EXTREME DROITE DANS L'UE

 

ASSOCIATION POUR LA PROMOTION D'UN MODELE EUROPEEN DES DROITS DE L'HOMME

Didier Bertin

15 octobre 2012

Montée des valeurs d'extrême droite au sein de gouvernements d'Etats-membres de l'UE

 

Lettre aux élus français

 

La France à un devoir particulier dans la lutte contre l'extrême droite en raison à la fois des épisodes sombres et lumineux de son histoire.

La France est le pays des Droits de l'Homme mais aussi celui de l'Affaire Dreyfus et de l'entente avec l'Allemagne nazie décidée par le régime qui la représentait alors.

La France est le pays des idées  révolutionnaires qui ont aidé de nombreux pays à progresser mais aussi celui de dirigeants récents qui ont eu des phrases ou des actes regrettables comme l’accusation du peuple juif qualifié de "sûr de lui et dominateur", ou l’entretien d'une relation avec l'ancien secrétaire général à la police de Vichy.

Aujourd'hui nous assistons à une forte résurgence de mouvements d'extrême droite et néonazis tolérés, autorisés ou soutenus par certains Etats membres de l'Union Européenne.

Certains de ces pays qui prônent des valeurs d’extrême droite au sein de l'Union Européenne, utilisent la barbarie nazie et la Shoah à des fins comparatives pour faire valoir leurs mérites particuliers, renforcer leur ultranationalisme et justifier leur politique de haine,  voire leurs mesures dictatoriales.  

Nous vous avions déjà demandé à deux reprises (30 décembre 2011 et 5 août 2012) votre soutien à une déclaration en faveur de la reconnaissance du caractère unique de la barbarie nazie et de la Shoah et condamnant toute tentative de réintroduction ou de glorification du nazisme, de ses partisans et de ses exécutants dans tous les Etats membres de l'Union Européenne.

Ces évidences sont non seulement loin d'être comprises, mais elles sont remises en cause à mesure que l'extrême droite progresse en Europe et que certains Etats-membres prennent des mesures en  opposition à l'éthique officielle de l'Union Européenne.

Seuls deux d'entre vous ont eu le courage d'apporter leur soutien à notre déclaration.  "L'appartenance à la Gauche n'est pas un acquis mais se mérite chaque jour par l'adhésion à des valeurs spécifiques et par des actes concordants."  Marquer son opposition à l'égard des Etats qui tolèrent, autorisent ou encouragent le racisme, la xénophobie, l'antisémitisme et l'homophobie, est "le service minimum" que l'on attend de la Gauche.  

Certains de ces Etats membres de l'Union tentent d’imposer leurs convictions à l’Union Européenne dont le relâchement à l'égard de ses principes éthiques pourrait substantiellement réduire sa crédibilité déjà très entamée; nous espérons que le Prix Nobel de la Paix constituera  un rappel aux obligations éthiques de l'Union Européenne en rompant définitivement avec l'état d'esprit qui avait  prévalu à Munich, en particulier à l'égard de ses propres Etats-membres:

  • En 2011 la Hongrie a été autorisée à présider le Conseil de l'Union Européenne malgré son caractère dictatorial incompatible avec les conditions d'admission dans  l'Union Européenne.
  • En 2013 c’est au tour de la Lituanie de présider le Conseil de l’Union Européenne au risque de ternir  l'image de l'Union Européenne.  

Audronius Azubalis, ministre des affaires étrangères de Lituanie, n' a pas caché son intention d'instrumentaliser la présidence du Conseil de l'Union Européenne pour propager les convictions ultranationalistes de son pays qui a glorifié au cours de cette année la mémoire d’un ancien collaborateur et n'avait refusé pas jugé utile de poursuivre les criminels de guerre revenus dans les années quatre vingt dix. Ce pays met aussi en cause le caractère unique de la barbarie nazie et de la Shoah en raison de son  adhésion à nombre de valeurs d'extrême droite.

De plus la Lituanie vient de repartir en croisade contre la minorité polonaise qui a eu le courage de rester en Lituanie après 1945 et cela en opposition avec les règles de protection des minorités inscrites dans la Chartre des Droits Fondamentaux de l'Union Européenne. Une majorité de polonais avaient déjà quitté le pays après la guerre en raison des persécutions xénophobes  subies  de la part d'un grand nombre de Lituaniens, mais aujourd'hui cela ne leur suffit plus .

Nous vous demandons cette fois de soutenir une déclaration "très simple de deux phrases" que des démocrates de toutes tendances devraient approuver sans hésitation car elle est fondée sur ces évidences aujourd’hui contestées au sein même de l’Union Européenne: 

"Nous, élus français, nous nous opposons à toute déclaration qui remettrait en cause le caractère unique de la barbarie Nazie et de la Shoah qui en fut le résultat et le droit pour les victimes du Nazisme à un jour de commémoration indépendant de tout autre évènement. Les tentatives de toute sorte visant à glorifier sur le territoire de l'Union Européenne la mémoire du Nazisme, de  ses partisans et exécutants rencontreront toujours notre ferme opposition."

La Lituanie accélère ses provocations et a organisé le 20 mai 2012, soit trente huit années après sa mort, les funérailles nationales de l'ancien premier ministre d'un gouvernement de collaboration avec l'Allemagne nazie. Juozas Ambrazevicius, avait été pour une très brève période le maréchal Pétain Lituanien soutenu par le "LAF" Lietuvos Aktyvistu Frontas - (Front Activiste Lituanien). Le LAF créé par des Lituaniens résidant à Berlin, avait adhéré à un grand nombres de valeurs nazies, demandé le nettoyage ethnique de la Lituanie et  avait mis ses espoirs dans une Lituanie indépendante sous protection allemande. Tandis que la section Berlinoise fondatrice du LAF entretenait la haine des juifs et des Polonais, ses partisans en Lituanie avaient soutenu l'extermination des juifs et la chasse aux polonais.

Ces funérailles outrageantes avaient déjà été précédées d’une autre mesure affligeante; le 6 juin 2009 le Président Vladas Adamkus avait décerné à titre posthume la plus haute distinction nationale à Juozas Ambrazevicius: la Grand Croix de l'ordre du Grand Duc Gédiminas.  

