ISRAEL ELECTIONS AVRIL 2019

Elections of 9 April 2019 in Israel 

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The English version follows the French version

Elections du 9 avril 2019 en Israël 

Influence du système électoral israélien sur la politique sociale et les principes de base du Sionisme

Article paru dans le Times of Israel

Didier BERTIN – 22 février 2019

L’érosion du  Parti Travailliste remplacé progressivement en tant que Parti dominant par le Likoud et la présence de longue date à différents postes de multiples gouvernements de Benyamin Netanyahou a progressivement changé la nature même de l’Etat d’Israël dans lequel la priorité  est devenue la réussite économique de quelques uns aux dépens de la plupart des autres. Cette évolution a aussi été la conséquence de la peur entretenue en Israël par de nombreux de pays arabes et organisations terroristes et qui ont orienté le choix des électeurs sur la politique  sécuritaire en mettant de coté une équitable croissance du pouvoir d’achat, la solidarité et la protection sociale. La domination sécuritaire a en effet permis au Likoud d’introduire insidieusement sa doctrine économique consistant en une régression substantielle de la politique sociale et donc du principe de solidarité sur laquelle Israël avait été fondé dans le but de donner au peuple  juif les moyens de mettre fin à l’exil face à d’incessantes manifestations de haine. Compte tenu de la forte reprise actuelle des agressions antijuives dans la diaspora nous devons rappeler que l’Histoire Juive incluant celle de la Judéophobie  (antisémitisme) crée un lien indissociable entre les Juifs et Israël qui font que l’antisionisme est par nature judéophobe (antisémite). La Judéophobie ou antijudaïsme ou haine des Juifs sont les termes qui conviennent de façon claire pour désigner ce que l’on appelle  aujourd’hui « l’antisémitisme » et qui se réfère plutôt aux théories racistes et pseudo-scientifiques du XIXe siècle.  

Ce qui reste du principe de solidarité en Israël est principalement  le devoir de servir la nation militairement sans espoir en retour d’une équitable  bienveillance envers tous les citoyens incluant les minorités qui adhèrent à l’idéal sioniste. L’affaiblissement de la politique sociale, la pratique abusive de prix élevés pour la consommation courante et surtout la spéculation foncière outrancière à la base d’une hausse invraisemblable des prix du logement affecte la plupart de citoyens et en particulier les primo-accédants et les nouveaux émigrés qui viennent chercher refuge en Israël. L’accueil de réfugiés juifs  est pourtant la mission première d’Israël.

Une  croissance du PIB (produit intérieur brut) sans solidarité induirait un déficit d’âme et d’identité que l’on ne peut continuer à accroître sans mettre en cause «cette fois  de l’intérieur » la sécurité d’Israël. Faire d’Israël un terrain de chasse réservé à quelques « winners » ne correspond même pas à ce que font généralement de nombreux autres pays de l’OCDE qui n’ont pourtant hérité ni d’une histoire aussi douloureuse que celle du Judaïsme, ni des principes de solidarité du Sionisme. La perte d’identité issue de la trop grande priorité donnée à la réussite entrepreneuriale est donc aussi un risque sécuritaire. C’est en effet la perte d’identité qui avait entrainé autrefois la disparition du Royaume d’Israël. Les chiffres fondamentaux de l’économie reflètent implacablement cette réalité qu’il faut prendre en compte à la veille des prochaines élections. Bientôt les gisements de gaz off-shore produiront des revenus dont l’effet doit être équitablement bénéficiaire pour l’ensemble des citoyens.

I-LA REALITE DES CHIFFRES

1-PIB

En 2017 le PIB avait atteint 350.7 milliards de dollars soit 40 310 dollar par habitant, mais en parité de pouvoir d’achat (référence Etats Unis) ce chiffre est réduit à 317.1 billion de dollars soit 36 448 dollars par habitant compte tenu des prix élevés à la consommation pratiqués en Israël et qui sont dus notamment à une concurrence insuffisante. Cette concurrence insuffisante ne favorise ni le pouvoir d’achat, ni la productivité des entreprise mais elle permet la constitution facile de fortunes personnelles pour quelques uns. L’amputation du PIB est de ce fait de (-) 9.7% ou 33.6 milliards de dollars soit  3 862 dollars par habitant et par an ce qui est très important. Cette amputation du pouvoir d’achat au bénéfice d’une minorité de citoyens est aussi reflétée par le niveau inacceptable de l’index Gini qui mesure la répartition des revenus et qui se situe entre ceux de l’Angola et du Tchad.

