LITUANIE–PAYS D’EXTREME DROITE

 

LA LITUANIE – PAYS D’EXTREME DROITE DEMASQUE

Didier BERTIN -13 août 2011

 

La Lituanie, le principal leader malgré sa petite taille et agitateur en faveur d'une nouvelle version réactionnaire de l'Histoire contemporaine qui s'impose progressivement en Europe avec une facilité finalement peu étonnante

On ne devrait pas s’étonner de voir des évènements aussi immoraux que celui de Norvège quand si chacun- Pays ou Institution- peut réviser l’Histoire à sa convenance.

La Lituanie influence encore plus facilement les autres pays de l’Est, membres de l’Union Européenne, qui prennent trop souvent la voie de la droite politique conjuguée à un sous-développement économique amplifiée par une iniquité sociale qui risque de rendre les populations nostalgiques du communisme.

La Lituanie regarde avec bienveillance les progrès de l’extrême droite et finance même ses organisations xénophobes, racistes et antisémites.

La Lituanie dispose d’outils pratiques pour remanier l’Histoire à son goût et qui sont les déclarations de Prague et du Parlement Européen de 2008.

Voir ci-dessous l’article de DELFI traduit en français, principal portail d’information en Lituanie

NB:Dans cet article le mot Baltique employé dans un slogan doit être compris comme Blanc à notre avis car il n'y a pas d'esprit d'union baltique surtout compte tenu du caractère particulier de l'Estonie

 

Article de DELFI – Principal Site d’information lituanien -,

Traduction française libre par Didier.Bertin

http://www.delfi.lt/news/daily/lithuania/sukiu-lietuva-lietuviamsisgarsejusia-

organizacija-remia-ir-valstybe.d?id=48055939

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L’Etat Lituanien soutient des organisations extrémistes qui propagent d’infâmes slogans

Article de Eglė Samoškaitėc - www.delfI.lt du 28 Juillet 2011

L’Union de la Jeunesse lituanienne nationaliste infâme pour ses slogans “La Lituanie pour les Lituaniens et « ni pour l’Est, ni pour l’Ouest, la Lituanie pour les enfants de la Lituanie et qui organise annuellement (depuis 3 ans) le défilé du 16 février à Kaunas et plus récemment un camp à Dieveniškės, est financée par l’Etat. Le fonds de soutien culturel leur a versé 8 000 Litas pour le camp de Dieveniškės et le Département d’Etat de la Jeunesse a versé cette année 10 000 Litas pour les projets de la Jeunesse Patriotique. » Henrikas Mickevičius, dirigeant de l’Institut lituanien pour la surveillance du respect des Droits de l’Homme, a déclaré qu’il ne pensait pas que l’Etat devait soutenir des organisations qui propagent l’esprit d’intolérance.

« Pour être franc cette situation me choque. Cette organisation est de toute évidence extrémiste et contribue à étendre l’esprit d’intolérance en Lituanie et pourtant l’Etat finance son activité. Ceci est pour le moins étrange » a déclaré Mickevičius à DELFI.

 

Défilé du 16 Février à Kaunas

Le slogan “la Lituanie pour les Lituaniens et d’autres slogans similaires ont été scandés au cours de la Parade nationaliste du 11 mars à Vilnius organisée par le Centre lituanien Nationaliste et des membres de l’Union de la Jeunesse lituanienne Nationaliste prennent régulièrement part à cette parade.

L’Union de la Jeunesse lituanienne Nationaliste organise une défilé le 16 Février à Kaunas mettant à l’honneur le slogan « La Lituanie pour les Lituaniens », « Ni pour l’Est, ni pour l’Ouest, la Lituanie pour les enfants de la Lituanie », « Nous ne vendrons pas notre pays, nous ne nous soumettrons pas à Bruxelles », « Nous sommes des frères blancs », «le Lituanie pour les Lituaniens, les Lituaniens pour la Lituanie. »

Bien que ces slogans hérissent les cheveux des ambassadeurs étrangers en Lituanie et ceux des défenseurs des Droits de l’Homme, l’Union de la Jeunesse lituanienne nationaliste bénéficie d’un soutien financier de l’Etat.

