PROPOSITIONS A GAUCHE 3/09/14

LE FAUX DEBAT CONCERNANT LES CONVICTIONS DU PRESIDENT : SOCIALISTE, SOCIAL

DEMOCRATE OU SOCIAL LIBERAL 

COMMENT UN GOUVERNEMENT TOTALEMENT DEPASSE PEUT S'EMBOURBER A DROITE

PAR MANQUE DE COURAGE POLITIQUE ET D'INTELLIGENCE CREATRICE

DIDIER BERTIN* - 3 Septembre 2014

*Ex -membre du PS en attente du retour du PS à ses convictions

 

I-UN COUP D'ETAT INVOLONTAIRE MAIS REEL ET PRECAIRE

Après une carrière politique tranquille le candidat-Président s'est retrouvé sans doute malgré lui à la tête des primaires socialistes bénéficiant des ennuis au Sofitel de New York d'un candidat majeur et du mauvais sort fait à Martine Aubry. Les militants socialistes ont pu voir dans leur secrétaire National le premier représentant des idées du PS, porteur de ses valeurs et candidat naturel du PS malgré une personnalité sans doute inadaptée à la fonction de Président. Les ennuis de l'ancien Président du FMI et l'écartement de Martine Aubry peut-être parce qu'elle est une femme ont porté le candidat-président sur le devant de la scène. Ce candidat a bénéficié de l'énergie des militants du PS, et du Programme électoral du PS pour être élu et il a donc une immense dette de gratitude envers ces militants et leur programme. La démocratie requiert qu'un élu applique le programme pour lequel il a été porté au pouvoir et non pas qu'il utilise ce pouvoir à sa convenance personnelle ou en l'adaptant à ses capacités face à des situations qui le surprennent ou le dépassent. Le fait de prendre le chemin inverse de celui qui l'a porté au pouvoir pourrait être considéré comme un coup d'État puisqu'il remet en cause les principes de base du système démocratique de représentation populaire.

Lorsque l'on vend un service qui se révèle ne pas être du tout conforme à celui déterminé par le contrat commercial, on s'expose à des sanctions légales. Ce principe de bon sens dans le commerce devrait à fortiori s'imposer à ceux qui ont été élus ou désignés pour fournir les plus hauts services requis par la nation : Chef de l'État, ministres et élus de la majorité ayant tous profité du vote majoritaire des français. Nous ne suggérons ni la démission du Chef de l'État ni la dissolution du Parlement qui consisteraient à offrir une victoire éclatante à la Droite, à l'extrême Droite et à faire disparaitre pour longtemps ou pour toujours la Gauche de la scène politique. Il s'agit aujourd'hui de choisir un Premier ministre capable de respecter le programme qui a porté au pouvoir le Président et la majorité des députés même au prix d'une réduction "de fait" de la fonction présidentielle.

II-CETTE SITUATION N'EST PAS INCONTOURNABLE CAR NOUS SOMMES ENCORE UNE DEMOCRATIE PARLEMENTAIRE

Il pourrait être mis fin à cette situation anormale si l'Assemblée Nationale s'y oppose. Il faut pour cela que la majorité des députés socialistes qui ont aussi été élus pour appliquer le programme électoral du Parti Socialiste jouent leur rôle de représentant du peuple et ne votent pas la confiance en un gouvernement qui ne tient pas compte des choix exprimés lors des élections. Ce n'est pas laqualité personnelle du Premier ministre et de ses ministres qui est en cause mais la voie catastrophique sur laquelle ils nous mènent par conviction, incompétence ou par discipline et qui n'est pas celle que les français ont majoritairement choisie par leurs votes au cours des élections de 2012 et suivantes. Les députés doivent forcer l'exécutif à remettre les choses à plat, comme cela avait été fait par le PS avant les élections de 2012 et parce qu'il ne reste plus que trois ans pour empêcher la Gauche de disparaître et l'extrême droite de triompher.  Si les députés n'assumaient pas leur devoir de représentants mandatés par le peuple ils prendraient une très lourde responsabilité et mettraient en cause le système démocratique.