Les allemands n'ont eu besoin de Juozas Ambrazevicius que pendant un mois et demi pour signer les premières mesures de déportation et d'internement des juifs de Lituanie.

   brazaitis-reburial.jpg                    

Ci-dessus: Les Funérailles nationales de Juozas Ambrazevicius le 20 mai 2012

 

Le 25 septembre 2012, les membres du Congrès américain Brad Sherman, Henry Waxman et Howard Berman ont protesté contre l'organisation de ces funérailles nationales.

Juozas Ambrazevicius avait été Premier Ministre du 23  juin au 5 août 1941 sous l'occupation allemande. Le 5 août 1941, les allemands n'ont plus considéré que ce gouvernement leur était utile puisqu’il n'était pas dans leurs intention de donner l'indépendance à la Lituanie que désirait le LAF; ils ont préféré intégrer plusieurs membres de ce gouvernement dans le "Generalbezirk Litauen" quartier général allemand de Lituanie (dépendant du Reichskommissariat Ostland), dont la plus grande partie des fonctionnaires étaient des lituaniens sous commandement allemand. Les allemands pensaient intégrer la Lituanie dans leur Ostland après germanisation par l'envoi de milliers de colons qui ont été expulsés en 1945.

Au cours de cette brève période Juozas Ambrazevicius a signé des décrets contenant les mesures suivantes:

  1. 1.     Autorisation de prendre toutes mesures contraignantes contre les juifs à l'exception des exécutions publiques.
  2. 2.     Création d'un camp de concentration pour les juifs de Lituanie.
  3. 3.     Déportation de tous les juifs de Kaunas au Ghetto de Vilijampolė.  

Ci-dessous le document ordonnant la déportation des juifs de Kaunas signé par Juozas Ambrazevicius et la photo de la réalisation de cette opération sous la surveillance des "porteurs de brassards blancs", civils  armés et partisans du LAF.

 ghetto-order-extract-signed-by-ambrazevicius-brazaitis.jpg

  white-armbander-laf-murderers-surround-jewish-women-in-kovne-summer-1941.jpg

 

LES LOIS DICTATORIALES DE 2010 ET 2011

 

1-LOI DU 15 JUIN 2010- ARTICLE 1702 VISANT A LIMITER

 

 LA LIBERTE D'EXPRESSION

 

L'article  1702 du code pénal lituanien du 15 juin 2010 sanctionne d'une forte amende et d'une peine de prison pouvant aller jusqu'à deux ans, toute personne qui exprimerait une opinion qui serait jugée insultante pour la Lituanie parce qu’elle divergerait de l'opinion officielle du gouvernement sur l'histoire de la Lituanie au cours de la seconde guerre mondiale et de la période soviétique.

Pour des raisons ultranationalistes, xénophobes et antisémites la Lituanie laisse dans l'ombre, autant que cela est possible, la Shoah (96% des juifs Lituaniens ont été exterminés "par balles" par les allemands et par des Lituaniens, soit 212 000 personnes) et la fuite suscitée  par nombre de Lituaniens de 250 000 de leurs concitoyens d'origine polonaise forcés de se refugier en Pologne à la fin de la guerre. La Lituanie préfère se référer qu'aux  250 000 personnes environ déportés temporairement ou définitivement dans les camps de travail et dont 133 000 personnes avaient été arrêtées de 1944 à 1946. La Lituanie a décidé d'appeler génocide du peuple Lituanien, cette déportation qui est certes un crime contre l'humanité et cela probablement pour pouvoir mettre au second plan le  génocide de 96% des juifs (voir analyse en partie 9). Le chiffres du dit génocide Lituanien est paradoxalement accrus par intégration du nombre de polonais qui ont dû fuir les Lituaniens et de celui du génocide des juifs qui ont été assassinés par des allemands et des lituaniens et mêlent "pour partie" bourreaux et victimes.

Les nombreux évènements et manifestations d'extrême droite organisés en Lituanie ne laissent planer aucun doute sur le sens de l'article 2170 de la loi du 15 juin 2010. Cette loi vise à bloquer les recherches historiques et est une entrave à la fois à "la liberté d'expression" mais aussi   à "la liberté de circulation" sur le territoire de l'Union Européenne, de citoyens européens ou autres qui pourraient être arrêtés et emprisonnés sur le sol lituanien pour "divergence d'opinion." La liberté d'expression et de circulation sont pourtant garantis par la Chartre des Droits Fondamentaux de l'Union Européenne que la Lituanie a signée.

 

2-LOI ANTIPOLONAISE DE MARS 2011

 

La population d'origine polonaise de Vilnius y est enracinée depuis de nombreux  siècles et devrait être considérée "comme originaire de Lituanie au même titre que les Lituaniens". La Pologne et la Lituanie (qui comprenait la Biélorussie jusqu'en 1793), ont formé un seul pays pendant plus de quatre siècles de 1386 à 1795 (l'Union de Pologne-Lituanie suivie de la République des deux Nations). L'ultranationalisme Lituanien dominant qui plonge ses racines dans des mouvements tels que le LAF, est imperméable à l'idée que la Lituanie puisse être  par son histoire un pays multiculturel et multilingue.L'importante population polonaise de Vilnius devrait avoir le droit de conserver ses écoles et leur enseignement tel qu'il qui a toujours existé et qui est remis en cause aujourd'hui. La Seimas (Parlement Lituanien) tente d'imposer depuis 2011 une réforme des écoles polonaise "sans aucune concertation avec les familles et les enseignants" et la tension est montée tout au long de l'année 2012.

Le parlement lituanien prétend qu'il désire faciliter l'insertion des Polonais dans la vie active et culturelle mais il semble plutôt que le fait que les polonais soient majoritaires dans certains districts de Vilnius leur soit insupportable. Le parlement affirme  que les écoles polonaises ne sont pas de bonnes et n'enseignent pas le Lituanien alors que 71.8% des diplômés des écoles polonaises qui se sont présentés dans les Universités y ont été admis, ce qui représenterait un taux de réussite supérieur au chiffres des écoles lituaniennes (cf. Lettre ouverte des parents polonais). La nouvelle loi instaure d'autorité, la supériorité des écoles lituaniennes qui permettra d'éliminer dans un premier temps les écoles polonaises qui feraient doublon et les obligera à assurer leur enseignement et le passage des examens en lituanien. Que dirions-nous si nos lycées français de l'étranger étaient transformés d'autorité en lycées locaux?

