RESPONSABILITE COLLECTIVE DANS LES FAITS GENERATEURS D'UNE GUERRE-CAS 1939-1945

 

GUERRE ET RESPONSABILITES COLLECTIVES: SECOND CONFLIT MONDIAL

DONNONS PLUS DE PLACE AUX MECANISMES GENERATEURS DE PAIX

Didier BERTIN - 21 Janvier 2010

 

 

 

I-LE CONFLIT DE 1870 ET SES CONSEQUENCES BELLIQUEUSES SUR LES ESPRITS EN FRANCE

  

Dans la course à la prédominance mondiale, la France n’accepta pas que le prince allemand Leopold de Hohenzollern–Simaringen puisse prétendre au trône d'Espagne. La France déclencha la Guerre et la perdit et une part importante de l’Alsace Lorraine, revendiqué par l’Allemagne comme partie de son territoire, passa sous l’Autorité allemande. La perte de ce territoire pratiquant un dialecte germanique engendra en France un « esprit revanchard et belliqueux» encourageant plus tard l’implication de la France dans la première guerre mondiale.

II-LES DOCTRINES RACISTES EN EUROPE AUX XIXe et XXe SIECLES

Le racisme et l’antisémitisme ne sont pas le pas le seul fait de l’Allemagne, mais de l’ensemble du monde chrétien occidental; cet esprit était en vogue en Europe et à partir du  XIX e siècle des auteurs se sont proclamés idéologues de ces courants d’idées. Les futurs Nazis n’ont eu qu’à puiser dans les ouvrages de ces idéologues.

L’Affaire Dreyfus révéla ces idéologies officielles au public au point que pour de nombreux juifs dès cette époque, seule la création d’un Etat juif apporterait le salut.

L’idéologie raciste du Nazisme a été "notamment" inspirée par ces auteurs :deux allemands, deux français et un anglais (devenu allemand).

-Heinrich Treitschke, qui écrivit in 1880 “Noch einige Bemerkungen zur Judenfrage”

-Eugen Dühring,qui écrivit la même année “Die Judenfrage als Frage der Racenschaedlichkeit”

-Arthur de Gobineau (1816-1882) auteur de l’Essai sur l’inégalité des races humaines ; ces textes contiennent les hiérarchies raciales reprises par las Nazis.

-Georges Vacher de Lapouse (1854-1936) auteur de l’Aryen et son rôle social. Il déguise sa vision raciste sous une forme scientifique et influence aussi les Nazis.

-Houston Stewart Chamberlain (1855-1927) auteur du Fondement du XIXème siècle ; il était à la fois antisémite fanatique et convaincu de la pureté du sang germanique.

Adolf Hitler s’était beaucoup nourri de ces auteurs pour créer son idéologie ; il est donc au plan du racisme et de l’antisémitisme « le représentant d’idéologies en vogue à son époque qu’il a portées à leur paroxysme en matière d'extermination. »

Lors de la l’Affaire Dreyfus des élites et des Autorités françaises avaient aussi révélé leur antisémitisme (de grands écrivains et l’Etat Major lui même). Plus tard en France et sous l’occupation, d’autres auteurs et le Gouvernement lui-même avaient montré leur sympathie pour le Nazisme.

Même l’Etat Major allié au cours de la seconde Guerre Mondiale n’avait pas considéré les bombardements des voies ferrées menant aux camps de la mort comme une priorité militaire stratégique et le Pape Pipe XII n’intervint pas non plus sur les mesures anti-juives. Jan Karski représentant polonais avait informé les alliés et Roosevelt lui-même, de l'existence des camps de la mort.

  

III – LA GUERRE DE 1914-18 ET L’ESPRIT REVANCHARD FRANÇAIS

10 Millions de morts

Cette guerre est bien sûr née d’oppositions entre de grandes puissances avides de préserver leurs intérêts économiques et territoriaux. Le panslavisme n’a été qu’un élément déclencheur. Ainsi l’Autriche-Hongrie alliée à l’Allemagne s’est opposée à la Russie, l’Angleterre et la France qui ont entrainé leurs colonies dans ce conflit. Mais pour la France c‘était aussi une l’occasion rêvée de reprendre l’Alsace Lorraine.