Le Département d’Etat de la Jeunesse a octroyé à cette organisation 3 000 Litas l’année dernière et 10 000 Litas cette année pour ses projets. Le Fonds de soutien culturel du ministère de la culture a octroyé 8 000 Litas pour le camp de Dieveniškės dans la région de Šalčininkai dont le slogan officiel et ambigu est « Merci mon Dieu de m’avoir fait naître Balte » (Note : ambigu car Balte signifie aussi Blanc)

 

H. Mickevičius: L’Etat ne doit pas financer des extrémistes

 

Le Président de l’institut lituanien de surveillance du respect des Droits de l’Homme H. Mickevičius a dit qu’il était choqué par le fait que des institutions d’Etat financent des organisations intolérantes à l’égard des étrangers , des autres peuples et races et aussi envers ceux qui ont des orientations sexuels qu’ils ne tolèrent pas.

« A mon avis nous sommes en train de légitimer des groupes marginaux dont la philosophie est très xénophobe et nationaliste.

La question qui se pose est si nous ne sommes pas en cela hors du cadre de la constitution. La Constitution proclame des valeurs différentes : démocratie, ouverture, tolérance, pluralisme et autres. Je ne sais pas ce que nous devons penser de ce point de vue et ce que cela signifie et comment le juger légalement. Nous approchons à mon avis de la limite qui doit entraîner un examen légal, non pas nécessairement en ce qui concerne uniquement les organisations spécifiques mais du point de vue du phénomène général que cela représente.

Minkevičius souligne aussi l’ambigüité du slogan du camp de Dieveniškės.

« Merci mon Dieu, de m’avoir fait Balte ! » qui peut être compris à la fois comme la volonté de favoriser l’Union des nations baltes, mais aussi de rejeter les autres sur une base raciste. Il rappelle à ce propos le slogan lors des dernières élections municipales «Sans homosexuels, sans noirs, sans rouges et sans Roms » du Parti Jeune Lituanie dirigé par le Président du Centre Nationaliste Lituanien, Ričardas Čekutis, qui est aussi chargé des Relations Publiques du Centre Etatique de Recherche sur le Génocide.

« Ils ont l’habitude de s’expliquer sur cette ambigüité par un rideau de fumée en s’écartant des mots pour se livrer à des manipulations aggravantes alors qu’ils sont pourtant pris au sérieux. Hier je participais à un évènement avec nombre d’étrangers qui m’ont demandé ce que leur slogan signifiait et cela était assez difficile à expliquer. Leur slogan peut laisser penser qu’ils sont fiers d’être Baltes mais aussi qu’ils sont fiers d’être blancs puisque le mot est le même en Lithuaniens. Minkevičius dans ses explications en Lituanien utilise le mot anglais «white » pour se faire comprendre.

Il indique que les défenseurs des Droits de l’Homme ont été alertés récemment que l’opinion de Nationalistes de tendance extrémiste est maintenant perçue comme un élément normal de la vie démocratique lituanienne.

Il existe des « patriotes » qui se réunissent et propagent le concept de « Lituanicité », mais ce n’est pas le plus grave. Le plus grave est que d’autres rejettent les fondations mêmes de l’Etat lituanien contemporain et moderne : le pluralisme, la tolérance, la diversité, les droits de l’Homme, et la conception d’un état fondé sur les droits et devoirs du citoyen. La Cour constitutionnelle a déclaré que l’Etat était civique et non ethnique » a dit Mickevičius.

Lorsqu’on lui demande s’il pense que cette tendance pouvait être due au fait que les organisations nationalistes étaient soutenues politiquement par l’aile nationaliste du Parti gouvernemental Union de la Patrie et Démocratie chrétienne , Mickevičius a ajoute que les nationalistes extrémistes bénéficient « aussi » du soutien officieux d’autres partis politiques.

