ELECTIONS 2010 BRAZIL-BRESIL

 

 

BRESIL – BRAZIL ELECTIONS

IN ENGLISH AND FRENCH

6 October 2010

By Didier BERTIN

ENGLISH

After the first round of elections in Brazil, it appears necessary to remind that the few positive aspects of Lula's policy should not make us forget that his fight against poverty has been inadequate and that during his Presidency inequalities have increased. These criticisms do not mean that Lula was not the only possible choice for the Brazilian People and it is clear that Dilma Roussef is the best candidate; however she must go much further in the eradication of poverty at the expenses of an expensive federalism if necessary, than her predecessor whose reputation far exceeds his efficiency.

 

We are under the influence of reasoning in terms of progress, advances, percentages and ratios that do not apply to situations requiring drastic and urgent steps; in the latter case things should not be viewed gradually but in a binary way, that is to say that a policy is adequate only if it completely fulfills the target.


The minimum wage at the end of Lula's reign was increased to 510 Reals or 220 Euros and in Brazil, prices are high due to indirect taxes, distribution system and to the financial appetite of a few, which explains the steady growth of inequalities. Unfortunately this pittance is not yet low enough for many employers who pay under the table, below the minimum and without social contributions, or pay nothing at all as in recent cases of slavery in the sugar cane farms.


It should be noted that traditional quantization of poverty as a percentage of median income is biased for most emerging countries since even the median income does not permit to escape poverty.


The conditions of employment, income, insufficient government steps, the most regrettable lack of solidarity between the States of the Federation, the quantity of murders, the situation of prisons, the mistreatment of Indians, the behavior of each individual, the indifference to poverty and Favelas ... make visible the historic legacy of slavery in the country.


Brazil's place in the world is a matter of scale as the result of size of Country and population and did not make much sense with regard to the benefit of each one.

The fact of being used to the intolerable involves that Brazilians are not always good observers of their own situation and a direct observation from outside is crucial subject to be deaf to usual good excuses of local experts.


Why Lula is popular?


People may only assess their ruling class and their own situation on the basis of their own experience. Brazil has not yet the good and opened education system, which may permit people to acquire references beyond their experience and language, in other countries, in other Histories, in other systems.


In general, the lack of external references may explain that people may be satisfied with a disadvantageous situation made out of half measures and charity and be not sufficiently demanding regarding their representatives. Everywhere people should be satisfied with the available ruling class and choose representatives on a comparative basis only.

 


FRENCH


Au lendemain du premier tour des élections brésiliennes, il apparait nécessaire de rappeler que les quelques aspects positifs du bilan de Lula ne doivent pas nous faire oublier que sa politique de lutte contre la pauvreté de Lula a été très insuffisante et qu’au cours de sa présidence les inégalités se sont accrues. Ces critiques ne signifient pas que Lula n’ait pas été le seul choix possible pour le peuple brésilien, et il est claire que Dilma Roussef est la meilleure candidate ; mais celle-ci doit aller beaucoup plus loin dans l’éradication de la pauvreté que son prédécesseur dont la réputation dépasse largement l’efficacité et cela même s’il faut pour cela remettre en cause un fédéralisme couteux.


Nous sommes sous l’influence des raisonnements en termes de progrès, d’avancées, de pourcentages, de proportions qui ne s’appliquent pas à des situations qui demandent des mesures drastiques urgentes; dans ce cas, cela doit être vu binairement et non progressivement, c'est-à-dire que les mesures ne sont satisfaisantes que si elles atteignent complètement cet objectif.


Le salaire minimum en fin de règne de Lula, a été porté à 510 Real soit 220 Euros et cela dans un pays où les prix sont particulièrement élevés en raison des taxes indirectes, du système de distribution et de l’appétit financier de quelques uns qui explique la croissance constante des inégalités. Malheureusement ce salaire dérisoire n’est pas encore assez bas pour beaucoup d’employeurs qui paient au noir en dessous du minimum et sans cotisations, voire pas du tout comme dans de récents cas d’esclavagisme dans des exploitations de cannes à sucre.


Par ailleurs, on doit noter que les mesures habituelles du seuil de pauvreté sont faussées pour la plupart des pays émergents lors qu’on le définit comme un pourcentage du revenu médian, car dans ces pays même le revenu médian ne permet pas de sortir de la pauvreté.


Les conditions d’emploi, de revenu, les mesures gouvernementales insuffisantes, le très regrettable manque de solidarité entre les Etats de la fédération, les meurtres en quantité, l’état des prisons, le mauvais traitement des indiens, le comportement de chacun, l’indifférence face à la misère et aux Favélas…rendent visible le lourd héritage esclavagiste du pays.


La place du Brésil dans le monde n’est qu’une question d’échelle relative à la taille du pays et de la population et n’a pas beaucoup de sens en ce qui concerne le bénéfice de chacun.


L’habitude de l’intolérable fait que les brésiliens ne sont pas de bons observateurs de leur propre situation et qu’une observation directe et extérieure est indispensable en restant sourd aux bonnes excuses habituelles des experts locaux.

Pourquoi Lula est populaire ?

Une population ne peut juger ses dirigeants et sa propre situation que sur la base de sa propre expérience. Un bon système d’éducation ouvert pourrait permettre à la population de prendre ses références au-delà de sa propre expérience et de sa langue, dans d’autres pays, dans d’autres Histoires, dans d’autres systèmes…mais ce n’est pas le cas du système d’éducation brésilien.


En général, faute de références extérieures on peut se satisfaire de n’importe quoi, comme des demi-mesures ou de la charité et trop peu exiger de ses représentants. Partout les peuples doivent se satisfaire des personnalités disponibles pour les représenter et font un choix en valeur relative uniquement.