En France et en Allemagne où le système de distribution et la concurrence sont performants le PIB en parité de pouvoir d’achat est supérieur au PIB en valeur nominale de respectivement (+) 10.35% et (+) 13.5%.

Si l’économie de marché était organisée comme en France ou en Allemagne le pouvoir d’achat en Israël serait supérieur de plus de 20% à ce qu’il est aujourd’hui et l’on aurait un PIB sur la base des chiffres de 2017 s’élevant à 385 milliards de dollars en parité de pouvoir d’achatcontre 317 milliards en 2017La pénalité due à la mauvaise gestion économique du gouvernement est donc d’environ 68 milliards de dollars soit 7 800 dollars par habitant et par an. Les principales causes sont donc une concurrence et une productivité induite insuffisantes par rapport à celles des pays de  l’OCDE, en particulier dans les domaines de la distribution, de la construction, du transport et des banques. Par exemple la productivité horaire du travail en 2016 a été de 35 dollars en Israël contre 60 France et 47 en moyenne dans l’OCDE.

Le prix de l’immobilier s’est accru de l’ordre de 90% depuis 2008 sous l’effet combiné de taux d’intérêt bas, d’une offre insuffisante et d’une intervention « inefficace » du gouvernement dans un secteur crucial pour la population. L’OCDE ou Organisation de Coopération et de Développement Economique  regroupe des économistes de 36 pays en principe démocratiques et développés comprenant  26 pays européens, les Etats Unis, le Japon, le Canada, l’Australie Israël et quelques autres.

2-Prélèvements obligatoires et politique sociale

Le sentiment de payer de lourds impôts n’est pas globalement reflétée par les chiffres puisque les recettes des impôts sur le revenu ne représentaient que 11.6% du PIB en 2017 ce qui correspond aux taux généralement appliqués dans l’OCDE et est même inférieur à celui des Etats Unis qui s’élève à 12.4%. Il est possible que ce sentiment soit fondé sur une réalité si la répartition de l’impôt est inéquitable.

Les cotisations sociales sont basses puisqu’elles représentaient  5.3% du PIB en 2017 contre 6.3% pour les Etats Unis. Lorsque les prélèvements sont faibles cela signifie le plus souvent que la part patronale des cotisations sociales est faible afin de réduire le coût effectif du travail pour les entreprises ; ceci entraîne une politique sociale limitée notamment en ce qui concerne les prestations en matière de santé, d’éducation et des autres services publics. Ainsi le pouvoir d’achat est réduit de façon visible par les prix à la consommation et de façon moins visible par le coût des services privés destinés à couvrir ceux qui ne sont pas fournis par l’Etat contrairement à la politique appliquée  dans plusieurs pays de l’OCDE. Il est à noter une disparité importante  dans le secteur « High Tech », où les salaires sont plus de deux fois plus élevés que dans les secteurs traditionnels.

Les Etats Unis sont une parfaite illustration de l’affectation du pouvoir d’achat par l’absence de services publics mais qui dans le cas de ce pays particulier, pourraient être compensés par des salaires élevés. Le niveau des prélèvements obligatoires en Israël a été en 2017 de  32.7% du PIB contre 46.2% en France.

Illustration des la politique budgétaire en 2017 dans les pays européens « les plus solidaires », en Israël et aux Etats Unis « pays le moins solidaire » en pourcentage du PIB :

2017

% DU PIB

Prélèvements

globaux

Impôt revenus

Cotisations sociales

FRANCE

46.2

10.9

16.8

DANEMARK

46

29.6

0

BELGIQUE

44.6

16.3

13.6

SUEDE

44

15.8

9.7

FINLANDE

43.3

15.4

12.1

ISRAEL

32.7

11.6

5.3

ETATS UNIS

27.1

12.4

6.3

Les prélèvements comprennent notamment les impôts et les cotisations

2-Répartition du revenu

a-Distribution du revenu des ménages par décile en 2010

Premier décile : 1.7% de la population - Dernier décile : 31.3%

b-Index Gini en 2013 (mesuré de 0 à 100)

Israël : 42.8, en constante aggravation - 149e rang mondial sur 198.