Il s'agit d'une politique de Lituanisation appliquée à une minorité attachée à ses racines dans "la ville qui a toujours été la sienne" et  dont le résultat pourrait être le départ des Polonais qui ont eu le courage de rester en Lituanie  après 1945. 

 

PRINCIPAUX ELEMENTS QUI CARACTERISENT LA LITUANIE DEPUIS LES ANNEES QUATRE VINGT DIX

 

1-LE SORT DES CRIMINELS DE GUERRE LITUANIENS REVENUS DANS LES

ANNEES 1990

Au moins quinze criminels de guerre lituaniens pronazis, qui s’étaient réfugiés aux Etats-Unis sous de fausses identités ont été déchus de leur citoyenneté américaine dans les années 1990 lorsqu'ils ont été démasqués et ont dû revenir en Lituanie. "Aucun d’eux n’y a été condamné". Seuls trois d’entre eux ont été traduits en justice pour leur participation à la Shoah et dans les deux cas les plus graves, les criminels ont été déclarés médicalement inaptes à subir un procès et ont été laissés en liberté. Il s’agit du commandant de la police Lithuanienne pro-allemande «SAUGUMAS», Aleksandras LILEIKIS et de son adjoint Kazys GIMZAUSKAS. La SAUGUMAS (police de Sécurité) a collaboré avec les Nazis 1941 à 1944.

 

2- LA CROIX GAMMEE AUTORISEE EN LITUANIE "EN  2010"

 

croix-gammee.jpg

En 2010, la croix gammée a été dûment légalisée en Lituanie en tant que symbole national par le Tribunal de la ville de Klaipèda. La Lituanie est devenue le seul pays d’Europe où l’on peut arborer publiquement et légalement la croix gammée au moyen de drapeaux ou de brassards. Il va sans  dire que cette décision est outrageante pour les victimes du nazisme et devraient l'être pour tous.

 

3-LES DEFILES NEONAZIS DU JOUR DE L'INDEPENDANCE 

Tous les ans pour le jour de L'indépendance, les néonazis sont officiellement autorisés à défiler sur les principales artères de Vilnius. "La police nationale réprime les opposants à ce défilé."  

Il faut rappeler que le 22 juin 1941, les lituaniens avaient accueilli les allemands comme des libérateurs. Cette idée du "nazi libérateur" semble être ancrée dans certains esprits; en effet Ricardas Cekutis chargé des relations publiques au Centre de Recherche sur le génocide, dirigeant du mouvement "Centre patriotique Lituanien" et participant régulier aux défilés néonazis, aime arborer une chemise sur laquelle est représenté "un soldat allemand regardant Vilnius" (source: Andrejus Zukovskis, journaliste a Diena.lt qui l'interviewait le 24 avril 2011).

 

4- LES SUBVENTIONS AUX ORGANISATIONS RACISTES

 

"MERCI DIEU DE M'AVOIR FAIT BLANC"

Une organisation d’extrême droite et raciste comme la « Jeunesse Patriotique » reçoit des subventions de l’Etat comme participation aux frais de leurs défilés dont un des slogans est « Merci Dieu de m’avoir fait Blanc » et pour leurs activités de propagande organisées dans le camp de Dieveniskės.

Henrikas Mickevicius, dirigeant de l’Institut lituanien pour la surveillance du respect des Droits de l’Homme, a déclaré que l’Etat ne devait pas soutenir des organisations qui propagent l’esprit d’intolérance (Cf. journal Eglė Samoskaitèc du 28 Juillet 2011).

 

5-LE CENTRE DE RECHERCHE ET MUSEE DU GENOCIDE

Ce centre de recherche et le musée qui lui est lié (subventionnés par l'Etat) exclut la Shoah. La Shoah est évoquée dans une petite maison de bois "privée" et difficile à trouver appelée simplement "Maison Verte". Ricardas Cekutis, qui est le responsable des relations publiques du Centre de Recherche sur le Génocide est comme nous l’avons dit le dirigeant d'un parti d'extrême droite a déclaré à  Diena.lt le 24 avril 2011: «Les juifs jouent avec des allumettes sur un baril de poudre…, si le Gouvernement ne fait rien le peuple s’en chargera... ».

Une des expressions de Ricardas Cekutis est « TOLERASTE », qui est une combinaison des mots  "TOLERANT ET PEDERASTE" pour désigner les intellectuels et les démocrates "dans le vocabulaire néonazi."

Comment peut-on prendre au sérieux le Centre de recherche et le musée du  génocide Lituanien, quand le chargé des relations publiques de son centre de recherche est un fanatique? Comment peut-on admettre la loi 2170 du 21 juin 2010 instaurant la censure sur l'interprétation de l'histoire alors qu'elle ne vise que ceux que les néonazis appellent des TOLERASTES, forcés de se taire sous peine d'arrestation et d'emprisonnement?

 

6- LA CONFERENCE A LA SEIMAS* HONORANT LE "LAF"

*Parlement Lituanien

Les 28 et 29 Juin 2011, une conférence a été organisée au sein même du  Parlement lituanien « la SEIMAS. »  La conférence a notamment tenté de réhabiliter le Front activiste Lituanien« LAF », dont des partisans, parmi les porteurs de brassards blancs, avaient été des initiateurs des Pogroms du 25 au 29 juin 1941. Ces pogroms ont constitué le début de la Shoah en Lituanie à laquelle des partisans du LAF ont continué à participer après l'arrivée des allemands. La conférence avait été ouverte par la députée Irena Degutienė, qui a présenté un documentaire glorifiant le "LAF".

 

7-LA CHASSE AUX SURVIVANTS DE LA SHOAH PAR LES AUTORITES

LITUANIENNES AUJOURD'HUI

Les autorités et la police lituanienne continuent encore « aujourd’hui » à chasser des résistants antinazis, survivants de la Shoah.

