RACINES D'ISRAEL ET ANTISEMITISME EUROPEEN -1ERE PARTIE/4

1ère Partie sur 4 – actualisée au 30 Mars 2010

LES RACINES D’ISRAEL

Et l’antisémitisme Européen

Didier  BERTIN -30 Mars 2010

 

I-ORIGINE DE LA TERRE

 

1-Peuple :

Hébreu (racine: passer) qui signifie nomade est le nom d’une tribu sémite du sud de la Mésopotamie, à laquelle Abraham, fondateur du monothéisme, aurait appartenu.

 

2-Nom :

Selon les traditions orales et religieuses reprises par écrit dans la bible  plusieurs siècles après les évènements qu’ils relatent, Abraham ancêtre des hébreux, eut pour petit fils Jacob fils d’Isaac que l’on aurait symboliquement appelé Israël et qui eut 12 fils ; sa descendance  aurait constitué le peuple d’Israël.

 

3-Situation géographique :

Abraham aurait quitté la ville d’Ur, ville sumérienne cette époque, pour s’installer dans la région de l’actuel Israël d’où l’origine géographique d’Israël et cela  sans tenir compte de mouvements de population d’ordre symboliques et mythologiques rapportés par la bible. D’autres peuples auraient aussi vécu dans la même région comme les cananéens qui viendraient aussi de l’Est et des philistins dont l’origine est probablement Indo-européenne.

 

4-Histoire du Royaume d’Israël jusqu’à la Diaspora:

Le Royaume d’Israël fut divisé en deux en 922 avant JC. Le nord maintint le nom de Royaume d’Israël mais fut détruit par le Assyriens en 722 avant JC et le sud c'est-à-dire le  Royaume de Juda appelée aussi Judée (du nom d’un des 12 fils de Jacob) se maintint malgré l’invasion Babylonienne du VIe siècle avant  JC. La Judée avait gardé  les croyances, les lois, les traditions et l’organisation religieuse d’Israël en y apportant des adaptations, des interprétations et des codifications, malgré l’invasion babylonienne au VIe siècle. C’est après l’invasion babylonienne que l’on a parlé de Judaïsme et de Juifs par référence à la Judée mais  pour désigner l’ensemble du peuple d’Israël et son patrimoine culturel et religieux.

Israël subit donc de nombreuses invasions dont la dernière fut celle des Romains en 63 avant J.C  menée par le Général Pompée. Les Romains supportaient mal les révoltes locales et en particulier celles d’Israël. La domination d’un petit nombre de Romains sur de très larges territoires était fondée sur une pacification obtenue par une répression violente combinant esclavage, crucifixions, massacres et destructions appelée aussi « Pax Romana. ». La Pax Romana pouvait aussi être vue comme l’abandon des  prérogatives des peuples sur leur territoire en échange d’une protection contre les barbares et du bénéfice des avancées de la civilisation romaine.

La Judée illustra bien la technique répressive des romains ; ainsi en 70, ils détruisirent le Temple de Jérusalem  et en 135  après la révolte de Bar Kokhba, ils détruisirent Jérusalem, expulsèrent le peuple d’Israël hors de Judée et changèrent même le nom de la Judée en « Terre des Philistins » (qui furent selon la tradition les ennemis d’Israël) soit Palaestina ou Palestine.

 

Cette expulsion ou dispersion ou diaspora a permis de facilité l’expansion du christianisme et de son corollaire « l’antisémitisme. »

 

II- LES PRECURSEURS DU SIONISME

 

Les facteurs culturels, la langue, l’histoire, les traditions, la religion mais aussi de façon importante  l’antisémitisme ont permis de préserver ou d’imposer la spécificité du peuple Juif. L’antisémitisme tenace à entretenu les idées d’un retour à une terre propre au peuple juif. Le sionisme est un ensemble de courants de pensée qui préconisent le retour à la terre d’origine le plus souvent pour fuir les persécutions antisémites.

