FRANCE 2017:RISQUE POUR LA DEMOCRATIE

LES CONSEQUENCES ECONOMIQUES ET SOCIALES DE LA DESAGREGATION 

DE LA CLASSE POLITIQUE EN France

Suite de l’article du 31/10/2015

La fragilisation de la démocratie par l’action inadéquate du gouvernement

Didier BERTIN – 20 DECEMBRE 2015

 

 

 

Nous avions mis en cause l'inefficacité du gouvernement actuel dans la lutte contre le chômage et l'insécurité dans notre article du 31 octobre dernier en raison de la perte de substance de l'État en particulier en ce qui concerne son rôle en tant qu'acteur direct de l'économie. Cette inefficacité est particulièrement remarquable compte tenu des engagements et de l'identité du Parti socialiste avant 2012 et de ceux de son candidat à la présidence. L'évolution de la politique gouvernementale a entraîné la perte de l'identité du Parti Socialiste qui la soutient et par suite une perte substantielle  en croissance de son électorat.

Précédemment les gouvernements de droite n'avaient pas été plus efficaces mais au moins ils conduisaient une politique en ligne avec leur identité caractérisée par l’expansion du libéralisme et la réduction des avantages sociaux des citoyens.

Le manque de courage politique et d’audace a mené les gouvernements depuis 2012 à mener une action de plus en plus à droite dans laquelle l’électorat de gauche ne peut plus trouver sa place à long terme.

L'Union Européenne imposerait la politique financière et économique  et « il n'y aurait pas d'autre politique possible » selon François Hollande. Cette attitude est frileuse et méprisante à l’égard du poids de la France dans l’Union Européenne.

En effet le Royaume Uni montre encore que l’on peut faire bouger la politique de l’Union Européenne alors que ce pays n’y a qu’un rôle de second par rapport à celui de la France.

Bien sûr l’acceptation de la wishlist du Royaume Uni poussera l’Europe toujours plus à droite en 2016 alors que l’on attendait de la France une influence dans le sens inverse depuis 2012 pour être en accord avec les promesses électorales.

En développant le thème de la compétitivité le Royaume Uni veut attaquer les avantages sociaux des citoyens et ainsi les objectif de ce pays-Entreprise colle tout à fait avec les souhaits les plus inespérés des grandes sociétés internationales alors que ce pays aurait dû être exclu de l’Union Européenne pour avoir refusé avec la Pologne de signer la Chartre des Droits Fondamentaux.

Les gouvernements français issus des élections de 2012 auraient dû avoir la même audace que le Royaume Uni pour imposer une wishlist française à l’Union Européenne et en particulier en ce qui concerne  la protection sociale et le rôle direct de l'État dans l'économie et l'emploi.

Le parti Socialiste a décidé de ne plus jouer son rôle en menant une politique de droite et en s'associant aux autres partis de droite pour lutter contre le Front National dont la croissance a été favorisée par les gouvernements d'avant et après 2012.

Le prix de l'union avec la droite n’est pas la disparition des notions de gauche et de droite comme le disent les médias mais seulement l’effacement de la gauche.

Après le repositionnement à droite du Parti Socialiste le sort de son électorat traditionnel laissé à l’abandon pourrait mettre en cause la démocratie.

Qui va maintenant défendre les emplois et la protection sociale ?

On peut craindre que le Front National s’engouffre dans la brèche en devenant une sorte de "parti national-socialiste" pour attirer les électeurs abandonnés en mêlant  socialisme, nationalisme et racisme comme ce fut le cas dans le passé en Allemagne.

Ainsi l’abandon de ses valeurs par le Parti Socialiste et par les gouvernements qui en sont issus, pourrait fournir des troupes au fascisme.

Nous ne pensons pas que le Front de Gauche ait la compétence pour remplacer l’ancien Parti Socialiste aux yeux des électeurs .

L’opposition au front national est une identité insuffisante pour séduire des électeurs qui nourrissent les pires craintes pour leur futur.

Nous risquons donc de faire face dans le futur à un bipartisme qui opposerait Front National à l’union des droites que le Front national nomme UMPS et qui prêtait à rire avant les dernières élections régionales.

Ce nouveau bipartisme représente  à lui seul une forte réduction de la démocratie et en cas de victoire du Front national il pourrait impliquer la disparition de la démocratie en France qui nous ferait rejoindre les rangs de la Hongrie et maintenant de la Pologne.