La raison de cet acharnement est que plusieurs survivants ont révélé que  des personnes que l'ont veut considérer aujourd’hui comme des héros nationaux, ont participé à la perpétration de la Shoah.

La police lituanienne a ainsi récemment tenté d’inquiéter des survivants très âgés: Fania Yocheles Brantsovsky (née en 1922), le Dr. Rachel Margolis (née en 1921), le Dr Yitzhak Arad (né en 1926), et le 30 août 2011, la police lithuanienne a demandé l'extradition d'Israël de Joseph Melamed (né en 1925), actuel directeur de l'Association des survivants lituaniens en Israël.

 

8-ANTANAS SAKALYS UN ARTISTE HONORE EN LITUANIE

Source:DefendingHistory.com - Editeur, Professeur Dovid Katz

Ses œuvres sont présentées par les services de la Poste, et ses enveloppes illustrées sont vendus dans les bureaux de Poste; une exposition lui a été  consacrée à l’Université de Vilnius le 27 septembre 2012. Nous présentons ci-dessous quelques exemples d’enveloppes postales dites artistiques réalisées par Antanas Sakalys.

 

A-ANTISEMITISME

L'enveloppe ci-dessous reprend la couverture antisémite du quotidien populaire VAKARO ZINIOS (Nouvelles du soir)  du 21 décembre 2011. Parmi les très  nombreux débiteurs de la sécurité sociale le journal  Vakaro Zinios du 21 décembre 2011, a choisi de faire sa première page sur la Maison Menachem dirigée par le Rabbin Chalom Krinsky et a écrit en gros caractères:

ars20110102zydai.jpg

"Vivons comme des frères et ne payons pas nos impôts comme les juifs".

 

 Attaques contre le Gaon de Vilnius- 1720 -1793

Saliamon Zalman ben Elijah - (Rabin éclairé de Vilnius ou Gaon de Vilnius)

ars20100423gaonas.jpg

 

Traduction du texte d'Antanas Sakalys : Une personnalité légendaire. partisan du Talmud et du sionisme raciste. Il n'a laissé derrière lui aucun travail académique, mais la phrase «la Lituanie est un don de Dieu pour le peuple juif», et qui a été progressivement colonisée par les juifs, "pourrait" être de lui. Ses disciples se sont efforcés de peupler les petites villes, de créer des entreprises commerciales et de pratiquer la médecine (1). Ils ont créé le syndicat social-démocrate "BUND"(2) qui devint le Parti Communiste au travers duquel ils ont voulu créer le "Litbel"(3), un état lituanien et biélorusse. A la création de la République de Lituanie, ils ont été chassés hors de Vilnius et le BUND a été dissous.  Néanmoins, ils n'ont pas abandonné ce «don de Dieu» qu'est la Lituanie. En 1939, ils ont fait l'expérience des Soviétiques et ont fini par comprendre qu'ils devaient aller dans la République autonome juive qui était un cadeau de Staline (4). Après la seconde guerre mondiale ils ont choisi un autre cadeau avec l'aide de la Grande Bretagne: la Palestine arabe (5).

Commentaires:

1-Pour l'auteur cela est négatif

2-Le lien entre un rabbin mort en 1793,  un mouvement syndical laïque et le Parti communiste est bien sûr grotesque.

3-Le LitBel , est le nom abrégé de l'Union de la Lituanie et de la Biélorussie. Le Grand Duché de Lituanie avait toujours inclus la Biélorussie jusqu'à la partition de la Pologne et de la Lituanie en 1895. Une République socialiste Soviétique de Lituanie et de Biélorussie avait aussi été créé en 1919  pendant 7mois par l'URSS; Cette République a disparu  à la suite de la guerre russo-polonaise. L'association de la Lituanie et de la Biélorussie a donc existé pendant plusieurs siècles par la volonté du Grand Duché de Lituanie.

4-il s'agit du Birobidjan, Oblast de "36 000 km2" créé en 1934 par Staline" à la frontière chinoise", comprenant maintenant 2 327 juifs sur 191 000 habitants.

5-Le mandat britannique a été officialisé en 1920 par la SDN, qui est une date très antérieure à la seconde guerre mondiale et à la date d'attribution du Birobidjan.

 

B-GLORIFICATION DES COLLABORATEURS NAZIS

Ci-dessous une enveloppe à la gloire d'Aleksandras LILEIKIS, chef de la Police lithuanienne pronazie, la  SAUGUMAS, de 1941 à 1944, le René Bousquet Lituanien. Démasqué aux Etats Unis , il a dû revenir en Lituanie en 1996 où il n'a pas été poursuivi en raison de son âge devenu avancé après des procédures dilatoires.

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Traduction du texte d'Antanas Sakalys: Dixième anniversaire de la mort d'Aleksandras  Lileikis

Aleksandras  Lileikis est mort le 26 septembre 2000, terrorisé par les sionistes racistes*. Même après sa mort ils ont continué à le calomnier avec l'accord du gouvernement. Sa contribution pour la sécurité de la Lituanie libre* (* occupée par les allemands), pour la célébration de la lituanité  aux Etats Unis et pour l'édition, a été gigantesque.

Que la mémoire de ce patriote reste lumineuse.

*Cette nouvelle expression remplacent parfois le mot juif chez les fanatiques

 

C-CHASSE AUX SURVIVANTS DE LA SHOAH PAR LES AUTORITES LITUANIENNES

Alors que les juges lituaniens ont épargné les collaborateurs nazis, ils ont tenté de poursuivre plusieurs survivants de la Shoah dont le Dr Yistrakh Arad, ancien directeur et actuel conseiller de l'Institut Yad Vashem. Il  est caricaturé sur l'enveloppe ci-dessous avec pêle-mêle les drapeaux de l'URSS, des Etats Unis et d'Israël (complot américano-judéo-communiste!!!). Il a été accusé en 2007 par la Lituanie d'avoir été un criminel durant la seconde guerre mondiale. Les juges ont abandonné leurs poursuites en 2008.

ars20090613aradas.jpg

 

Traductiondu texte d'Antanas Sakalys:  

Un "Expert" avec du sang sur les mains

C'est un ancien tueur à gages du NKVD qui terrorisait  les paysans lituaniens innocents. Il a décrit ses campagnes sanglantes dans son livre "Le Partisan: De la vallée de la mort au mont Sion."  Il a même reçu une médaille de Justas Paleckis(1) la marionnette de Moscou pour ses campagnes sadiques. Ce général israélien qui a été un terroriste communiste, est conseiller au Bureau des enquêtes spéciales des Etats-Unis. (2) C'est ainsi que des accusations sans fondement ont été portées contre A. Dailide, A. Lileikis et contre d'autres patriotes lituaniens.