La fin du dix-huitième siècle et le début du dix-neuvième est marquée par une nette opposition entre le libéralisme naissant en Europe occidentale et la dureté des régimes d'Europe Centrale et Orientale. Alors qu'un décret Napoléonien  émancipait politiquement les Juifs en Europe occidentale en 1806, haine, injustice, pogroms et discrimination s’accroissaient  en Europe Centrale et Orientale. Les idées libérales pénétrèrent malgré tout en Europe centrale avec les percées napoléoniennes. Napoléon Bonaparte fut l’un des premiers à appeler "les Juifs à se rallier sous ses drapeaux pour restaurer l’antique Palestine.  Il envisageait même de créer un Etat Juif. 

Henri Dunant, le fondateur de la Croix-Rouge, aurait proposé la création d'une "Société Internationale pour l'Orient" dont la tâche serait de rénover l'agriculture, d’implanter des industries, de reconstruire le port de Jaffa et des voies ferrées afin d’organiser l'immigration de Juifs en Palestine. 

Parmi les Juifs précurseurs du sionisme, on peut citer le talmudiste Zvi-Hirsch Kalischer qui publia en 1862 un ouvrage dans lequel il écrivit que le retour en Palestine ne pourra s'effectuer par l’agriculture et créa une société agricole juive à Francfort. A Odessa, Léo Pinsker qui avait assisté à la vague de pogroms qui a suivi l’assassinat du Tsar Alexandre II en 1881, publia en 1882 une brochure appelée « l'Auto émancipation, » et dans laquelle il expliquait que l'antisémitisme était dû à l’absence d’Etat Juif  dont il  préconisait la création.

En 1884, le premier mouvement sioniste pris naissance à Pologne, à Katowice sous le nom des  « Amants de Sion ». Le français Charles Netter, oncle du célèbre professeur de Médecine Arnold Netter, émigra en Palestine et créa en 1880 une école d'agronomie près de Jaffa et le Baron Edmond de Rothschild y finança de nombreux projets.

 

III - NAISSANCE DU SIONISME MODERNE

 

Théodor Herzl fonda le Sionisme moderne, il est  naquit en  Hongrie, vécu à Vienne et était un Juif assimilé à la fois journaliste et écrivain. L’antisémitisme du philosophe allemand Eugen Dühring, les pogroms en Russie, et  l'antisémitisme français illustré par Drumont et par  l'Affaire Dreyfus en novembre 1884,  l’ont amené à considérer une solution politique pour parer à l’hostilité à l’égard des juifs. En 1885, Il écrivit "l'Etat Juif" (Der Judenstaat) dans lequel il présenta les idées suivantes:

1.   Les Juifs, minoritaires partout sont condamnés à supporter l'antisémitisme que leur position minoritaire encourage chez les peuples qui les accueillent

2.   Un Accord international devra garantir aux Juifs un territoire en Palestine 

3.   Une association politique et une compagnie économique, devront être chargées des négociations, du financement et du développement du futur Etat

 

L'association politique a été "l’Organisation Sioniste Mondiale "; et le Fonds National Juif créé en 1899 à Londres, a été cette compagnie économique qui organisa 2 années plus tard la Banque Anglo-Palestinienne.

 

IV – EVOLUTION DU SIONISME

 

A sa mort, Théodore Herzl avait laissé un projet que  Haïm Weizmann et David Ben Gourion, purent réaliser.  Cependant le mouvement sioniste était lui-même divisé entre « les  politiques », suivant les idées de Théodor Herzl sur la nécessité d’obtenir un accord international sur le principe de l’Etat juif et « les pragmatiques » qui considéraient qu'il fallait en priorité s’installer en Palestine et y créer des villages. Les pragmatiques virent leur position renforcée par l’augmentation des pogroms autorisés par le régime tsariste en tant que dérivatif à l’échec de la révolution de 1905.Les sionistes « pragmatiques» donnèrent une réalité à l’implantation en Palestine mais de lourdes menaces pesaient sur les immigrants que seule une solution politique pouvait lever. Le sionisme avait besoin de ce double aspect pragmatique et politique. Haïm Weizman créa l’idée du « sionisme synthétique », alliant le sionisme politique au sionisme pragmatique.

