CRISE FINANCIERE ET IDEOLOGIE

 

 

 

ORIGINE IDEOLOGIQUE

DE

LA CRISE ECONOMIQUE, FINANCIERE ET SOCIALE

 

 

Didier BERTIN – 12 septembre 2011

Mis à jour le 15 et 18 septembre 2011

 

 

Les déclarations de Prague et du Parlement Européen de 2008 ont consacré la désinhibition de la droite et de l’extrême droite en Europe et un certain recul de la pensée de gauche. Ce recul au sein même d’une partie fragile de partisans et d’élus de gauche en France, résulte aussi de l’efficacité de la droite à imposer son économie comme modèle unique. Ce modèle est pourtant à l’origine des crises économiques, financières et des injustices sociales qui désespèrent l’électorat de gauche.

Certains élus de gauche sont même convaincus que pour réaliser leurs ambitions qu’ils doivent acquérir l’apparence de la droite prétendument « économe et raisonnable » par opposition à la caricature de la gauche « dépensière » propagée par la droite. La réalité est pourtant exactement inverse, car l’inadéquation entre les modèles relatifs aux dépenses et aux recettes publiques aggravée par la droite a engendré des déficits budgétaires et l’accroissement de la dette publique de la France.

La prépondérance de la pensée de droite fausse un grand nombre d’analyses dont celles portant sur l’économie et la finance et leurs conséquences sociales.

Nous suggérons le réaménagement progressif du modèle économique et social en tenant compte des contraintes européennes et internationales pour aboutir à sa modification radicale à la fin du prochain quinquennat.

La confusion du débat public est en partie due aux médias qui simplifient les concepts de l’économie qui est un domaine majeur d’application des idéologies. La période électorale peut être l’occasion d’une clarification.

  

I- BUDGET - DETTE PUBLIQUE ET IDEOLOGIE

L’analyse du lien entre la dette publique et les déficits publics mérite une nouvelle approche et en particulier en France. La dette publique peut être séparée en deux catégories :

1-Celle liée aux déficits cumulés dus au financement des infrastructures et investissements

Ces infrastructures et investissements engendrent les revenus et les emplois futurs de la Nation. Leur financement par l’emprunt est un choix acceptable puisque les revenus futurs issus de ces investissements devraient amortir à long terme leur dette directe ou indirecte en raison des déficits induits. On peut y inclure le financement d’innovations pour accroitre la production ou pour diminuer les besoins en énergie ou les programme d’aide au développement et à la démocratisation des pays émergents pour réduire par avance les conflits qui nous sont coûteux.

 

2- La dette publique destinée à financer le cumul des déficits relatifs aux dépenses courantes

et ses origines idéologiques en France

 Cette dette couvre des déficits qui proviennent en France de l’inadéquation entre les dépenses issues du modèle social et identitaire de la nation fondée sur la solidarité et les recettes que l’Etat devrait collecter pour être en harmonie avec ce même modèle.

Le modèle social et identitaire de la nation devrait s’imposer à tous. Ainsi le modèle très égalitaire de la Suède n’est pas remis fondamentalement en cause au gré des changements de gouvernements.

En France la partie problématique du déficit public est essentiellement d’origine idéologique et non pas économique. Les gouvernements de droite ont en effet pour ambition de se rapprocher d’un modèle économique libéral qui ne collecte pas suffisamment de revenus fiscaux directs pour couvrir les dépenses du modèle social identitaire de la nation fondé sur la solidarité.

A titre de rectification progressive, la réaction de la droite attaque de front l’identité nationale du pays fondée sur la solidarité en réduisant les dépenses sociales par « les Réformes ». Le modèle de dépenses est ainsi mis au diapason idéologique de celui des recettes. Le mot réforme généralement attaché au progrès a été même été perverti à titre d’obfuscation pour rendre plus acceptable la régression à laquelle il est à présent liée.

Il est très significatif que le gouvernement ait trouvé une inspiration au Royaume Uni, (qui symbolise avec les Etats Unis le libéralisme économique), en matière de politique de l’emploi et qui est de plus un pays avec lequel nous partageons à présent le même niveau de disparité des revenus.

L’insuffisance des recettes publiques due à des considérations idéologiques de droite, a accru les déficits et par suite la dette publique.L’inadéquation entre les modèles de recettes et de dépenses par rejet du modèle identitaire national « fondé sur la solidarité »caractérise l’attitude « déraisonnable et dépensière » de la droite au niveau macro-économique.