A l’issue de cette Guerre, l’esprit revanchard français personnifié par Georges Clemenceau avait entrainé les alliés à imposer à l’Allemagne des conditions de paix irréalistes qui allaient faciliter le développement du nazisme et l’aboutissement au second conflit mondial.

Il est à noter qu’en 1917, les USA avaient rejoint les alliés tandis que la Russie avait arrêté les hostilités en raison de la Révolution.

C’est dans cet esprit revanchard que la France a imposé la signature du traité de paix de 1919 à Versailles là même où la France avait été contrainte de le signer lors de la défaite de 1870. De la même manière l’Allemagne força la France à signer l’armistice de 1940 à Rethondes, lieu où l’Allemagne avait dû signer un traité similaire en 1918.

1-RESUME DU CONTENU DU TRAITE DE VERSAILLES  DU 28 JUIN 1919 

a-Armée : 

-Abolition du service militaire en Allemagne

-Livraison d’armes et de la flotte

-Démilitarisation de la rive gauche du Rhin, et de Coblence, Cologne et Mayence.

b-Economie et Finances

L'Allemagne doit verser à la France et à la Belgique 132 MILLIARDS DE MARKS-OR - C'est pourtant un pays complètement ruiné

Les brevets allemands tombent dans le domaine public

Le Rhin, l’Oder et l’Elbe deviennent des fleuves internationaux

L’Allemagne renonce à ses colonies et comptoirs au bénéfice des alliés

c-Autriche

L’Autriche perd sa partie slave pour ne devenir qu’un Etat allemand.

 

2-DESACCORD DU SENAT AMERICAIN SUR LE TRAITE DE VERSAILLES

Le Président Wilson qui a participé à l’élaboration du traité de Versailles et à la Création de la Société des Nations (SDN) en faveur de la Paix a connu des difficultés intérieures qui se sont traduites par l’opposition du Sénat à la ratification du traité et en conséquence à l’entrée des USA dans la SDN, ce qui allait fortement affaiblir le rôle de cette organisation.

Le Président Wilson reçut le prix Nobel de la Paix en 1919 pour cette initiative.

 

3-MALADRESSES FRANCAISES

La France voulait occuper de façon permanente la rive gauche du Rhin. Plus tard en 1923, en raison de retards dans le paiement des compensations, la France envahit la Ruhr et la Rhénanie pour se servir en nature sur les biens allemands au vu et su de la population allemande. Ces actions ont fortement encouragé la résurgence du Nationalisme allemand.

 

IV-LA PERIODE 1918-1929 ET LES CONSEQUENCES DU TRAITE DE VERSAILLES SUR LA REPUBLIQUE DE WEIMAR

 

Après la défaite, le Kaiser Guillaume II abdiqua le 9 Novembre 1918 et s’enfuit aux Pays Bas ; le même jour la République fut proclamé par Philipp Scheidemann.

Entre 1918 et 1919, l’ancienne Allemagne disparaît et une vague de conflits violents opposèrent sociaux-démocrates et révolutionnaires. Parmi les révolutionnaires, le manque d’organisations des uns et le refus des Elections des autres permirent au Parti SPD, Social-démocrate d’avoir une majorité suffisante. Leur leader Friedrich Ebert devint Président de la nouvelle Allemagne et plus précisément de la République de Weimar. Le nom état dû au fait que la réunion de l’assemblée constituante avait eu lieu dans la ville de Weimar par crainte de désordres à Berlin.

   

1-Inadaptation dans la forme du traité de Versailles

La guerre avait eu lieu contre un Empire offensif car bien qu’un Parlement exista, l’Empereur gardait la haute autorité et tout particulièrement pour la politique étrangère. Pourtant les conséquences de la guerre de l’Empire seront subies par la République Démocratique de Weimar qui l’avait remplacé. Une République Démocratique est une garantie de Paix plus efficace qu’un traité avec un Empire sous réserve que l’on ne détruise pas cette République en lui imposant des pénalités irréalistes.

 

2-La République de Weimar et les dédommagements

La République de Weimar a dû vivre d’importants troubles et notamment surmonter l’hyperinflation en 1923 et les invasions des français venus se servir en nature.