La Suède est un des pays les plus égalitaires avec un coefficient de 24.9 et Haïti le plus inégalitaire avec 60.8. Israël se situe entre l’Angola et le Tchad ce qui est anormal et l’excuse généralement donnée concernant  la sous activité de certains hommes juifs orthodoxes et femmes musulmanes n’est pas une explication satisfaisante car les disparités sont clairement visibles en dehors de la région de Tel Aviv et par ailleurs Israël a les moyens d’investir dans un accompagnement éducatif adapté pour  les populations particulières.

3-Salaires

Depuis avril 2018, le salaire minimum en Israël est de 29.12 NIS/heure (7.1 €) soit 5,200 NIS (1 268 €)  mensuels pour un temps plein de 182 heures (42 heures par semaine  contre 35 heures en France).  Ce niveau reste toutefois inférieur au SMIC français (1 498 € pour 152 heures de travail par mois) en termes de pouvoir d’achat, que l’OCDE estime être supérieur de 22% en France. Le salaire moyen est de 10 867 shekels (2 650 €) mais le salaire médian véritablement significatif est l’ordre de  8 000 NIS (1 951 €). L’écart entre le salaire moyen (moyenne des salaires) et le salaire médian (rémunération autour de laquelle  les salariés sont répartis également) est aussi le reflet de l’inégalité dans la répartition des revenus.

II – OFFRE POLITIQUE CENTRISTE COMME ALTERNATIVE

Benyamin Netanyahou a fait l’objet d’investigations  policières et judiciaires qui devraient inciter ses propres partisans à chercher une solution alternative de gouvernement. L’idéal serait de répondre en même temps aux attentes sécuritaires et sociales de la population.

Une guerre des « ego » entre les leaders des deux principaux partis centristes a failli les mettre hors jeu en les privant de toutes chances d’avoir suffisamment de députés pour  tenter de former un nouveau gouvernement. Au dernier moment avant la clôture du dépôt des listes, ces deux partis ont fait preuve de responsabilité dans l’intérêt des électeurs et ont formé un seul parti « Kakhol Lavan » (qui signifie Bleu Blanc selon les couleurs du drapeau national).

Les deux composantes de Kakhol Lavan - כחול לבן

1- Hossen leIsrael (Traduction : Résilience d’Israël) - חוסן לישראל

La récente création du Parti centriste  « חוסן לישראל » (Hossen leIsrael) par l’ex Chef d’Etat Major Benny (Benyamin) Gantz semble répondre aux impératifs sociaux et sécuritaires. Le mot Résilience est plus souvent utilisé en anglais et correspond à l’idée de résistance face à l’adversité, d’invulnérabilité, de stabilité face aux changements.

a-Sécurité

Celle-ci tient à la formation (Sciences Politiques en Israël et Gestion des Ressources aux Etats Unis) et à l’expérience de Benny Gantz ainsi  qu’à celles des deux autres anciens Chef d’Etat Major qui l’ont rejoint dans son Parti : Moshé Yaʿalon  et  Gaby Ashkenazi. Au cours d’une carrière militaire de 36 ans Benny Gantz a gravi tous les échelons en commençant  dans des unités d’élite aéroportées jusqu’à celui de Chef d’Etat Major de 2011 à 2015. Son expérience du terrain inclut les différents conflits du Liban et la seconde Intifada.

Dans son discours du 29 janvier 2019 Benny Gantz a promis de "renforcer les blocs de colonies et les hauteurs du Golan et a indiqué que « Jérusalem unie » resterait à jamais la capitale d'Israël. Il a ajouté que la vallée du Jourdain devrait rester la frontière de sécurité du pays. Il a déclaré qu'il lutterait pour la paix mais qu’il ne tolérerait pas de menace de la souveraineté d’Israël de la part de l’Iran, du Hezbollah et du Hamas.