De simples mesures correctives du système fiscal pourraient combler le déficit public (136.5 milliards en 2010), mais cela n’est pas suffisant dans le cadre d’une politique de Gauche dont le but est d’accroître les dépenses sociales et les minimas sociaux en augmentant les revenus de l’Etat issus de l’impôt direct autant que nécessaire. Cette imposition directe additionnelle réduirait simultanément la disparité de revenus beaucoup trop élevée en France ne serait-ce qu’en comparaison avec celle de l’Allemagne. La réticence des citoyens à voir les impôts augmenter provient uniquement de la crainte du maintien d’une imposition injustement répartie comme c’est le cas actuellement.

La France a déjà perdu une partie importante de son modèle identitaire national en réduisant les dépenses publiques et en ayant atteint le niveau de disparité des revenus du Royaume Uni.

Afin de sauvegarder notre modèle de solidarité il faut plus souvent se référer à des comparaisons avec les autres pays européens. La France est moins égalitaire que d’autres pays européens gouvernés par la droite au point que quelques riches citoyens français ont même demandé (23 aout 2011) à être plus largement imposés. Une trop grande frilosité d’une certaine partie de la gauche peut mettre mal à l’aise une partie de l’électorat qui pourrait se tourner vers des mouvements dangereusement populistes.

Avant de réduire les dépenses publiques il faudrait corriger les écarts de disparité de la distribution des revenus, au moins par rapport à l’Allemagne puisque la situation égalitaire de la Suède nous semble être inaccessible pour le moment. Il suffit pour cela de réorganiser la fiscalité directe dès 2012, et d’augmenter les minima sociaux et les services publics. La réorganisation de la fiscalité comprend à la fois son augmentation et sa meilleure répartition.

 

3-L’indice Gini testé sur le terrain

Il existe un faisceau de paramètres permettant de mesurer l’injustice sociale, mais nous avons choisi l’indice Gini par sa clarté est son caractère immédiatement significatif. Le pays le plus égalitaire du monde est la Suède avec 0.23/1, et notre principal partenaire l’Allemagne a un indice de 0.27/1 plus élevé mais satisfaisant. L’indice de la France de 0.327/1 est presque égal à celui du Royaume Uni de 0.34/1 qui vient de connaitre de violentes émeutes dues essentiellement, à notre avis, à ses disparités sociales reflétées par l’indice et par la pauvreté.  

Le 6 août et le 3 Septembre derniers ,Israël a connu le soulèvement social le plus important de son histoire en raison des inégalités sociales reflétées par un indice Gini de 0.392/1 dû à la politique d’extrême droite de son Gouvernement qui ralentit par ailleurs, le processus de paix.

300 000 personnes le 6 août puis 450 000 personnes le 3 septembre (ce qui aurait représenté pour la France une manifestation de 4 000 000 de personnes) ont manifesté pour réclamer une plus grande Justice Sociale et une plus égalité entre les citoyens. Le problème de l’insécurité, existentiel pour l’extrême droite, a longtemps détourné l’attention des citoyens israéliens des questions sociales et faussé d’une certaine manière les élections à la Knesset. L’insécurité est utilisée en France et au Royaume Uni pour les mêmes raisons.

4-Détermination du seuil de pauvreté en France

La référence à deux seuils de pauvreté en France : celui de l’INSEE de 50% du revenu médian et celui d’EUROSTAT de 60% est une source de confusion. Seul celui d’EUROSTAT doit être pris en compte.

 

5-La réforme indispensable des impôts

Les chiffres de notre fiscalité montrent comme dans le reste des aspects traités dans cette note, la forte influence idéologique sur la conception du système d’imposition et de prélèvement.

Il faut mettre fin au mythe de la gauche dépensière et montrer que de justes applications de ressources révisées sont nécessaire à notre esprit de solidarité dans un monde en crise.

Les fortes disparités de la distribution des revenus sont en France notamment le fruit de sa fiscalité et du choix et des volumes collectés, en plus de la mauvaise redistribution du revenu du travail.

L’impôt a mauvaise presse par qu’il a été jusqu’ici injustement appliqué.

Des publications partiales indiquent que les prélèvements en France sont en France parmi les plus lourds de l’OCDE, mais ces jugements sont faits sur la base d’éléments non comparables.

Le but de ce postulat est de démontrer que la France ne peut pas aller plus loin en matière de prélèvement, ce qui est inexact.

Les pays de l’OCDE incluent dans leur calcul de prélèvement et d’impôts rapportés au PIB, les seules charges sociales payées aux organismes publics alors que les couvertures sociales sont souvent assurées dans beaucoup de ces pays par des entreprises et assurances privées.