Charles Dawes, Vice Président des USA prit l’initiative pour les USA et le Royaume Uni de réduire les dédommagements dus par l’Allemagne. Cet allègement aida Gustav Stresemann à supprimer l’hyper inflation et à stabiliser l’Economie allemande. Charles Dawes reçu pour cela le Prix Nobel de la Paix en 1925.

En 1929 Owen Young, diplomate américain, allégea encore plus les dédommagements en les réduisant à 121 milliards de Reichmarks et en en étalant le remboursement sur 59 ans.

 

3-ARISITIDE BRIAND ET GUSTAV STRESEMANNN : LE DESIR DE PAIX 

Arisitide Briand (1862-1932) : 11 fois président du Conseil, 20 fois ministre, il chercha à rapprocher la France et l’Allemagne ; il désirait mettre la guerre hors la loi avec le soutien de la SDN.

Gustav Stresemann (1878-1929) : Ministre des Affaires Etrangères de 1923 à1929 était favorable au rapprochement entre la France et l’Allemagne.

Aristide Briand et Gustav Stresemann reçurent ensemble le prix Nobel de la Paix le 10 décembre 1926.

Stresemann fut critiqué et pour prévenir la montée Hitler, il aurait eu besoin d’allègements supplémentaires en ce qui concerne les dédommagements demandés par la France.

En 1929 Gustav Stresemann declara:

« Wenn Briand jetzt keine Konzessionen macht, bin ich erledigt. Dann kommt ein anderer. Gehen Sie nach Nürnberg und sehen Sie sich Hitler an! »

Felix Hirsch, op. cit., p.75.

“Si Briand ne fait pas de concessions maintenant, je suis fait. Il en viendra un autre. Allez à Nuremberg et voyez Hitler ! »

Peu de temps avant de mourir, Il déclara aussi : 

« Wenn die Alliierten mir ein einziges Mal entgegengekommen wären, hätte ich das Volk hinter mich gebracht, ja, noch heute könnte ich es hinter mich bringen. Aber sie haben mir nichts gegeben und die geringfügigen Konzessionen, die sie gemacht haben, sind immer zu spät gekommen. So bleibt uns nichts anderes als die brutale Gewalt. Die Zukunft liegt in der Hand der neuen Generation, und diese, die deutsche Jugend, die wir für den Frieden und Wiederaufbau hätten gewinnen können, haben wir verloren. Hierin liegt meine Tragödie und ihr, der Alliierten, Verbrechen. »

Gerhard Krause, Die Schuld am deutschen Schicksal, Wahrheit als Waffe gegen Lüge und Verleumdung, Preussisch Oldendorf, 1973, p.251.

« Si les Alliés étaient venus me voir une seule fois, j'aurais eu le peuple derrière moi, oui, encore aujourd'hui je pourrais le faire. Mais ils ne m'ont rien donné et les plus petites concessions qu'ils ont faites sont toujours venues trop tard. Ainsi, il ne nous reste rien d'autre que la violence brute. L'avenir est entre les mains de la nouvelle génération ; or celle-ci, la jeunesse allemande, que nous aurions pu rallier à nous pour la paix et la reconstruction, nous l'avons perdue. C'est cela ma tragédie et votre crime, à vous les Alliés »

 

V-1929-1932 : MONTEE DU NAZISME 

Les épouvantables conditions du traité de Versailles,  l’entêtement de la France a à ne pas vouloir faire ces concessions suffisantes, c'est-à-dire à faire  la part entre le souhaitable et le  possible et la crise économique générale (et non pas l’hyperinflation résolue par Stresemann et Dawes plusieurs années avant) ont pavé le chemin de la réussite du Nazisme impliquant le second conflit mondial sa conséquence qui a provoqué la mort de 65 millions de personnes dans le monde.

Finalement c'est Hitler qui bénéficia de la part des Alliés de concessions honteuses et dégradantes; celles des accords de Munich.

VI-CONCLUSION

Les responsabilités historiques ne sont jamais aussi simples qu’on le présente. Tout le monde a une part de responsabilité que l’on perçoit mieux à mesure que le temps passe. La Paix est une œuvre collective. L’obstination des uns et des autres engendra le second conflit mondial et fit 65 millions de morts.

Une Union toujours plus étroite entre la France et l’Allemagne, moteur du succés de l’Union Européenne, sera toujours un exemple pour toutes les nations qui pensent que la guerre est une fatalité.