Moshé Yaʿalon  a été chef d’Etat Major de 2002 à 2005 et a été ministre de la défense jusqu’en 2014 puis a démissionné en raison de  divergences de vue avec Benyamin Netanyahou. Il a été membre du think tank du Washington Institute for the Near East Policy.  Il a eu expérience militaire de terrain pendant la guerre du Kippour où il a participé à l’opération de prise en tenaille de la 3e armée égyptienne en ayant traversé le canal de Suez.

En 1982 il a participé à la guerre du Liban puis a dirigé le service de renseignement militaire.

Gaby Ashkenazi a servi dans l’unité Golani (unité d’Elite) de 1972 à 1988 ; Il a participé à la guerre du Kippour, a pris part à l’opération de libération des otages d’Entebbe et aux conflits du Liban en 1982 et 2006 puis a été  Chef d’Etat Major de 2007 à 2011.

Il est à noter qu’Avi Nissenkorn, Président du syndicat des travailleurs « Histadrout » a aussi rejoint Hossen LeIsrael.

b- Politique générale et sociale de Hossen LeIsrael

Selon le document d'enregistrement officiel de Hossen LeIsrael du 27 décembre 2018, les objectifs du Parti sont les suivants:

Continuer à établir et à renforcer l'État d'Israël en tant qu'État juif et démocratique à la lumière de la vision sioniste telle qu'exprimée dans la Déclaration d'indépendance en soulignant  les priorités nationales dans les domaines suivants: Éducation, Développement des infrastructures nationales, Agriculture, Politique de protection sociale, Paix et sécurité.

Dans son discours du 29 janvier 2019, il a aussi décrit Israël comme "un pays de pointe dans le secteur de la haute technologie" mais s’est aussi  engagé à encourager l’activité dans le secteur du bâtiment et de la santé.  Le secteur agricole avait été un domaine d’excellence d’Israël à présent  négligé au profit des nouvelles technologies et Benny Gantz a indiqué son  intention de créer de nouveaux emplois dans ce secteur.

Le ralliement d’Avi Nissenkorn, illustre aussi la volonté de Benny Gantz de renforcer la politique sociale.

2-Yesh Atid (traduction: Il y a un Futur) - יש עתיד

Il s’agit aussi d’un Parti centriste et laïque ; celui-ci a été créé en 2012 par le journaliste et écrivain Yaïr Lapid.  Dans la demande d’enregistrement du parti, il a indiqué notamment  les objectifs suivants :

-Changer les priorités en Israël, en mettant l’accent sur la vie civile, éducation, logement, santé, transports et maintien de l’ordre, ainsi que sur l’amélioration des conditions de vie de la classe moyenne.

-Lutter contre la corruption politique en renforçant la Haute Cour de justice.

-Créer des moteurs de croissance pour lutter contre la pauvreté, améliorer les systèmes de transport et  réduire le coût de la vie et du logement.

-Coopérer avec les Syndicats  d'enseignants.

-Tenter d’établir la paix selon le schéma de "deux États pour deux peuples", tout en maintenant les grands blocs de colonies israéliennes et en assurant la sécurité d'Israël.

-Tenir compte de la diversité du Judaïsme : Mouvements réformateurs, reconstructeurs, orthodoxes, humanistes et non pas du seul judaïsme orthodoxe comme c’est le cas aujourd’hui.

-Instituer le mariage civil en Israël et ouvrir partiellement les transports publics le samedi

III-FORMATION D’UN GOUVERNEMENT

Le système électoral en Israël est le scrutin proportionnel uninominal qui permet de représenter les plus petits partis à partir de 3.25% de votes. Ce système atomise la représentation politique et entraine des nécessaires formations de coalition de gouvernement dans lesquels les plus petits partis échangent souvent leur contribution pour former une majorité contre des avantages souvent exagérés (options politiques, nombres de ministres…).

Ainsi le scrutin proportionnel apparemment plus représentatif au niveau du parlement va affecter cette représentativité au niveau gouvernemental.