En France ce sont des organismes publics qui assurent pour la plupart des citoyens les prestations sociales, ce qui alourdit la charge des prélèvements par rapport à celle d’autres pays de l’OCDE.

Même avec ces prélèvements sociaux non pondérés, nous sommes loin des chiffres parfois indiqués de l’ordre de 40% du PIB en impôts et prélèvement..

Loi de Finance 2010, Budget et PIB :

L’impôt sur les sociétés « net » ne représente que 0.8% du PIB et 6% du budget net tandis que l’impôt sur le revenu ne représente que 2.8% du PIB et 20.5% du Budget « net » avant dégrèvements.

Les impôts directs ne représentent que 5.4% du PIB et 39% du Budget net.

Les impôts indirects (TVA essentiellement) s’élèvent en valeur nette à 6.4% du PIB et constituent 47% du Budget net avant dégrèvements.

En fait, ils représentent 64% du Budget « net » après dégrèvements.

Le fait que notre Budget repose pour presque 2/3 sur l’impôt indirect qui pénalise les pauvres et les classes moyennes, accroît les disparités de revenus et ralentit la croissance.

Un gouvernement socialiste doit modifier très profondément ce système fiscal à la fois injuste et néfaste à l’économie générale.

Nous ne devons réduire la proportion des impôts indirects ainsi surtout augmenter à la fois la proportion et le volume des impôts directs en proportion du Budget et du PIB.

Sur la base des chiffres de 2010 présentés dans le tableau ci-dessous il faudrait augmenter les prélèvements de 117 milliards d’Euros pour arriver à 40% du PIB.

Les chiffres montrent donc bien qu’en ne collectant pas les ressources nécessaires aux dépenses la Droite est « irresponsable et dépensière ». De plus la Droite est injuste et antisocial en collectant l’essentiel du budget sur l’impôt indirect.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

II- CAS PARTICULIER DES ETATS UNIS

Compte tenu de l’influence politique et économique de pays sur l’Union Européenne nous devons tenir compte de la situation de ce pays. La situation des Etats Unis résulte aussi de ses caractéristiques nationales. Le libéralisme économique a menacé à plusieurs reprises l’existence même de son système financier. Le gouvernement de ce pays philosophiquement non interventionniste a dû intervenir très largement avec des fonds publics pour éviter le chaos qu’aurait entrainé la faillite de tout ou partie de son système financier. L’Etat a aussi empêché par des fonds publics la faillite de l’importante industrie de l’automobile.

La mécanique automatique du système capitaliste libéral aurait dû prévenir cette situation, permettre la rénovation nécessaire des infrastructures et réduire la dépendance du pétrole, ce qui n’a pas été le cas. Les Etats Unis qui sont les partisans les plus convaincus du Capitalisme libéral ont eux-mêmes fait la démonstration de son à résister aux et à s’adapter sous tension. Il serait aussi souhaitable que la Gauche française prenne beaucoup plus de distance avec ce système.  

Il semble que certaines caractéristiques nationales aient porté en germes les mensonges qui ont conduit les Etats Unis à un conflit générateur d’une partie substantielle de ses déficits budgétaires et par suite de sa dette publique. Ce conflit n’aura même permis de faire baisser le prix du pétrole comme espéré, ce qui a aggravé la situation d’un pays qui importe 60% de ses besoins.

La dette publique qui était de l’ordre de 6 000 milliards de dollars avant la seconde guerre d’Iraq, devrait être de l’ordre de 15 000 milliards de dollars en 2011.

La dette publique devrait rester dans les limites du niveau du PNB, malgré l’augmentation très limitée autorisée par les républicains pour bloquer les projets sociaux des démocrates. Les Etats Unis sont pourtant un des pays les plus inégalitaires du monde avec un indice Gini de 0.45/1. Les conflits initiés par les républicains sont pourtant à l’origine d’une part importante de la dette publique justifiée comme cela semble être une constante de la pensée de droite par l’insécurité. L’insécurité est pourtant surtout interne en raison des disparités sociales, d’une population surarmée dont les conséquences sont que les Etats Unis occupent de très loin la première place dans le monde par la taille de sa population incarcérée de plus de 2.2 millions d’individus contre 1.5 million en chine, 4.3 fois plus peuplée, qui vient au second rang.

S&P a aggravé la situation des projets démocrates et par suite celles des Etats Unis et du monde en conséquence de la hausse du « possible » coût de refinancement induit par la baisse de la notation du pays.