 

« Ces marginaux sont soutenus politiquement. En fait on ne peut même plus les appeler marginaux parce qu’ils ont été légitimés et prennent part à la vie politique nationale ; oui ils ont le soutien du Parlement et aussi le soutien discret d’autres personnes dont beaucoup au parti au pouvoir, l’Union pour la Patrie –Démocratie Chrétienne et aussi au Parti pour la Loi et l’Ordre et au Parti travailliste » a déclaré Mickevičius.

 

 

J.Panka : Ils essaient de nous marginaliser comme Murza

 

Le Président de l’Union de la Jeunesse Lituanienne, Julius Panka a déclaré à DELFI que les principales ressources de son organisation proviennent du Département d’Etat de la Jeunesse « souscriptions, dons, financement de projets comme le camp de la région de Šalčininkai proviennent tous de sources externes. »

Penkas a déclaré « nous organisons un défilé à Kaunas les 16 février, qui est pour nous une manifestation annuelle mais nous organisons aussi des campagnes de dons de sang, des camps, des représentations folkloriques. En ce qui concerne le slogan ‘ « la Lituanie aux Lituaniens » il est vrai qu’il est trop souvent répété lors de la Parade nationaliste du 11 Mars (Jour de l’indépendance). Le slogan de notre organisation est légèrement différent : « Ni pour l’Est, ni pour l’Ouest, la Lituanie pour les enfants de la Lituanie ; ce slogan est plus ouvert et politiquement plus correct parce que le concept d’enfants lituaniens est plus largement compréhensible même par quelqu’un de simple » explique Panka.

Lorsqu’on lui demande ce qu’il pense du fait qu’il est anormal que l’Etat finance son organisation , il dit qu’en général son organisation reçoit des financements limités et utilisés légalement et correctement dans le but d’encourager le Patriotisme et le civisme.

Panka dit aussi que son organisation coopère avec la ligue des jeunes conservateurs, les jeunes chrétiens démocrates et les scouts lituaniens et qu’il est lui-même observateur au Conseil administratif de l’Organisation lituanienne de la Jeunesse.

« Certains medias veulent vraiment nous marginaliser et de nous pousser dans le marigot de Murza, le leader du mouvement néo-nazi lituanien, mais nous avons dit et nous le répéterons, nous ne sommes pas des extrémistes, des chauvinistes, nous sommes pour ce qui est bien pour la vie des enfants de la Lituanie » a déclaré Panka.

 

 

J. Meldziukas: Les projets de l’Union de la Jeunesse Nationaliste Lituanienne ne présentent

pas d’aspect d’extrémisme nationalisme.

Le directeur adjoint du département d’Etat de la Jeunesse Juozas Meldziukas à déclaré à DELFI que les projets soumis pour financement étaient évalués par une commission multi-départementale comprenant des experts de l’union Européenne du programme pour la jeunesse en action, des Ministères de l’Education, de la Sécurité sociale et du Travail et de la Culture, ainsi que des représentants du Conseil d’administration de l’organisation de la Jeunesse lituanienne et des organisations de la jeunesse faisant la demande d’aide financière.

« Ils n’ont pas indiqué d’organisation de défilés et autres dans leur programme ; ils ont indiqué vouloir commémorer d’importantes fêtes nationales, organiser des camps et autres, publier des journaux, ainsi vous ne pouvez pas dire qu’il y a quelque chose de critiquable » a dit Meldziukas.

« Au moins sur la base de leur programme de cette année et de l’année précédente, les experts n’ont pas fait d’observations concernant l’illégalité du contenu de leurs programmes » a-t-il ajouté.

Il ajoute que préalablement à l’octroi de financements le Département de la Jeunesse demande des informations au Département de la Sécurité nationale

Pour s’assurer que les organisations demandant des financements ne présentent aucun danger. « Si nous recevions des indications contraires, les experts en tiendraient comptes pour faire un tri »dit Meldziukas.