Le nombre de députés étant de 120, le parti désigné pour former un gouvernement doit réunir différents autres partis pour avoir 61 députés. A présent la Parti Kakhol Lavan représente une force équivalente à celle du Likoud et pourrait avoir la charge de former un nouveau gouvernement.

Benyamin Netanyahou pourrait être inculpé de corruption comme la Police l’a recommandé et la décision du Procureur Général Avichai Mandelblit pourrait intervenir à tout moment ; cela constitue une menace pour l’actuel premier ministre et pour son Parti.

Par ailleurs Benyamin Netanyahou a probablement détérioré sa propre image en ayant fait pression sur le parti du Foyer National Juif avec lequel il veut s’allier pour qu’il intègre le parti d’extrême droite « Otzma Yehoudit » connue pour sa violence issue de l’idéologie Kahaniste. Ce soutien ne semble pas convenable pour un Premier Ministre d’un Etat démocratique et cette prise de position pourrait décourager des électeurs traditionnels du Likoud.

Benyamin Netanyahou a qualifié Kakhol Lavan qui est au centre-droit de parti gauchiste et ses trois chefs d’Etat Major de généraux gauchiste  et s’est attribué tous les progrès d’Israël sans montrer la moindre culpabilité pour avoir fait  d’Israël le creuset de l’accroissement des inégalités ; malgré cela il a indiqué  que ses deux leaders (Benny Gantz et Yaïr Lapid) ne connaissaient rien en économie. Il a aussi indiqué qu’ils Lavan soutenaient l’accord sur le nucléaire iranien ce qui correspondrait aussi à la position de Donald Trump qui veut aménager l’accord sans s’en retirer. La présence de trois anciens chefs d’Etat Majors au sein du Parti Kakhol Lavan ne permet plus  à Benyamin Netanyahou de se présenter comme une éminence en matière de sécurité.

Sondage du 20 février 2019:

PARTIS

Caractéristiques

Sièges

Taal - Hadash

Parti arabe

6

Listes conjointes

Partis arabes

5

Sous total

Partis arabes

11

Meretz

Extrême gauche

5

Travaillistes

Gauche

9

Sous total

Partis de Gauche

14

Kakhol Lavan

Centre

34

Koulanou

Centre

4

Sous total

Partis centristes

38

Likoud

Droite

33

Yisrael Beiteinou

Droite laïque

0

Sous total

Droite laïque

33

Nouvelle Droite

Scission du Foyer Juif-religieux

8

Shas

Religieux - Droite

4

Judaïsme unifié de la Torah

Religieux -Droite

7

Foyer Juif-Otzma Yehoudit

Religieux- Extrême Droite

5

Sous total

Droite Religieuse

24

TOTAL

120

Influence of the Israeli electoral system on social policy and the basic principles of Zionism

Elections of 9 April 2019

Article published in French in The Times of Israel

Didier BERTIN - February 22, 2019

The erosion of the Labor Party gradually replaced by the Likud-as dominating Party and the long-standing presence of Benyamin Netanyahu in various governments has gradually changed the nature of the State of Israel in which the priority has become the economic success of a few at the expense of most others. This development was also the result of the fear maintained in Israel by many Arab countries and terrorist organizations which have oriented the choice of voters in priority for security policy setting aside a fair growth of purchasing power for everyone and the policy of solidarity and Social Protection. Security dominance has indeed allowed the Likud to insidiously introduce its economic doctrine consisting of a substantial regression of social policy and thus of the principle of solidarity on which Israel was founded in order to give the Jewish people the means to end in exile in which they have to face incessant manifestations of hatred. Given the current strong resurgence of anti-Jewish aggression in the Diaspora, we must remember that Jewish history, including that of Judaeophobia (anti-Semitism), creates an inseparable link between Jews and Israel, which makes anti-Zionism judeophobic (anti-Semitic). ). Judaeophobia or anti-Judaism or hatred of the Jews are the terms that are clearly appropriate for what is now called "anti-Semitism" and which refers to the racist and pseudo-scientific theories of the nineteenth century.