 

III- LES AGENCES DE NOTATION

De nombreuses Banques doivent aux agences de notations, des pertes substantielles en raison des risques sur entreprises et pays pris sur la base de leurs appréciations et qui confirment à la fois l’irresponsabilité des Banques et le manque de fiabilité des notations.

Les agences peuvent à tout moment changer les notations à long terme qui encouragent les engagements à terme des Banques. Les marchés suivent souvent les agences qui peuvent suivre parfois les marchés. Des notations ont été changées au moment où les défauts et les faillites ont été de notoriété publique. Des pays ont été bien notés pour leur caractère autoritaire.

Malgré cela les notations de ces agences privées sont encore prises au sérieux avec effet de contagion sur des marchés non immunisés. Le pire est que l’influence d’une notation inexacte peut finir par être justifiée en raison des conséquences néfastes qu’elle aura entrainées. Nous suggérons de réduire leur pouvoir d’influence en chargeant de cette fonction d’information (opinions, notations, études, modélisation mathématique, choix des paramètres…) plusieurs organismes supranationaux éloignés des considérations spéculatives. Si les Etats et les Banques centrales s’y référent leurs indications pourraient finir par s’imposer aux marchés.

IV-LA MISSION DES ENTREPRISES

Une entreprise finance ses actifs et besoins de trésorerie par emprunts, autofinancement et/ou fonds propres qui accroissent aussi la capacité d’emprunt. Le financement par recours à des augmentations de capital sur le marché est un choix de l’entreprise en ce qui concerne la gestion de son coût financier ou une obligation « en raison des limites trop rigides déterminant la capacité d’emprunt. »

La mission première des entreprises n’est pas de se préoccuper de la valeur de leurs titre sur le marché ni de son rendement à court terme, mais de produire et développer de nouveaux produits, de se doter des moyens de production nécessaires, de conquérir de nouveaux marchés et de pouvoir participer largement à la politique sociale de la nation.  

Hors de cette mission, l’entreprise peut avoir à prendre en considération la valeur de marché de son titre si elle envisage une augmentation de capital ou si elle estime qu’elle peut être victime d’une prise de contrôle hostile ou d’une menace suffisamment grande de la part d’actionnaires qui voudraient changer la logique industrielle et commerciale de l’entreprise au profit du rendement à court terme de leurs actions.

La valeur des titres d’une entreprise sur le marché n’est qu’une opinion conjecturelle souvent fondée sur des analyses réductrices projetant des performances historiques. Les indices boursiers sont mis en vedette par les médias comme reflet d’une indication économique d’intérêt général alors qu’ils sont versatiles et conjecturels. Les cours et indices prédominent en raison de leur effet d’annonce favorable aux audimats.

L’influence des marchés financiers détourne les entreprises de leur mission première et par suite de leurs devoirs sociaux et citoyens; leur gestion porte trop souvent hors du cadre de leur mission première, sur la satisfaction courtermiste des spéculateurs.

Il est donc souhaitable que le financement des entreprises ne dépende plus de marchés spéculatifs et pour cela la mission des Banques doit être changée en particulier en établissant des contrats de partenariat avec les Banques.

  

V–NECESSAIRE REFORME DE LA MISSION DES BANQUES FRANCAISES

 

1-Libérer les entreprises de toutes influences spéculatives  

Le trading des titres pour compte propre par les Banques a introduit un double risque spéculatif dans leur structure : celui-inhérent au marché conjugué à celui induit par des traders difficiles à contrôler. Cette activité spéculative fait courir un risque aux Banque qui peut se répercuter sur leur coût de financement et par suite sur celui des entreprises. L’arrêt des activités spéculatives des Banques conjugué à une mission dédiée au financement des investissements dans le cadre d’un partenariat étroit avec les entreprises et sous le contrôle de l’Etat devrait constituer un des axes de la réforme des Banques françaises.

Par des accords de partenariat les Banques et les entreprises devraient agir de concert et dans un intérêt mutuel et citoyen à long terme.

Une entreprise pourrait financer ses projets par emprunts ou augmentations de fonds propres en accord avec sa Banque-Partenaire hors, le plus souvent possible, du cadre des mouvements spéculatifs du marché. Les Banques permettraient ainsi aux entreprises de se concentrer sur leur mission première en accord avec la politique nationale portant sur l’emploi, et la politique sociale.

Dans le cadre de ces accords de partenariat la gestion des entreprises pourraient être stabilisée en les éloignant des influences courtermistes des investisseurs et les règles du recours à l’emprunt pourraient être largement assouplies pour accroître l’indépendance des entreprises à l’égard des marchés spéculatifs. Les investissements et l’emploi induit doivent primer sur les ratios prudentiels dont on a pu constater l’intérêt limité en cas de défaut.