 

III - LES RAISONS QUI DEPASSENT LA COMPETENCE DU GOUVERNEMENT 

1-LA DECOUVERTE DE LA TAILLE DE L'ENDETTEMENT

Le fort endettement français était connu de tous avant les élections même s'il s'est avéré être plus important que prévu et des mesures "dynamiques" avaient été envisagées pour le maîtriser par la croissance. Les actuelles mesures économiques statiques et supplicatoires face aux grandes entreprises, ne font pas qu'aggraver l'endettement aujourd'hui en utilisant de l'argent public destiné aux citoyens ou à la réduction de la dette publique au bénéfice des entreprises.

2-LA DECOUVERTE DU FAIT QUE LES GRANDES ENTREPRISES FRANCAISES ONT PERDU LEUR NATIONALITE PAR L'ENTREE MASSIVE DE FONDS INTERNATIONAUX DANS LEUR CAPITAL

Cette situation était connue de tous avant les élections et au lieu de trouver une solution dynamique adaptée, la politique de créations d'emplois par la relance économique a été remplacée par "une politique de supplications et de vaines offrandes aux nouveaux dieux : les grandes Entreprises, pouvant aller jusqu'à porter sur l'autel sacrificiel un siècle de haute lutte pour améliorer la situation sociale et humaine des citoyens. Ces offrandes des droits et de l'argent des français sont vaines car le capitalisme n'est qu'un système "robotisé" mu par le profit tel un dieu de pierre et rendent navrantes les supplications d'esclaves.

L'État aurait dû développer et créer de grandes entreprises et Établissements français à fort coefficient d'emploi (nous avions proposé un plan de relance sans avoir les moyens d'investigations du ministère des finances car en France de grands pans économiques ne sont pas exploités) sur lesquels il aurait pu articuler une politique d'incitation à la croissance et à l'emploi. La BPI semble avoir été un fiasco de ce point de vue. Au lieu de cela on espère de façon ridicule augmenter l'emploi en accroissant les contrôles de Pôle Emploi comme Sarkozy l'avait proposé.

De plus la récente politique de suivisme en Ukraine pour soutenir un gouvernement incluant de nombreux de ministres néonazis en lutte contre les minorités russophones met en péril des entreprises moyennes françaises et des emplois. L'Union Européenne aurait dû expliquer à l'Ukraine que sa Charte des Droits fondamentaux est favorable aux minorités et défavorable aux partis néonazis au lieu de s'associer avec ce pays. Même Catherine Ashton a posé sur une photo avec le chef du parti néonazi Oleh Tyahnybok. L'Europe a ainsi du mal a changé de puis la guerre et est peut-être incurable.

A l'international nous devrions concentrer nos efforts pour lutter contre le terrorisme islamique qui engendre de gigantesques drames humains par application à la lettre du Coran et l'Europe devrait envisager pour l'Islam un Vatican II au moins sur son territoire. Au lieu de cela nous nous contentons de suivre la Russophobie des États Unis, de l'Allemagne et des pays de l'Est ayant rejoint l'Union Européenne. L'Union Européenne s'est ridiculisée en nommant Donald Tusk comme Président du Conseil Européen alors que la Pologne refuse à ses citoyens le bénéfice de la Charte des Droits Fondamentaux de l'Union Européenne, ce qui aurait dû entrainer l'exclusion de ce pays. Même la dictature Hongroise est encore membre de l'Union Européenne. La Lettonie et la Lituanie ne veulent pas donner leur nationalité aux personnes nées sur leur sol si elles sont d'origine russe ce qui est un acte discriminatoire incompatible avec l'esprit de l'Europe. Ceux qui ont eu le moins à pâtir des mesures antirusses sont les incitateurs américains. La Russophobie qui n'est plus liée au communisme est une ingratitude à l'égard d'un pays qui avec les anciennes Républiques de l'URSS, a libéré le monde du Nazisme en perdant 27 millions de ses habitants et les anglo-saxons ne sont "en fait" arrivés que pour la parade finale de la victoire. Nous espérons qu'une partie de nos efforts ont contribué à faire inviter pour la première fois un Président russe aux commémorations du débarquement du 6 juin 1944 car sans lui ces commémorations n'avaient strictement aucun sens.