What remains of the principle of solidarity in Israel is primarily the duty to serve the nation militarily with no hope for a fair benevolence in return towards all citizens including minorities who adhere to the Zionist ideal. The weakening of social policy, the excessive practice of high prices for current consumption and above all the extreme real Estate  speculation at the base of an unbelievable rise in the price of housing affect most citizens, and in particular first-time buyers and new emigrants who come to seek refuge in Israel. The reception of Jewish refugees is, however, the primary mission of Israel.

GDP growth (gross domestic product) without solidarity would induce a deficit of soul and identity that cannot continue to increase without questioning "this time from the inside" the security of Israel. Making Israel a hunting ground for a few "business winners" is not even applied in many other OECD countries that have not inherited a history as painful as that of Judaism and principles of solidarity of Zionism. The loss of identity resulting from the high priority given to entrepreneurial success is therefore also a security risk. It is indeed the loss of identity that once led to the disappearance of the Kingdom of Israel. The fundamentals of the economy implacably reflect this reality, which must be taken into account on the eve of the next elections. Soon off-shore gas deposits will produce income whose effect must be equitably profitable for all citizens.

I- THE REALITY OF THE FIGURES

1 GDP

In 2017 GDP reached $ 350.7 billion or $ 40,310 per capita, but in purchasing power parity (reference United States) this figure is reduced to $ 317.1 trillion or $ 36,448 per capita due to high prices consumption in Israel as result of an insufficient competition. This insufficient competition favors neither the purchasing power nor the productivity of the companies but it allows the easy constitution of personal fortunes for few people. The amputation of GDP is thus (-) 9.7% or $ 33.6 billion i.e. $ 3 862 per capita and per annum which is very important. This amputation of purchasing power for the benefit of a minority of citizens is also reflected by the unacceptable level of the Gini index, which measures the distribution of income, and which lies between those of Angola and Chad.

In France and Germany, where the distribution system and the competition perform well, the GDP in purchasing power parity is higher than the nominal GDP by respectively (+) 10.35% and (+) 13.5%.

If the market economy were organized as in France or Germany the purchasing power in Israel would be more than 20% higher than it is today and the GDP of 2017 would amount to $ 385 billion dollars in purchasing power parity instead of only $317 billion. The penalty due to the economic mismanagement of the government is therefore about $ 68 billion i.e. $ 7,800 per capita per annum. The main causes are therefore insufficient competition and productivity as compared to those of OECD countries, especially in the areas of distribution, construction, transport and banksFor example, hourly labor productivity in 2016 was $ 35 in Israel, compared with 60 in France and 47 in the OECD.

The price of real estate has increased by 90% since 2008 under the combined effect of low interest rates, insufficient supply and of an "inefficient" government intervention in a crucial sector for the population. The OECD or Organization for Economic Co-operation and Development brings together economists from 36 countries, in principle democratic and developed, comprising 26 European countries, the United States, Japan, Canada, Australia, Israel and a few others.

2-Compulsory levies and social policy in Israel

The feeling of paying heavy taxes is not generally reflected in the figures since income tax revenues represented only 11.6% of GDP in 2017, which corresponds to the rates generally applied in the OECD and is even lower than of the United States which amounts to 12.4%. It is possible that this feeling is based on a reality if the distribution of the tax is unfair.

Social contributions are low since they represented 5.3% of GDP in 2017 against 6.3% for the United States. When social contributions  are low, it usually means that employers' share in social contributions is low in order to reduce the actual cost of labor for companies; this entails a limited social policy, particularly with regard to health, education and other public services. Thus, purchasing power is visibly reduced by consumer prices and less visibly by the cost of private services intended to cover those not provided by the State, contrary to the policy applied in several developing countries of OECD. There is a significant disparity in the High Tech sector, where wages are approximately twice higher than in traditional sectors.

The United States is a perfect illustration of the reduction of purchasing power by the absence of public services but in the case of this particular country this could be offset by high wages.

The level of compulsory levies in Israel was 32.7% of GDP in 2017 compared with 46.2% in France.