Les Banques doivent faire l’effort de mieux comprendre la logique industrielle au lieu de cumuler des garanties et d’imposer des contraintes structurelles qui sont un frein au développement économique.

Le coût de financement pourrait être modulé selon des critères d’innovation, d’emploi et de durabilité des biens produits.

Nous devons rappeler aux Banques françaises réticentes, qu’elles doivent leur survie aux efforts des français qui ont dû participer à plusieurs plans de secours pour compenser leurs fautes de gestion.

 

2-La nécessité d’orienter la mission des Banques  

Les Banques devraient être un instrument au service de la production nationale et de l’emploi. Cette conception du rôle des Banques avait été déjà perçue par Saint Simon puis dans la difficile période d’après guerre et bien sûr dans le programme de François Mitterrand de 1980-81. Nous ne suggérons pas de nationaliser les Banques françaises comme en 1982 en raison du coût que cela représente et des contraintes européennes. Nous suggérons de contrôler directement les Banques par le biais de lois, règlementations et par la présence de représentants de l’Etat à leurs conseils d’administration à titre d’observateurs. Ces réformes pourraient être proposées comme un moyen de stabilisation économique dans l’ensemble de l’espace européen.

 

3-Les contrats de Partenariat Banques-Entreprises

L’importance des marchés financiers n’est bien sûr pas liée aux seuls apports de fonds propres mais à l’influence que les investisseurs peuvent avoir sur la gestion de l’entreprise.

Lorsque perspective des investisseurs s’éloigne de la logique industrielle et leur influence peut gêner la bonne marche et la pérennité de l’entreprise.

Une action hostile du marché n’est pas limitée à la prise de contrôle par un groupe adversaire mais aussi à la pression des actionnaires existants sur la politique de l’entreprise qui pourrait faire prévaloir leurs intérêts financiers sur ceux de l’entreprise dans son rôle commerciale, industriel et social.

Le rôle social de l’entreprise est essentiel au bienêtre des citoyens :

Salaires, horaires, financements des retraites, des organismes sociaux, médecine du travail…

Lorsque les actionnaires sont stables et qu’ils sont attirés par la logique de l’entreprise, plutôt que de la modifier à leur strict bénéfice, cela ne pose pas de problèmes.

La règlementation des augmentations de capital et par suite de sa répartition devrait privilégier les Banques partenaires de l’entreprise pour qu’elles puissent bloquer toute initiative d’actionnaires, comme par exemple les fonds de pensions, hostile à l’avenir de l’entreprise, de ses salariés et de son rôle dans la nation, en imposant des critères privilégiant uniquement le rendement à court terme du titre.

Ce type de mesures n’est possible que pour les entreprises nationales de grande taille. L’important est de protéger la plus grande part du secteur industriel et commercial et non pas la totalité.

Nous sommes conscients que ces mesures peuvent apparaître très interventionnistes mais c’est peut-être le moyen adapté à la France pour arriver à une situation de meilleure distribution des revenus tel que cela existe dans d’autres pays capitalistes comme la Suède ou l’Allemagne.

 

VI-LE MOTEUR DE L’ENSEMBLE ECONOMIQUE ET SOCIAL : L’INNOVATION

 

La dynamique de l’économie et de l’emploi dépend largement de l’innovation. La stimulation de l’innovation garantit un bien-être social durable. Ce facteur essentiel pour l’ensemble des citoyens, ne peut être laissé à la seule initiative privée. L’intérêt privé peut être mu par des considérations à court terme qui peuvent freiner l’innovation comme ceci a pu être observé dans les secteurs pharmaceutique, énergétique et automobile. La puissance de l’Etat permettrait de financer, de créer et de coordonner les moyens dédiés à l’innovation sans subir d’effet de ralentissement en raison d’intérêts privés qu’elle pourrait mettre en cause. Le secteur privé peut se voir confier conditionnellement la production induite par l’innovation suscitée par l’Etat. L’Etat en mettant en cause la rente de l’innovation devenue obsolète pourrait inciter les entreprises privées à plus se consacrer à l’innovation.

L’innovation ne concerne pas que le domaine économique mais l’ensemble des activités humaines y compris l’innovation elle-même. La diversité sociale et ethnique des citoyens est un facteur favorable à l’esprit d’innovation qui peut être enseigné et stimulé dès le plus jeune âge.