 

V - CONSECRATION DU SIONISME –Soutien opportun de la Grande Bretagne

 

Haïm Weizman né en Biélorussie en 1874, était une haute personnalité scientifique en Angleterre en tant que Directeur de la Recherche scientifique auprès de l’amirauté britannique et inventeur de l’acétone synthétique en 1916 indispensable au maintien de la production d’explosifs au cours de la première guerre mondiale. Il a pu obtenir du Gouvernement britannique une déclaration exprimée par « Lord Arthur Balfour », le Foreign Office Secretary du Premier Ministre David Lloyd GEORGE, le 2 novembre 1917, sous forme de lettre adressée à Lord Rothschild  dont les principaux termes étaient les suivants :

 

« Le gouvernement de Sa Majesté envisage avec faveur l'établissement en Palestine d'un Foyer National (National Home) pour le peuple juif, et fera de son mieux pour en faciliter la réalisation, étant clairement entendu que rien ne sera fait qui puisse porter atteinte aux droits civils et religieux des communautés non juives existant en Palestine, non plus qu'aux droits et au statut politique dont les Juifs bénéficient dans les autres pays ».

Haïm Weizman devint en 1948,  le premier président de l’Etat d’Israël.

Le nom de Balfour doit aussi être lié à l’« Aliens Act » qu’il avait fait voter en  1905,  alors qu’il était Premier Ministre et qui visait à empêcher les Juifs de Russie et de Pologne de venir se réfugier en Grande Bretagne au plus fort des Pogroms dont que nous avons évoqués.

La déclaration du Gouvernement Anglais en 1917 fut  aussi et  dans les faits un moyen en apparence généreux de réguler la circulation des populations Juives d’Europe Centrale en leur trouvant une terre d’accueil.

 

La déclaration de 1917 de Lord Balfour, avait été soutenue par le ministre français des affaires étrangères Stephen Pichon.  Ainsi  le Sionisme fut consacré par deux grande puissances, et quelques mois plus tard, en avril 1920, la toute récente Société des Nations (SDN), c'est-à-dire 42 Etats –fondateurs, confirma,  lors de la Conférence de San Remo,  la déclaration du Gouvernement anglais appelée « Déclaration Balfour », et confia à la Grande-Bretagne le 24 Juillet 1922 (SDN : 51 Etats à cette date) « LE MANDAT » de la Palestine, afin de donner une réalité aux termes de la déclaration anglaise. La Palestine était constituée des actuels territoires d’Israël, de Gaza, de la Cisjordanie et de la Transjordanie.

Israël n’est donc pas né uniquement de la décision de l’ONU en 1947, mais aussi du vote de la SDN en 1920. Puisque le principe de l’Etat Juif était adopté, on aurait pu penser qu’en 18 ans la Grande Bretagne aurait eu assez de temps pour le créer avant 1940 et permettre à une grande partie des Juifs d’Europe d’échapper à l’extermination.

La Grande Bretagne réalisa rapidement que la mise en place du mandat  pouvait mettre en danger la réalisation de ses ambitions sur l’ancien Empire turc, les voies de communications et le contrôle des ressources pétrolières.

 

VI- LE MANDAT – Principaux articles

 « Article 2 : Le mandataire assumera la responsabilité d’instituer dans le pays un état de faits politique, administratif et économique de nature à assurer l’établissement du foyer national pour le peuple juif, comme il est prévu au préambule, et à assurer également le développement d’institutions de libre gouvernement, ainsi que la sauvegarde des droits civils et religieux de tous les habitants de la Palestine, à quelque race ou religion qu’ils appartiennent. »

« Article 4 : Un organisme juif convenable sera officiellement reconnu et aura le droit de donner des avis à l’autorité administrative de la Palestine et de coopérer avec elle dans toutes questions économiques, sociales et autres, susceptibles d’affecter l’établissement du foyer national juif et les intérêts de la population juive en Palestine, et, toujours sous contrôle de l’autorité administrative d’aider et de participer au développement du pays. L’Organisation Sioniste sera reconnue comme étant l’organisme visé ci-dessus, pour autant que selon l’avis du mandataire, son organisation et sa constitution seront jugées convenables. En accord avec le gouvernement de Sa Majesté britannique, elle prendra toutes mesures nécessaires pour assurer la coopération de tous les Juifs disposés à collaborer à la constitution du foyer national juif. »