Illustration of the fiscal policy in 2017 in the European countries "the most solidary countries" in Israel and the United States "the least solidary country" as a percentage of 2017 GDP:

2017

% DU PIB

Levies*

Income tax

Social contributions

FRANCE

46.2

10.9

16.8

DENMARK

46

29.6

0

BELGIUM

44.6

16.3

13.6

SWEDEN

44

15.8

9.7

FINLAND

43.3

15.4

12.1

ISRAEL

32.7

11.6

5.3

USA

27.1

12.4

6.3

*Levies include among others income taxes and social contributions

a -Distribution of household income by decile in 2010

First decile: 1.7% of the population - Last decile: 31.3%

bGini Index in 2013 (measured from 0 to 100)

Israel: 42.8, constantly worsening - 149th out of 198 world ranking.

Sweden is one of the most egalitarian countries with an index of 24.9 and Haiti the most unequal with 60.8. Israel lies between Angola and Chad which is abnormal and the excuse generally given regarding the under-activity of some Orthodox Jewish men and Muslim women is not a satisfactory explanation because disparities are clearly visible outside the region of Tel Aviv and moreover Israel has the means to invest in an educational accompaniment adapted for the particular populations.

3-Wages

Since April 2018, the minimum wage in Israel is 29.12 NIS / hour (7.1 €) or 5,200 NIS (1,268 €) monthly for a full time of 182 hours (42 hours per week against 35 hours in France). This level, however, remains lower than the French minimum Salary SMIC (€ 1,498 for 152 working hours per month) in terms of purchasing power. OECD estimates that French minimum salary is higher by 22% taking into account the purchasing power parity. The average salary is 10,867 shekels (2,650 €) but the truly significant median salary is 8,000 NIS (1,951 €). The gap between the average wage (average of all wages) and the median wage (remuneration around which employees are evenly distributed) also shows the inequality in the distribution of income.

II – CENTRIST PARTIES AS AN ALTERNATIVE OF CHANGE

Benyamin Netanyahu has been the subject of police and judicial investigations that should prompt his own supporters to seek an alternative solution of government. The ideal would be to respond at the same time to the security and social expectations of the population.

An "ego" war between the leaders of the two major centrist parties has almost put them out of the game, depriving them of any chance of having enough MPs to try to form a new government. At the last moment before the closure of the lists, these two parties make a reasonable afggreement for the benefit of the voters and formed one single party "Kakhol Lavan" (which means Blue White according to the colors of the national flag).

The two components of Kakhol Lavan - כחול לבן

1- Hossen leIsrael (Translation: Resilience of Israel) - חוסן לישראל

The recent creation of the centrist Party "חוסן לישראל" (Hossen leIsrael) by former Chief of Staff Benny (Benyamin) Gantz seems to meet the social and security imperatives.

a - Security

The security is guaranteed by the education (Political Science in Israel and Resource Management in the United States) and experience of Benny Gantz as well as those of the two other former Chiefs of Staff who joined his Party: Moshe Ya'alon and Gaby Ashkenazi. During a 36-year military career Benny Gantz has worked his way up from airborne elite units to Chief of Staff from 2011 to 2015. His field experience includes the various conflicts in Lebanon and the second Intifada.

In his speech of January 29, 2019, Benny Gantz promised to "strengthen the settlement blocs and the Golan Heights and said that" United Jerusalem "would forever remain the capital of Israel, adding that the Jordan Valley will remain the security border of Israel. He said he would not tolerate any threat from Iran, Hezbollah and Hamas.

Moshe Ya'alon was Chief of Staff from 2002 to 2005 and was Minister of Defense until 2014 and resigned due to incompatible opinions with Benyamin Netanyahu. He was a member of the Washington Institute think tank for the Near East Policy. He had military field experience during the Yom Kippur War where he participated in the operation of circling the 3rd Egyptian Army after having crossed the Suez Canal. In 1982 he participated in the Lebanon war and then led the military intelligence service.

Gaby Ashkenazi served in the Golani unit (Elite unit) from 1972 to 1988; He participated in the Yom Kippur War, took part in the Entebbe hostages’ liberation and in the Lebanon conflicts in 1982 and 2006 and was Chief of Staff from 2007 to 2011.

