PROGRAMME PRESIDENTIEL

ANALYSE DU PROGRAMME PRESIDENTIEL

Déjà nombre d'insufficances soulignées dès le 29 janvier 2012 se vérifient malheureusement depuis la conférence de presse du 13 novembre 2012.

ANALYSE DU PROGRAMME PRESIDENTIEL

Didier BERTIN - 29 janvier 2012

1-Les mesures incitatives se sont toujours avérées vaines depuis que l'Etat a renoncé à jouer un rôle direct dans le développement économique du pays. Dans un contexte de faillite du système économique libéral, "l'Etat doit agir au lieu de se contenter d'inciter à agir et d'espérer"; sans cela les citoyens se sentiront abandonnés par leur gouvernement même socialiste.

2-L'entrée de l'Etat dans le capital de sociétés existantes ou à créer permettrait d'avoir un droit de regard sur la gestion des entreprises-clefs pour corriger leurs erreurs et améliorer leurs résultats.

3-Le programme présidentiel mérite plus de précisions en ce qui concerne l'éthique et la politique étrangère.

I-BANQUE PUBLIQUE D'INVESTISSEMENT -Proposition 1

1-Les prises de participations ont un rôle clef plus important que la décentralisation qui risque de réduire par déperdition l'efficacité des mesures.

2-Il faut élargir le rôle de l’État au delà de celui d'apporteur de capitaux.

II- PME- Proposition 2

Au-delà de l’aide aux PME, un contrôle efficace des grandes entreprises peut aussi sensiblement et durablement influencer l'emploi et la croissance.

III- EMPLOI- Proposition 3

1-Une politique par incitation fiscale est très insuffisante.

2-La crise nous oblige à aller au delà des incitations en prenant éventuellement le contrôle de certaines entreprises et en renégociant les accords communautaires qui doivent s'adapter aux situations quand l'inverse n'est plus possible.

4- L'impôt sur les bénéfices devrait être de 50% pour les grandes entreprises « comme cela était le cas dans le passé » pour financer le plus grand rôle de l’État dans la politique industrielle.

IV-BANQUES -AGENCES DE NOTATION- Proposition 7

1-Il faut donner plus de détails sur la mise en place "dans la pratique" de la séparation des activités de spéculation au sein des Banques: Créations de nouvelle sociétés ad hoc ou séparation organisationnelle ou suppression?

2-L'Etat doit entrer dans le capital des Banques pour y avoir le contrôle nécessaire compte tenu du rôle moteur de celles-ci dans le développement industriel et de l'emploi.

3-Le droit de véto qui avait été mentionné ne figure plus dans cette proposition.

4-Il faut préciser ce que sera l'agence de notation européenne: une société publique ou privée ou un organisme public?

5-Il faut indiquer quels seront ses critères de notations? Des nouveaux critères sont à mettre en place en y introduisant la notion de réinvestissement des profits dans les équipements, l'innovation et celle de l'emploi.

6-Pourquoi ne pas créer une agence de notation française?

V- REDUCTION DU DÉFICIT PUBLIC -Proposition 9

Il faut faire ressortir l'impact sur les ressources publiques d'une réforme fiscale juste (i) avec une croissance zéro puis (ii) selon diverses hypothèses de croissance.

VI - POLITIQUE EUROPÉENNE- Proposition 11

1-Il faut renégocier les accords mais oublier le Parlement Européen.

2-Le parlement européen n'a ni la compétence, ni le pouvoir de s'associer à une quelconque politique avec les parlements nationaux;

3-Il est de plus largement dominé par la droite.

VII- REVENUS ÉQUITABLES Proposition- 14-15-16 et 17

Il est temps de corriger l'iniquité qui existe en matière de redistribution des revenus par rapport aux quelques pays européens avancés en matière sociale.

VIII-RETRAITE-Proposition 18

Cette proposition contient la phrase suivante: "Tous ceux qui ont 60 ans et la totalité de leur cotisations peuvent partir à 60 ans". L'annonce de négociations en 2012 incluant celle de l'âge légal de la retraite fait perdre tout son sens et sa crédibilité à cette première affirmation. Tout se passe comme si l'âge de la retraite sera revu après les élections présidentielles et législatives.

IX- RACISME ET ANTISÉMITISME- Proposition 30

Compte tenu de l’indifférence des parlementaires et dirigeants socialistes à nos rapports sur la montée de l’extrême droite en Europe, du racisme, de l’antisémitisme et sur la mise en cause de la mémoire de la Shoah (note du 28.12.2011), nous ne croyons pas en la sincérité de cette proposition en ce qui concerne l’antisémitisme.

X- LUTTE CONTRE LE CHÔMAGE - Propositions 33-34 et 35

Les mesures incitatives se sont toujours avérées vaines depuis que l’État a renoncé à jouer un rôle direct dans le développement économique. Il faut agir au lieu d'inciter à agir et espérer.

XI-PROPORTIONNELLE-Proposition 48

La proportionnelle permettrait à des élus sans racine territoriale de ne pas se sentir comptables de leurs actes à l'égard d'électeur directs, alors que déjà dans le système actuel, le dialogue élus-électeurs est très difficile voire impossible. La proportionnelle est une porte ouverte aux extrémistes.

XII- DÉCENTRALISATION -Proposition 54

Il existe un risque de déperdition financière et économique.

XIII- RELATIONS SUD-MEDITERRANEE-RUPTURE FRANCAFRIQUE Proposition 58

Quelles sont les conditions de la rupture avec la Françafrique ? Si cette rupture affecte le franc CFA et la nécessaire politique de contrôle qui s'y attache, le prix à payer par une Afrique très affaiblie pourrait être élevé.

XIV -AFGHANISTAN-MOYEN ORIENT - Proposition 59

Nous étions choqués par les exécutions et tortures d'opposants et de femmes organisées dans le stade de Kaboul par les Talibans, sommes-nous prêts à abandonner les opposants et les femmes aux mains des Talibans ?

Compte tenu de l'indifférence face à l'antisémitisme en Europe dont la population juive a presque entièrement été éradiquée, la France manquera de crédibilité pour faciliter la paix entre la Palestine et Israël.