3-LA DECOUVERTE DU POIDS DE L'EURO ET DE BRUXELLES

Cette situation était connue avant les élections et il avait été question d'une mise à plat du fonctionnement de l'Union Européenne qui parait abandonné.

a) Le poids de l'Euro

L'Euro fort est une continuation du Mark fort et est parfaitement adapté à la structure économique de l'Allemagne qui s'impose comme grand guide de l'Union Européenne. Le Mark ou Euro fort favorise ses importations et n'affecte pas la croissance de ses exportations. La lutte contre les déficits budgétaires et les mesures d'austérité qui créent le chômage font partie de la bataille menée par l'Allemagne pour l'Euro fort. Si l'Allemagne veut mettre à genoux les peuples européens alors nous devons refonder l'Europe. Nous pourrions garder notre zone de libre échange, l'espace Schengen, et sous d'autres conditions l'Euro mais l'identité nationale et sociale de chaque État-membre doit être respectée.

b) Le poids politique de Bruxelles

La majorité européenne est à droite voire très à droite et à mesure que le poids de Bruxelles s'accroît nous paraissons être condamnés à nous mettre à l'unisson en abandonnant dans les faits la démocratie nationale. La démocratie nationale s'étiole et le poids des choix électoraux des français s'amoindrit. C'est peut être dans ce même soucis d'être à l'unisson que notre Président socialiste au départ est devenu en deux ans social démocrate puis social libéral. Sommes-nous condamnés à devenir des caméléons sans opinion ?

Les démocraties nationales doivent garder leur poids dans l'Europe et en font la richesse alors que la pensée unique européenne stéréotypée nous appauvrira et augmentera le chômage. Il faut renégocier les traités européens.

L'accroissement vertigineux du nombre de membres de l'Union Européenne pour faire un grand marché favorable aux grandes entreprises et pour continuer la guerre froide en prenant pied dans les pays de l'Est a fortement endommagé l'idée européenne qui devient un simple système économique et se vide de sa substance essentielle.

Les pays de l'Est que nous avons accueillis sont généralement antisociaux, très conservateurs et russophobes alors que la guerre froide est supposée être terminée. La déclaration de Prague de 2008 suivie par le Parlement Européen est éloquente à ce sujet. L'Europe semble devenir une tête de pont des États Unis comme le Royaume uni qui lui aussi refuse de faire bénéficier ses citoyens de la Charte des Droits fondamentaux. Le degré de sous développement patent de la grande majorité des pays de l'Est nous coûtent cher. Il faut envisager de créer une Europe à deux vitesses pour ces pays afin de protéger l'idée européenne initiale. Ces pays pensent que l'on peut négocier l'Histoire à Bruxelles comme un vulgaire contrat commercial. Les pays de l'Est doivent faire l'effort de se mettre à niveau en ce qui concerne la tolérance, l'enseignement et l'économie avant de pouvoir réellement faire corps avec l'Union Européenne.

IV-CONCLUSION

Le programme électoral socialiste promettait l'ouverture d'immenses chantiers de réformes économiques, sociales et européennes, au lieu de cela nous nous laissons engloutir par le Maelström conservateur qu'est devenu l'Union Européenne. Nous sommes la deuxième puissance européenne et nous devons nous faire entendre car il n'y aura pas d'Europe sans la France et celad'autant plus que le Royaume Uni semble sérieusement être sur le départ. Une Europe plus petite mais socialement cohérente sera plus forte qu'un amalgame de membres qui ne partagent pas les mêmes vues et les mêmes espoirs pour leurs citoyens.