It should be noted that Avi Nissenkorn, President of the Workers' Union "Histadrut" also joined Hossen LeIsrael.

b- General and social policy of Hossen LeIsrael

According to Hossen LeIsrael’s official registration document of December 27, 2018, the Party's objectives are as follows:

Continue to establish and strengthen the State of Israel as a Jewish and democratic state in the light of the Zionist vision as expressed in the Declaration of Independence by highlighting national priorities in the following areas: Education, Development National Infrastructure, Agriculture, Social Protection Policy, Peace and Security.

In his speech of January 29, 2019, Benny Gantz also described Israel as "a leading country in the high-tech sector" but also pleaded to encourage activity in the building and health sector. The agricultural sector had been Israel's field of excellence, now neglected in favor of new technologies, and Benny Gantz indicated his intention to create new jobs in this sector.

The rallying of Avi Nissenkorn also illustrates Benny Gantz's desire to strengthen social policy.

2-Yesh Atid (translation: There is a Future) - יש עתיד

It is also a centrist and secular party; this one was created in 2012 by the journalist and writer Yaïr Lapid. In the party's application for registration, he stated, inter alia, the following objectives:

-Change priorities in Israel, with a focus on civil life, education, housing, health, transportation and law enforcement, as well as improving the living conditions of the middle class.

-Fight against political corruption by strengthening the High Court of Justice.

-Create growth to fight against poverty, improve transport systems and reduce the cost of living and housing.

-Cooperate with teachers' unions.

- Attempt to establish peace according to the "two states for two peoples" scheme, while maintaining the large blocks of Israeli settlements and ensuring the security of Israel.

-Take account of the diversity of Judaism: reforming movements, reconstructive, orthodox, humanistic and not just Orthodox Judaism as is the case today.

-Institute civil marriage in Israel and partially open public transport on Saturday

III-FORMATION OF A NEW GOVERNMENT

The electoral system in Israel is the proportional ballot, which allows the smallest parties to be represented from 3.25% of votes. This system atomizes political representation and leads to necessary coalition government formations in which smaller parties often exchange their contribution to form a majority against often exaggerated benefits (political options, numbers of ministers ...).

Thus the proportional voting apparently more representative at the level of parliament affects seriously the representation at the governmental level.

The number of deputies being 120, the party designated to form a government must bring together different other parties to have 61 deputies. Now the Kakhol Lavan Party represents a force equivalent to that of Likud and could be in charge of forming a new government.

Benyamin Netanyahu could be charged with corruption as recommended by the Police and the decision of Attorney General Avichai Mandelblit could intervene at any moment, which is a threat to the current Prime Minister and his party.

Moreover, Benyamin Netanyahu has probably deteriorated his own image by having lobbied on the party of the National Jewish Home with which he wants to ally if they join with the Far rightist party "Otzma Yehoudit" known for its violence issued from the Kahanist ideology. This support does not seem appropriate for a prime minister of a democratic state and this stance could discourage traditional Likud voters.

Benyamin Netanyahu has called “leftists” Kakhol Lavan, which is a center-right Party and called also “leftists” their three chiefs of staff. He attributed to himself all the progress of Israel without showing any guilt for making Israel the crucible of increasing inequality; despite this, he also said that his two leaders (Benny Gantz and Yaïr Lapid) knew nothing about economics. He also said that they supported the Iranian nuclear deal, which is also Donald Trump's position who wants to adjust the deal without withdrawing. The presence of three former chiefs of staff in the Kakhol Lavan Party no longer allows Benyamin Netanyahu to present himself as an eminence in matters of security.

Survey of February 20, 2019:

PARTIES

Features

Seats

Taal - Hadash

Arab party

6

Joint lists

Arab Parties

5

Subtotal

Arab Parties

11

Meretz

Far Left

5

Labor

Left

9

Subtotal

Left Parties

14

Kakhol Lavan

Center

34

Koulanou

Center

4

Subtotal

Centrist Parties

38

Likoud

Right Wing

33

Yisrael Beiteinou

Secular Right

0

Sous total

Secular Right wing

33

New Righ

Split from the Jewish-Home  Religious

8

Shas

Right Religious

4

Judaïsme unifié de la Torah

Right Religious

7

Foyer Juif-Otzma Yehoudit

Far Rightists Religious

5

Sous total

Religious Right Wing

24

TOTAL

120