socialistes, le progrès doit être synonyme d’amélioration de la vie humaine. Le progrès économique et social ne peut plus être apprécié à l’aune de la seule croissance de la production marchande, mais doit l’être à l’aide des indicateurs reflétant la qualité effective des conditions d’existence et de travail des individus.

Pour les socialistes, le travail humain est un moyen d’insertion, de reconnaissance, d’émancipation. La qualité de l’emploi est un objectif fondamental qui suppose une rémunération juste, des droits garantis et respectés, un accès à la formation tout au long de la vie favorisant la promotion professionnelle et sociale. 

 

III- L'action du premier gouvernement et l'Europe

La politique gouvernementale se contente d'incitations hasardeuses et coûteuses dans un cadre limité par la très conservatrice Commission Européenne qui parait indifférente aux troubles à l'ordre public que provoquent ses directives rigides.

Tout se passe comme si la France, État fondateur, seconde puissance économique de l'Union Européenne et qui pourrait exiger des transformations radicales du fonctionnement de l'Union Européenne, avait renoncé à toute influence au profit de l'Allemagne.

IV-Pacte de compétitivité -Rappel

Le premier éloignement significatif du socialisme aura été pour le gouvernement de commander le rapport Gallois et de s'en inspirer ; cette initiative a semblé refléter son grand désarroi face aux réalités. Selon ce rapport, l'État doit financer les investissements que les entreprises ont omis de faire pour rester compétitives en chargeant de tous les maux le coût du travail qui serait fondé  sur "un pacte fossilisé"; ce rapport suggère de s'attaquer au coût du travail en mettant en cause les grandes conquêtes sociales que le Parti Socialiste revendique dans sa déclaration de principe.

Les suggestions consistent à fragiliser le contrat de travail, à remettre en cause les acquis sociaux, à alléger les charges et les impôts des entreprises pour alourdir celles des salariés et notamment par l'antisociale TVA.  Dans le pacte de compétitivité la baisse du coût du travail est assurée par un arrosage général en faveur des entreprises sous forme de crédit d'impôt. Les travailleurs et les consommateurs sont considérés comme deux populations distinctes sans tenir compte du fait que la réduction du pouvoir d'achat réduit la demande et accroît la crise et le chômage comme on peut le constater. 

Ce rapport est tellement conservateur qu'il a été salué par des dirigeants de l'UMP et par le MEDEF.

Nous rappelons encore une fois que selon les Socialistes: "le respect des droits fondamentaux de chacun et de tous ne peut être assuré à partir du fonctionnement spontané de l’économie et de la société", or le pacte de compétitivité passe par l'espoir sans garantie que les entreprises feront bon usage du crédit d'impôt, c'est à dire de ressources dont l'État et par suite les citoyens, se privent.

Après environ deux ans ce pacte a participé à détruire la crédibilité du PS car il n'a pas comme il fallait s'y attendre eu les effets escomptés et la population au chômage a continué de croître en 2013 et continuera de croître en 2014.

Malgré cet abandon de soi, la croissance du chômage a pavé le chemin d'un mouvement extrémiste et populiste comme le Front National.

 

 V- L'absence d'une politique interventionniste espérée par la gauche

L'économie et l'emploi devaient être relancés par des initiatives étatiques de grande envergure et non pas par des petites mesures incitatives et sans aucune autre garantie de résultat que l'espoir que ça pourrait marcher.

Cette politique appelée par le Président "la boite à outils" reflète frilosité et effacement devant la prédominance d'un système que l'on veut semble-t-il laisser intact pour l'essentiel.  La majorité des électeurs espéraient d'un gouvernement d'inspiration socialiste une forte implication de l'État dans l'économie pour assurer la réalisation des promesses faites. 

On pourrait ainsi créer ou développer des secteurs à fort coefficient d'emploi. Les meilleures entreprises américaines incluent souvent des activités à fort coefficient d'emploi dans des secteurs analogues aux secteurs français. Les champions du libéralisme que sont les États Unis n'hésitent pas à intervenir lourdement dans l'économie pour sauver par exemple leur industrie automobile ou leurs banques. Il semble que ce qui nous empêche de les imiter soit notamment la rigidité anachronique de la Commission européenne.

 

VI-Mauvais sort réservé aux retraités

La réforme de 2010 portant l'âge de la retraite de 60 ans (ordonnance Auroux de 1982) à 62 ans est maintenue par le gouvernement et pourtant le Parti Socialiste revendique au titre de ses principes la réforme de François Mitterrand.  Les retraités sont des proies faciles car ils ne sont pas organisés pour se défendre. Les retraités bénéficiaient de cotisations sociales réduites tout simplement parce qu'une retraite est un revenu réduit et pourtant les cotisations sociales des retraités seront relevées et la remise en cause de l'indexation les paupérise déjà. Nous sommes loin de l'amélioration de la vie promise par le Parti Socialiste. 

L'allongement des périodes de cotisations ne consistera qu'à réduire le montant des retraites en raison de cotisations souvent incomplètes dues en raison de l'exclusion des cinquantenaires du marché de l'emploi. Il s'agit encore de "travailler plus pour gagner moins" et de plus l'allongement de l'âge légal de la retraite accroîtra le nombre de cinquantenaires en fin de droits.

Récemment le gouvernement a été plus loin en bloquant les retraites ce qui constitue une agression envers les plus vulnérables et là encore a pavé le chemin de la victoire du Front National.


V-Politique sociale et Union Européenne

Pour les socialistes, l'Union Européenne doit avoir pour mission, par ses politiques communes, d’assurer la paix sur le continent, de favoriser une croissance forte et durable et le progrès social, de promouvoir la créativité et la diversité culturelle.

