SOCIETY FOR THE PROMOTION OF A EUROPEAN HUMAN RIGHTS MODEL
MEMORIAL DE CAEN
Visite du Mémorial le 15 Juin 2010
« Plus d'espace Pour La Paix » : dit la publicité
En réalité plus d'espace pour la Guerre
Didier BERTIN
I-Pourquoi plus d'espace pour la Paix ?
Parce que depuis le mois de Mai 2010, le Mémorial de Caen inclut une petite salle discrètement à l'écart du musée après le restaurant et dédiée à des dessins caricaturaux contemporains sur la Guerre et à quelques illustrations des Droits de l'Homme. Et c'est tout. Il s'agit d'une petite exposition appelée « Taches d'opinions ».
II-Pourquoi « en réalité » beaucoup plus d'espace pour la Guerre ?
Parce que l'on a ouvert désormais une salle supplémentaire dédiée au débarquement et à la bataille de Normandie.
Parce que l'on a refait les salles d'exposition dédiées au conflit lui-même et écrit de nouveaux commentaires.
Parce que l'on présenté le conflit au-delà des frontières européennes, alors qu'auparavant les autres pays et autres victimes étaient oubliées au Mémorial.
Parce qu'enfin on laisse plus d'espace à la description de la barbarie raciale et à la Shoah. Le Mémorial de Caen était relativement discret sur la Shoah précédemment, ce qui était choquant.
III -Toujours aussi peu d'esprit de paix
On ne prépare pas les esprits à la Paix en se contentant de montrer la sculpture d'un pistolet dont on a noué le canon dans le jardin du Mémorial. On prépare les esprits à la Paix en montrant comment le Nationalisme et l'esprit revanchard et guerrier nous ont fait rater des occasions de Paix et ne nous ont pas permis d'entendre les visionnaires de la Paix et de l'Union.
Il faut prendre nos responsabilités d'autant plus que l'Europe est aujourd'hui une réalité et l'Allemagne notre plus proche partenaire.
J'avais suggéré que l'on valorise le mécanisme de Paix au Mémorial de Caen et ce n'est pas le cas, J'avais demandé que l'on parle de la République de Weimar, du Traité de Versailles et de ses conditions, comme le fait brièvement et clairement le petit musée canadien de Juno Beach, et que l'on fasse honneur à Aristide Briand et Gustav Stresemann ayant ensemble reçu le Prix Nobel de la Paix le 10 Décembre 1926.
Dans le Mémorial, sur les murs de la descente qui mène aux salles dédiées « très utilement » à la description de la violence et de la guerre, on voit quelques photos sans explications et sans lien.
Une photo de Gustav Stresemann décrit en toutes petites lettres comme une ministre allemand ayant participé au rapprochement avec la France.
Puis une autre photo où l'on peut deviner Aristide Briand en session à la S.D.N au milieu d'autres personnes à condition de le connaître déjà.
Plus loin une autre photo à Rethondes, puis une représentation de la réunion pour la signature du traité à Versailles.
Le traité de Versailles est décrit en DEUX LIGNES que l'on ne peut comprendre qu'à condition de déjà le connaître. Il est simplement écrit :
La jeune République de Weimar est contrainte de signer un accord humiliant, paix sans concessions des vainqueurs que l'opinion publique allemande qualifie de Diktat.
Quelques mots de commentaire enregistré au petit musée Canadien de Juno Beach en disent beaucoup plus.
Le chauvinisme, l'entêtement, l'obstination, l'esprit de revanche, les vues à court terme, l'esprit du XIXe siècle et l'appât irréaliste de l'argent préparaient à Versailles le second conflit mondial qu'Aristide Briand, Gustav Stresemann et les américains Charles Dawes, Prix Nobel de la Paix en 1925 et Owen Young tentèrent d'empêcher en évitant en vain de paver la voie du Nazisme.
Ci-dessous: Aristide Briand - Gustav Stresemann - Charles Dawes