Commentaires:

(1) Justas Paleckis a signé l'acte d'indépendance de la Lituanie le 11 mars 1990 et est actuellement membre du Parlement Européens ; il est membre du Parti  Social-démocrate  lituanien et du Parti Socialiste Européen.

(2) Bureau chargé d'identifier les criminels de guerre 

 

D-LE PATRIOTISME: EXTRÊME DROITE ET  RACISME

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Slogan de la jeunesse patriotique: "Merci Dieu de m'avoir fait blanc"

La Jeunesse patriotique garantit l'indépendance du peuple.

 

E-L'HOMOPHOBIE

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L'Union Européenne est accusée par Antanas Sakalys de conspiration visant à imposer à la Lituanie l'octroi de droits aux homosexuels.

 

7-LE COMPLOT JUDEO-COMMUNISTE

img-9517.jpg

 

Traductiondu texte d'Antanas Sakalys 

14 Juin-Jour du génocide du peuple lituanien

Après l'occupation Soviétique de la Lituanie en 1940, un appareil répressif a été mis en place sous la direction de V. Dekonozov, V. Niunka, ch. Aizen et L. Gira. Moscou a envoyé "soutien fraternel":... Les cadres de Moscou étaient les suivants P. Gladkov, D. Todes, P. Shvartsman étaient les supérieurs des responsables de la sécurité: A. Snieckas et A. Guzevicius. Une Commission spéciale était composée de:. Suit une liste d'une  cinquantaine de noms  choisis par Antanas Sakalys  pour leur consonance juive  supposée. (1)

Antanas Sakalys  ajoute: Après 1944, lorsque les Russes ont de nouveau occupé la Lituanie, un flot de spécialistes internationaux arrivèrent dont 4 500 juifs qui avaient fuit la Lituanie et 1 200 autres notables. Après la terreur et le génocide,  la Lituanie a perdu (2) un demi-million d'habitants dont  environ 70.000 ont réussi à fuir à l'Ouest.

 

Commentaires:

(1) Mythe du complot Judéo-communiste

(2) Perdus au sens strict et non nécessairement morts-Voir détails dans le chapitre suivant.

Cette enveloppe artistique semble être inspirée de l'affiche lituanienne ci-dessous de 1941 dénonçant la collusion entre les juifs et Staline "Stalinas ir Zydai".

stailinas-ir-zisai.jpg

 

9- UTILISATION ABUSIVE DU MOT GENOCIDE EN LITUANIE VISANT A LAISSER

DANS L'OMBRE LA SHOAH ET L'EXPULSION DES POLONAIS, LARGEMENT

PERPETREES PAR DES LITUANIENS

La Lituanie a subi une très lourde répression au cours de l'ère soviétique qui a constituée "un crime contre l'humanité"; toutefois la Lituanie prétend que son peuple a été victime d'un génocide alors que les chiffres et les témoignages rendent abusive l'utilisation de ce mot. La banalisation du mot génocide porte préjudice à l'ensemble des victimes de véritables génocides.

 

A-CHIFFRES: Analyse démographique

Source : Portail scientifique  Persée - 1992 -Population, 47e année, n ° 1, pages 211-218 - La démographie en Lituanie, chapitre écrit par V. Stankuniene et A. Sipaviciene, tous deux membres  de l'Institut d'Économie, et de l'Académie des Sciences de Lituanie.  Persée est un programme de publication électronique de revues de sciences humaines et sociales. L’intégralité des collections imprimées de revues, est numérisée et mise en ligne sur ce portail qui offre ainsi des possibilités avancées d’exploitation. Les revues font l’objet d’une sélection pour garantir la cohérence de l’offre éditoriale et scientifique du portail.

www.persee.fr/web/revues/home/prescript/article/pop_0032-4663_1992_num_47_1_3807

 

Population de la Lituanie et composition par origine

 

Population

 

Urbaine

 

Lituaniens

 

Polonais

 

Russes

 

Juifs

1923(1)

2 620 000

17.7%

1 813 000

401 000

     66 000

217 000

1939(2)

3 084 000

21.9%

2 134 000

472 000

     77 000

256 000

1941 (3)

 

 

 

 

 

220 000

1945(3)

 

 

 

 

 

    8 000

1959(1)

2 711 000

38.6%

2 150 000

230 000

    230 000

  24 000

1970(1)

3 128 000

50.2%

2 506 000

241 000

    269 000

  25 000

1979(1)

3 398 000

60.7%

2 718 000

248 000

    302 000

  14 000

1989(1)

3 690 000

68.0%

2 924 000

258 000

    347 000

  11 000

 

(1) Recensements, sauf en 1939

(2)Chiffres après la réintégration de Vilnius et de ses environs en Lituanie et

répartition  en 1939 calculée sur la base de celle de 1923

(3)source: Y.Yarad -Yad Vashem et E. Zuroff -Simon Wiesenthal Center. Israel

 

La population juive a été exterminée à hauteur de 96% par les allemands et des Lituaniens au cours de la seconde guerre mondiale, soit 212 000 personnes (Source: Y.Yarad-Yad Vashem et E. Zuroff) , ce qui représente le plus fort pourcentage d'extermination de toute l'Europe.  

La particularité de la Shoah en Lituanie est qu'elle a été perpétrée par balles.  

La Shoah a été réalisée par l'action combinée des groupes suivants:

  1.  Einsatzgruppe A (Armée allemande)
  2.  Civils porteurs de brassards blancs et partisans du  LAF
  3.  Membres de la Saulia Sajunga, Association Lituanienne des tireurs d'élite.     Il s'agit de civils ayant  joué un rôle important dans l'extermination.  
  4. Dix des vingt cinq bataillons lituaniens de police auxiliaire qui ont activement participé aux meurtres de masse des juifs en Lituanie et hors de ses frontières, principalement en Biélorussie. 

