Lettre aux élus socialistes

LETTRE ENVOYEE AUX PARLEMENTAIRES  SOCIALISTES

LE 5 SEPTEMBRE 2012

 

Cher(e)s Camarades

Le Parti Socialiste a la chance de bénéficier de conditions exceptionnellement favorables qui ne se sont  jamais présentées et qui ne se représenteront peut-être plus jamais: Majorité à l'Assemblée, au Sénat, dans les régions dans les départements et dans les grandes villes.  

Le Parti Socialiste n'a donc plus d'excuses pour ne pas mener à bien de grandes réformes sociétales et économiques et ne peut pas se contenter de faire des petits aménagements. Les petits aménagements devraient rester la spécificité de l'action de la droite dont la tâche est de prolonger la vie d'un système à l'agonie. Chaque membre du Parti Socialiste sera rapidement amené à rendre des comptes à son entourage sur ce qui a été fait de tous les pouvoirs qui ont été donnés à la gauche à la suite des différentes élections.

Pour le moment les actions gouvernementales paraissent  peu encourageantes, voire embarrassantes dans certains cas et sans rapport avec les grands changements et espoirs pour lesquels les représentants du Parti Socialiste ont été élus.

Inquiet par la tournure  des événements,  j'ai rédigé à la hâte  un rapport et dont le but était de montrer que notre vision devait changer d'échelle (ci-joint la version véritablement définitive). Notre système économique est devenu obsolète parce qu'il ne permet pas une croissance économique juste,  au niveau mondial et nous conduit dans une impasse. Non seulement les crises systémiques se multiplient mais elles sont cyniquement nécessaires au prétendu mécanisme d'autorégulation de ce système; non seulement les inégalités se creusent entre les nations mais elles sont cyniquement nécessaires à la viabilité de la planète si nous maintenons le même système.

Les réformes à envisager ne peuvent plus être de simples aménagements mais un changement de système économique qui implique qu'une distance soit prise avec les vues rigides et doctrinaires de  l'Union Européenne. Celle-ci est solidement ancrée à droite et parait avoir horreur des réformes globales qui mettraient en cause ses convictions idéologiques;  ses institutions ne fonctionnent qu'à la convenance de certains et avec une éthique minimaliste. La France progressiste pourrait servir  de guide à l'Union Européenne sur la voie de la construction d'une société juste et d'une économie internationale réaliste au lieu de se contenter de "suivisme et de velléités" ; cela serait à l'honneur des meilleurs moments de son Histoire.

Par ailleurs, j'avais proposé aux députés socialistes en Juillet 2011, de soutenir une déclaration en réponse à celle de Prague du 3 Juin 2088 et à celle relative  du Parlement Européen du 23 Septembre 2008 afin que les progressistes se démarquent clairement des conservateurs, car cela n'avait pas été le cas au  Parlement Européen. Ces déclarations, sous couvert de dénonciation des abus des régimes communistes,  remettent en cause le caractère unique de la barbarie nazie et exacerbent l'action des mouvements racistes, xénophobes et antisémites sur le territoire de l'Union Européenne.

Compte tenu des changement substantiels dont a bénéficié le Parlement français en 2012, je me permet de présenter à nouveau cette déclaration à votre approbation sous deux formes : le projet n°1, version initiale-forme longue : 68 lignes -585 mots-  et le projet n° 2- forme courte: 20 lignes -154 mots, afin que chacun choisisse celle qui lui convient (en pièces jointes). Cette déclaration sera transmise au différentes Institutions de l'Union Européenne et aux gouvernements des Etats-Membres qui favorisent la résurgence des mouvements d'extrême droite.

Amitiés socialistes

PROJET 1

DÉCLARATION

La « Déclaration de Prague sur la Conscience Européenne et le Communisme»  du 3 Juin 2008 et la Déclaration liée du Parlement Européen du 23 Septembre 2008, ont,  par l'introduction d'un nouveau concept simplificateur d’équivalence entre Communisme et nazisme, remis en question la valeur de référence spécifique et universellement acceptée que représente le nazisme en termes d’abomination, de racisme, de xénophobie, d’antisémitisme ayant abouti au phénomène unique que représente la Shoah, dont l’ampleur destructive sur quelques années, n'a jamais été égalée dans l’Histoire de l’Europe. 