L'Union européenne avait pour objectif la Paix, l'union des peuples, et le progrès social, toutefois les États Membres ont choisi en majorité le camp d'un extrême conservatisme économique et monétaire pour l'ensemble de l'Union Européenne et qui ne peut pas convenir au Parti Socialiste selon sa déclaration de principe. En effet sous l'influence de la Droite, l'Union Européenne met en cause la croissance, le progrès social, paupérise un certain nombre d'États membres et en maintient d'autres dans le sous développement.

Le Parti Socialiste affirme que certains domaines de l’activité ne peuvent relever du fonctionnement du marché, quand ils concernent des droits essentiels et cela l'Union Européenne ne le permet pas.

Par ailleurs l'Union Européenne n'a pas véritablement d'éthique puisque chaque État applique la Charte des Droits Fondamentaux selon ses désirs ou en est exempté comme le Royaume Uni et la Pologne ou s'en exonère totalement au point qu'un des États membres est devenu une véritable dictature (Hongrie).

Seule une remise à plat de ses principes de fonctionnement économique et politique permettrait de sauvegarder l'Union Européenne où un pays qui désire un développement social et solidaire pourrait y avoir sa place mais il faudrait pour cela que la France ne se contente plus d'un second rôle derrière l'Allemagne.

Le manque d'initiatives du Gouvernement dans ce domaine a aussi fait le jeu du Front National.

 

VI-Politique économique audacieuse souhaitée pour la France

Bien que nous n'ayons pas à notre disposition les immenses moyens du ministère de l'économie et afin de ne pas nous cantonner à une analyse critique nous avions fait de nombreuses propositions de relance économique selon les liens ci-dessous :

http://www.didier-bertin.org/pages/geopolitique-et-economie-planetaires-1/propositions-pour-l-emploi-parties1-2.html

http://www.didier-bertin.org/pages/2012-nouveau-gouveau-gouvernement/propositions-pour-l-emploi-partie-3-4.html

http://www.didier-bertin.org/pages/geopolitique-et-economie-planetaires-1/propositions-pour-l-emploi-part-4-4.html

http://www.didier-bertin.org/pages/2012-nouveau-gouveau-gouvernement/emplois-annexe-1.html

http://www.didier-bertin.org/pages/2012-nouveau-gouveau-gouvernement/emplois-annexe-2.html

http://www.didier-bertin.org/pages/2012-nouveau-gouveau-gouvernement/emplois-annexe-3.html

http://www.didier-bertin.org/pages/2012-nouveau-gouveau-gouvernement/emplois-annexe-4.html

http://www.didier-bertin.org/pages/2012-nouveau-gouveau-gouvernement/emplois-annexe-5.html

http://www.didier-bertin.org/pages/2012-nouveau-gouveau-gouvernement/emplois-annexe-6.html

http://www.didier-bertin.org/pages/2012-nouveau-gouveau-gouvernement/emplois-annexe-7.html

http://www.didier-bertin.org/pages/2012-nouveau-gouveau-gouvernement/emplois-annexe-8.html

http://www.didier-bertin.org/pages/2012-nouveau-gouveau-gouvernement/emplois-annexe-9.html

http://www.didier-bertin.org/pages/2012-nouveau-gouveau-gouvernement/emplois-annexe-10.html

http://www.didier-bertin.org/pages/2012-nouveau-gouveau-gouvernement/emplois-annexe-11.html

http://www.didier-bertin.org/pages/2012-nouveau-gouveau-gouvernement/emplois-annexe-12.html

http://www.didier-bertin.org/pages/2012-nouveau-gouveau-gouvernement/emplois-annexe-13.html

http://www.didier-bertin.org/pages/2012-nouveau-gouveau-gouvernement/emplois-annexe-14.html

http://www.didier-bertin.org/pages/2012-nouveau-gouveau-gouvernement/emplois-annexe-15.html

http://www.didier-bertin.org/pages/geopolitique-et-economie-planetaires-1/emplois-annexe-16.html

http://www.didier-bertin.org/pages/2012-nouveau-gouveau-gouvernement/emplois-annexe-17.html

Ces propositions envoyées aux parlementaires socialistes n'ont été considérées que très partiellement et à un certain nombre d'exceptions, trop de parlementaires semblent être léthargiques et peu concernés par le principe suivant :Le Parti socialiste est un parti démocratique. Il respecte chacun de ses adhérents.  

VII- Conséquences

Les très graves défaillances de toute l'organisation socialiste depuis le Parti socialiste , jusqu'à la plupart des parlementaires et de l'autorité du premier gouvernement jusqu'au plus haut sommet de l'État, a permis au Front National de bâtir une solide position qui le fait apparaitre aujourd'hui comme premier parti de France.

Il est à craindre que le Parti Socialiste ne survivre pas à cette crise de perte d'identité et ne pourra plus avoir d'ambitions nationales lors de prochaines élections.

Le manque de compétences associé au manque de convictions d'un certains nombre d'élus et de membres du premier gouvernement ont engendré cette situation. Nous ne nous prononçons pas encore sur le second gouvernement qui vient d'entrer en fonction mais les premières mesures antisociales et le manque de combativité face à l'Europe de l'Allemagne qui épouse parfaitement les caractéristiques économiques de ce pays, ne laisse pas entrevoir de miracle.

Cette politique molle et peu créative a fait entrer le loup dans la bergerie et nous pouvons craindre à présent le pire en matière de haine, d'intolérance, d'hostilité à la démocratie et de racisme que distille les partis d'extrême droite. En ignorant ce danger qui menace partout en Europe et qui avait laissé semble-t-il la plupart des parlementaires socialistes indifférents à nos appels continuels, l'appareil gouvernemental a pris une lourde responsabilité qui menace le fonctionnement démocratique en France comme elle a déjà commencé à le faire dans de trop nombreux pays d'Europe.