Les chiffres sur la Lituanie peuvent différer selon que Vilnius et ses environs sont intégrés ou non en fonction de la date de leur production. Cette région avait d'abord été intégrée à la Pologne sous le nom de République de la Lituanie du centre après la première guerre mondiale, a été rétrocédée à la Lituanie par l'URSS en 1939 puis conservée jusqu'à maintenant. En raison de cette rétrocession territoriale, la population juive de Lituanie s'est accrue à 256 000 personnes en 1939 dont environ 30 000 ont fuit essentiellement en Russie pour échapper à l'avance des troupes allemandes en 1941; les 220 000 juifs restant ont été victimes de la Shoah.

La population juive survivante en 1945 s'est donc élevée à 8 000 personnes composées des gens cachés ou qui se trouvaient sur la ligne de front.  Le chiffre de  24.000 personnes en 1959 est en partie dû au retour d'une partie des juifs Lituaniens réfugiés en Russie.

De 1945 à 1959 environ 250 000 personnes (source: V. Stankuniene et A. Sipaviciene), principalement des Lituaniens ont été déportées en URSS  dont 133 000 avaient été arrêtées à la suite de la seconde guerre mondiale de 1944 à 1946 (source V. Terleckas) . De nombreux Lituaniens avaient considéré les Allemands comme des libérateurs et avaient ouvertement collaboré avec eux; Il n'y a pratiquement pas eu de résistance antinazie de la part des Lithuaniens. La résistance en Lituanie a été principalement le fait des Polonais de Lituanie et de partisans de diverses origines (Russes, Biélorusses, juifs). Les résistants polonais ont eu à subir l'offensive conjuguée des LVR - Lietuvos vietine rinktine ou Litauische Sonderverbände signifiant Forces de défense Lituaniennes et des troupes allemandes. Des opérations  d'expulsion des polonais ont eu lieu dans la région de Vilnius. Des villages polonais ont été détruits par la police et des collaborateurs Lituaniens par mesure de rétorsion contre la résistance.

Après la guerre  de nombreux citoyens Lituaniens se sont opposés à l'intégration de leur pays à l'URSS et ont souffert d'une répression, particulièrement dure sous Staline (mort le 5 mars 1953).

De 1939 à 1959, la population a décru de 3 084 000 personnes à 2 711 000 personnes, soit une baisse de 373 000 personnes qui s'explique principalement par:

1-L'extermination de  212 000 juifs

2-La fuite en Pologne d'environ 250 000 Lituaniens d'origine polonaise à la suite des  exactions qu'ils avaient subies de la part de nombreux Lituaniens. La Lituanie était aussi le pays de ces Polonais depuis plusieurs siècles.

Par ailleurs le faible accroissement des Lituaniens 1939 à 1959, inférieur à l'accroissement démographique naturel, est probablement dû aux  déportations des 250 000 personnes dans les camps de travail.

Toutefois l'accroissement des Lituaniens de 1.6% par an de 1959 à 1970       (de 2 150 000 à 2 506 000), va au delà de l'accroissement naturel normal et pourrait être en partie dû à des  retours de déportation. En effet selon les Professeurs V. Stankuniene and A. Sipaviciene l'accroissement naturel net a été de 1.2% par an au XIXème siècle et s'est substantiellement amoindri au XXème siècle. Sur la période 1979-1989 cet accroissement a été de  0.76% par an. Ces retours ont été mentionnés par différent auteurs.

Ce que les Lituaniens appellent génocide semble donc être la somme des         250 000 polonais qui ont été forcés de fuir en Pologne et des  250 000 Lithuaniens déportés dans des camps de travail; ainsi arrive-t-on au chiffre de 500 000 mentionné par Antanas Sakalys. Un chiffre de plus de 700 000 personnes est parfois aussi mentionné et inclut les 212 000 juifs victimes d'un véritable génocide.

Comme nous l'avons mentionné la déportation de 250 000 personnes constitue un crime contre l'Humanité et non pas un Génocide qui impliquerait aussi  la volonté d'exterminer l'ensemble des Lituaniens.

Les lituaniens étaient 2 134 000 en 1939 et représentaient 69% de la population de la Lituanie et ont atteint le chiffre de 2 907 293 en 2001 et ont alors représenté 83.4% de la population de la Lituanie. La population juive mondiale ne s'est pas encore remise aujourd'hui de la Shoah puisqu'elle s'élevait à 13 500 000 personnes en 2005 contre 16 400 000 personnes en 1939.

La politique xénophobe et antisémite lituanienne promue par le LAF et par d'autres pendant la seconde guerre mondiale a été grand un succès pour eux puisqu'ils ont  obtenu le départ de 53% de la population polonaise et l'extermination de 96% de la population juive.

Le mot de génocide ne s'applique qu'à des situations spécifiques comme celle  des Juifs, des Arméniens, des Tsiganes, des Bosniaques et des Tutsis. Nous pensons que l'utilisation abusive du mot génocide en Lituanie vise à ternir la mémoire de la Shoah en raison d'un antisémitisme très enraciné et d'un ultranationalisme; il vise peut-être aussi à faire oublier la participation de très nombreux Lituaniens à la perpétration de la Shoah (voir partie 10) et à l'expulsion des polonais.

Le mot génocide a été créé en 1944 par un professeur de droit, américain d'origine polonaise; ce mot a été considérée comme étant particulièrement adapté à la Shoah au cours du procès de Nuremberg mais n'a toutefois pas  été utilisé  dans les actes d'accusation en raison de sa création beaucoup trop récente pour l'époque.

 

 B-TEMOIGNAGE

Source: France -Catholique.fr - 2011

Extrait de l'interview du Professeur Vladeck Terleckas (ancien parlementaire Lituanien)

 

Vladeck Terleckas parle de la vie de son frère Antanas Terleckas emprisonné puis déporté dans un camp de travail. Les journalistes de France-Catholique ont découvert que le nom d'Antanas Terlenkas était mentionné au Musée du Génocide de Vilnius.

Le musée du génocide de Vilnius est dédié au génocide prétendument subi par les Lituaniens et exclut la Shoah.