En conséquence, elles ont introduit un risque important de distorsion et de banalisation des crimes nazis dont les effets, entre autres, pourraient être un encouragement de fait à l’actuelle montée du racisme, de la xénophobie, de l'antisémitisme en totale opposition avec l'éthique de l'Union Européenne.  

De nouvelles pressions sont actuellement exercées par certains pays de l’Est membres de l'Union européenne pour imposer à l'Union Européenne cette combinaison simpliste d'un désir légitime d’une meilleure connaissance de l'histoire des peuples sous les régimes communistes et d'une irrationnelle mise en équivalence avec le régime nazi. Cette équation simpliste porte préjudice à l’histoire et à la morale.

Nous déclarons que:

 

1-Les souffrances des peuples sous les régimes communistes

Nous comprenons les souffrances des peuples de l'Europe des pays l'Est sous les régimes communistes et ces pays peuvent légitimement célébrer leur libération du communisme.

Toutefois, le principe d'un jour du souvenir imposé dans l'Union Européenne pour célébrer en même temps le souvenir des victimes du nazisme et du communisme comme le suggèrent ces déclarations, procède d’une volonté de mettre artificiellement en équivalence deux phénomènes foncièrement différents afin que l’un serve l’autre et n'est pas acceptable.

 

2 -Crimes nazis et unicité de la Shoah

La Seconde Guerre mondiale provoquée par les nazis et leurs alliés, a entrainé dans le monde la mort de  plus de soixante millions de personnes en six ans, ainsi que celle de la très grande majorité de la population juive européenne dans le cadre d'une campagne d'éradication totale de la population juive du monde.

Compte tenu de cette destruction sans précédent perpétrée par les nazis, de la monstruosité de la Shoah et de ses principes racistes, antisémites et xénophobes, le nazisme doit conserver sa place spécifique dans le domaine de l'horreur qui ne peut pas être partagée avec le Communisme sans risque de distorsion portant atteinte à des références morales difficilement acquises et fragiles. Cette spécificité des crimes nazis doit être prise en considération et enseignée par toutes les institutions.

 Nous attirons l'attention sur le fait que le mot «génocide» que l’on utilise aujourd’hui trop largement dans certains pays européens de l’Est, ne doit être appliqué qu'au sens strict avec une extrême précaution et en écartant toute idée de vouloir remettre en cause l'unicité de la Shoah.

La mise en équivalence simpliste entre nazisme et Communisme obscurcit la vision du nazisme en tant que phase paroxystique de la haine raciste, antisémite et xénophobe, porte ombrage à la mémoire des victimes de la Shoah et favorise la résurgence des idéologies racistes, antisémites et xénophobes en Europe.

 

3 -Le devoir de l'Union européenne pour empêcher toute forme de résurgence du nazisme

 

Compte tenu des énormes sacrifices des Alliés pour libérer l'Europe du nazisme, l'Union européenne a le devoir d’empêcher toute résurgence du nazisme ou de courants similaires sur une partie quelconque de son territoire et de prendre des sanctions contre toute personne qui tenterait de le réintroduire, ou de le glorifier, sous quelque forme que ce soit et en toutes circonstances.

PROJET 2

 

DECLARATION

 

Nous, élus français, rejetons la déclaration de Prague de 2008 et celle en découlant du Parlement Européen, qui tentent d'imposer dans l'Union Européenne une réécriture de l'histoire qui mettent sur un pieds d'égalité le nazisme et le communisme, et recommandent une journée de commémoration commune pour  les victimes du nazisme et du communisme qui est le jour anniversaire du pacte Germano-Soviétique, c'est à dire le 23 août.

La remise en cause du caractère unique de la barbarie nazie et de la Shoah exacerbe en Europe l'action des mouvements extrémistes de droite, racistes, xénophobes , antisémites et néonazis.

Dans certains Etats-membres de l'est de l'union Européenne,  la mémoire de  collaborateurs nazis  et perpétrateurs locaux de la Shoah,  est  à présent glorifiée au mépris des valeurs de l'Union Européenne.

Les tentatives d'utiliser les Institutions de l'Union Européenne pour imposer des révisions historiques favorables aux thèses de l'extrême  droite rencontreront toujours notre ferme opposition.