Anatanas Terlekas, est considéré comme une victime du génocide mais  n'en est pas mort pour autant ainsi qu'on peut le constater sur la photo ci-dessous prise en 1991.  artoff4367-dbc84.jpg

 Antanas Terleckas et Vladas Terecklas ensemble en 1991

 

Nous rappelons que le mot génocide signifie que l'on a donné la mort aux individus d'un peuple et qu'en conséquence une personne qui a été victime du génocide de son peuple ne  peut pas être vivante.  

Vladas Terecklas parle "très honnêtement" du génocide des Juifs et de l'emprisonnement et de la déportation de son frère. Son frère faisait partie de la ligue pour l'indépendance de la Lituanie, qui était illégale à l'époque soviétique.

Il indique que 133 000 personnes ont été arrêtées jusqu'en 1946 et 12 300 personnes ont été tuées.

De plus, il clarifie la différence entre emprisonnement et camp de travail: Son frère a été arrêté et mis en prison plusieurs fois et a donc selon le Professeur Vladas Terecklas, beaucoup plus souffert que les gens envoyés dans les camps de travail et qui n'ont pas connu la prison. 

Son frère a connu la prison et le camp de travail; Il a été envoyé en prison durant trois ans en 1958, un an en 1972, et encore trois ans 1980, suivis de 5 ans dans un goulag. 

 

10-NOUVELLES CLARIFICATIONS CONCERNANT LA SPECIFICITE DE LA SHOAH

EN LITUNANIE 

En 2010 de nouvelles clarifications sur la spécificité de la Shoah en Lituanie ont  été publiées dans un livre écrit par le directeur de l'institut international de recherche sur la Shoah de Yad Vashem. Nous présentons ci-dessous un large extrait traduit en français d'un article  sur ce livre paru en septembre 2012  dans le journal Haaretz et écrit par le Dr Efraim Zuroff (Centre Simon Wiesenthal-Israël).

Etudes sur la Shoah de septembre 2012 - Traduction libre

Tués par leurs voisins

A propos du livre: Expulsion et extermination

Témoignages de la Shoah dans les villes et villages de province en Lituanie

par David Bankier de l'Institut Yad Vashem

 

EXTRAIT DE L'ARTICLE DU DR EFRAIM  ZUROFF

                                            
Il a fallu plus de six décennies pour assembler cet ensemble unique de témoignages de survivants,  sur la participation de la population lituanienne à la perpétration de  la Shoah. Ces témoignages ont été enfin publiés.  Cet ouvrage qui glace le sang, rend encore plus insupportables les  nouvelles  publications qui tentent de minimiser cette participation dans un contexte de déni grandissant de la Shoah.

Le Dr. Efraim Zuroff est le principal chasseur de nazis du Centre Simon Wiesenthal et le directeur du Bureau d'Israël. Son livre le plus récent, "Opération  dernière Chance" porte sur sa mission qui a consisté à traduire en justice, les derniers criminels de guerre nazis encore en vie" (Editions: Palgrave / Macmillan) avec un développement particulièrement détaillé sur la défaillance des autorités lituaniennes pour poursuivre en justice les criminels de guerre lituaniens et pour faire face à la participation d'un grand nombre de  lituaniens à la perpétration de la Shoah.

"J'ai eu connaissance de l'existence d'un l'ensemble de témoignages de survivants de la Shoah des villes et des villages de province en Lituanie recueillis par Leyb Kuniuchowsky il y a plus de  30 ans. À l'époque, je travaillais en tant que chercheur en Israël pour le Bureau américain du Département de la Justice chargé des enquêtes spéciales et en quête de témoignages directs sur les meurtres de masse pendant la seconde guerre mondiale en différents lieux de la province lituanienne. Le faible nombre d'informations et de survivants des communautés de ces régions, ont donné à cet ensemble de témoignages une valeur particulièrement précieuse d'autant plus que  Leyb Kuniuchowsky, un ingénieur né à Alytus et qui avait survécu à l'extermination des juifs du  ghetto de Kaunas, avait enregistré les noms de nombreux Lituaniens qui avaient participé aux meurtres collectifs. Cet ensemble de témoignages était donc en principe une ressource exceptionnelle pour traduire en justice les criminels de guerre de Lituanie.

Cependant Leyb Kuniuchowsky ne voulait autoriser le publication de ces témoignages que dans leur totale intégralité et les difficultés à trouver une organisation qui puisse s'en charger, ont retardé leur mise à disposition auprès des chercheurs. Ce n'est qu'en 1989, soit près d'une décennie après mes premières tentatives d'accès à ces témoignages qui avaient été enregistrées au cours des trois ou quatre premières années suivant la fin de la guerre, que Dov Levin, principal  expert de la Shoah dans les pays baltes, a finalement convaincu Leyb Kuniuchowsky de faire don de ses archives à l'Institut Yad Vashem. Ce n'est que maintenant, soit encore vingt ans après cette donation , que certaines parties de cette ressource unique ont finalement été publiées et éditées par le regretté David Bankier (décédé en 2010), l'ancien directeur de l'institut international de recherche sur la Shoah de Yad Vashem , avec l'aide du chercheur Ben-Tsiyon Klibansky.

Ce retard inexcusable pour porter à la connaissances du public  une partie  de ces témoignages a eu de graves conséquences, principalement  en Lituanie où le gouvernement a systématiquement minimisé ou caché la participation inhabituellement grande de collaborateurs locaux  à l'anéantissement des Juifs.

L'extermination de 96 pour cent des juifs de Lituanie a été réalisée localement, à proximité des lieux de résidence des victimes et avec la participation d'une majorité de Lituaniens.

Ces témoignages dévoilent les lacunes sur l'histoire de la Shoah en Lituanie en clarifiant le rôle dominant joué par des Lituaniens dans des massacres réalisés pour la plupart sans aucune participation allemande et ont permis d'établir une liste de 1 300 noms de principaux perpétrateurs locaux.

Selon les mots de David Bankier, "la valeur de ces témoignages réside dans l'identification de ceux qui ont humilié, maltraité, torturé, pillé, expulsé les juifs et leurs familles de leurs maisons pour finalement les massacrer."

Afin de souligner la valeur de ces témoignages, le livre de David Bankier, commence par une présentation de Leyb Kuniuchowsky et de son ensemble de  témoignages avec un résumé concis de l'histoire des communautés juives de province en Lituanie depuis l'indépendance de ce pays après la première guerre mondiale jusqu'à leur destruction lors de la Shoah. Cette présentation est suivie par une étude plus approfondie des différentes étapes dans la persécution et le meurtre des Juifs de province en utilisant des extraits des témoignages pour illustrer les souffrances subies par les juifs de plus de 200 petites villes et villages de la province Lituanienne. Cette étude commence aux premiers jours de l'occupation allemande et raconte avec de très nombreux  détails les travaux forcés imposés aux juifs, le pillage de leurs biens, le processus de ghettoïsation et de concentration et finalement  l'extermination des Juifs de Lituanie. Des chapitres sont consacrés au rôle des populations locales et en particulier des collaborateurs nazis locaux qui ont eux-mêmes perpétré les massacres.

Dans ces chapitres, l'importance historique unique de ces témoignages est particulièrement claire, car ils donnent une dimension essentielle et à vif  sur le destin tragique d'environ la moitié de la communauté juive lituanienne qui vivait dans les petites villes et villages de province, et qui est absente des informations officielles fournies par les allemands ou les lituaniens. Les informations officielles se limitent à la mise en œuvre administrative de la "Solution finale", mais cachent ou ignorent des aspects  importants de ces meurtres, qui sont essentiels à la restitution d'une description précise de la Shoah en Lituanie. Dans ce pays le pourcentage d'extermination de juifs a été le plus élevé d'Europe globalement et pour chaque communauté de plus de 1000 personnes.

"Dans chaque communauté juive de province les collaborateurs nazis lituaniens ont

 constitué la totalité ou au moins la majorité des exterminateurs"

À cet égard, un premier thème particulièrement éloquent qui se dégage des témoignages, est d'abord et avant tout, le fait que les massacres aient été le fait principalement de "volontaires lituaniens". Dans chaque communauté juive de province, les collaborateurs nazis lituaniens ont constitué la totalité ou au moins la majorité des exterminateurs. Ainsi, par exemple, dans des localités  comme Lazdijai, Telsiai, Eisiskės, Joniskis, Dubingiai, Babtai, Varena et Vandziogala, il n'y avait pas d'Allemands présents lors des massacres, et à Onuskis, Vilkaviskis et Virbalis, les Allemands étaient présents pour prendre des clichés des massacres qui se déroulaient devant eux.

"Ils ne valent pas une balle"

Un deuxième thème qui apparait dans presque tous les témoignages est la férocité impressionnante  des tueurs lituaniens. Dans de nombreux cas, l'exécution de la solution finale était accompagnée du viol des femmes et des petites filles de plus de treize ans, de l'humiliation publique et de la torture des rabbins, ainsi que d'autres Juifs. Il était également assez courant d'assassiner les bébés en leur écrasant la tête contre un arbre ou avec une pierre ou en les jetant vivants dans les fosses communes, car «ils ne valaient pas une balle», comme un "partisan" Lituanien  l'avait expliqué à un témoin oculaire à  Kudirkos-Naumiestis.

Un troisième thème est le contexte nationaliste de ces meurtres, qui ont été considérés par beaucoup de participants "comme des actes de patriotisme." Ainsi, à Merkine, par exemple, un témoin a décrit la célébration mise en scène par les assassins: "Leurs mines étaient éclatantes, ils chantaient dans le bruit et la joie,  l'hymne national lituanien et d'autres chants nationalistes".

Une scène similaire a eu lieu à Zarasai, où un témoin polonais a indiqué que "les meurtriers ont entonné des chants nationaux lituaniens  en rayonnant de  bonheur." Ces témoignages évoquent le massacre notoire de nombreux juifs au Garage Lietukis de Kaunas du 27 Juin 1941, après lequel la foule  a chanté l' hymne national.

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C'est l'ultranationalisme qui a alimenté la plupart des actes d'une grande cruauté de Lituaniens à l'égard de leurs voisins juifs que certains percevaient sans raison comme des communistes.

Un quatrième thème extrêmement important, c'est que "toutes les couches de la société lituanienne ont volontairement participé" à la persécution et au meurtre  des Juifs. Ce fait a été systématiquement ignoré ou caché en Lituanie, où la participation locale à la Shoah a été généralement attribuée pour tout ou partie  à des voyous ("hooligans") ou à des professionnels du crime. La triste vérité qui émerge de ces témoignages est que la participation aux meurtres de masse des juifs englobait des éléments de toutes les couches de la société lituanienne: clergé, intellectuels, médecins, enseignants, jusqu'aux éléments les plus marginaux. A Dubingiai par exemple, un jeune prêtre nommé Zrinys a pris la tête des volontaires et a organisé les meurtres. A Alytus Leyb Kuniuchowsky dont il était originaire, a lui-même noté que des  Lituaniens de toutes les classes sociales ont participé aux arrestations, persécutions, intimidations, vols et meurtres des Juifs d'Alytus et de tous ceux des bourgs environnants.

Ces éléments complètent les informations déjà disponibles qui décrivent les meurtres du point de vue de leurs auteurs sans reconnaître l'étendue de la responsabilité des populations locales, ni les manifestations cruelles et bestiales qui les ont accompagnées. Ainsi l'ensemble de témoignages de Leyb Kuniuchowsky a une valeur inestimable et représente une ressource indispensable pour l'étude de la Shoah en Lituanie. 

 

 

RAPPEL DE LA DECLARATION QUE NOUS VOUS DEMANDONS DE BIEN VOULOIR SOUTENIR

 

"Nous, élus français, nous nous opposons à toute déclaration qui remettrait en cause le caractère unique de la barbarie Nazie et de la Shoah qui en fut le résultat et le droit pour les victimes du Nazisme à un jour de commémoration indépendant de tout autre évènement. Les tentatives de toute sorte visant à glorifier sur le territoire de l'Union Européenne, le Nazisme, ses partisans et exécutants rencontreront toujours notre ferme opposition."  

 

Merci de bien vouloir nous faire part de votre de votre accord par simple retour d'Email