SOCIETY FOR THE PROMOTION OF A EUROPEAN HUMAN RIGHTS MODEL
2e partie sur 4 actualisée au 30/03/10 - Didier BERTIN
VII –COMPORTEMENT HOSTILE DE LA GRANDE BRETAGNE JUSQU’EN 1945
1-De la déclaration de Lord Balfour au Mandat Britannique
Soucieuse d’étendre son Empire aux zones contrôlées par la Turquie, la Grande Bretagne tentait de susciter chez les arabes des mouvements nationalistes supposés se placer au dessus des traditionnels conflits tribaux. Pendant la Guerre de 1914-1918, le colonel Thomas Lawrence du service d'espionnage militaire britannique attisa la révolte des Arabes contre les turcs et unifia leurs forces armées contre eux.
Après avoir favorisé la chute de l’Empire Ottoman en créant des nouveaux nationalismes arabes et en choisissant leurs dirigeants, la Grande Bretagne voulait en affermissant ses relations avec les Etats arabes, maintenir son contrôle sur une grande partie des territoires précédemment sous le contrôle turc et en particulier sur les zones pétrolières et les de voies de communication. Le démantèlement de l’Empire du Turc au profit de la Grande Bretagne, de la France et de la Russie fut l’objet du traité de Sèvres de 1920.
La déclaration de Lord Balfour et le mandat confié par la SDN, devinrent une
gêne pour les intérêts propres à la Grande Bretagne. On peut penser qu’elle n’a cependant pas renoncé au mandat pour garder le contrôle de la situation.
2-Hostilité de la Grande Bretagne à l’application de son mandat et lutte contre les réfugiés juifs au cours de la seconde guerre mondiale
La grande Bretagne s’opposa progressivement à l’Etablissement d’un Etat Juif en Palestine, en contravention avec les termes de la déclaration de Lord Balfour et du mandat de la SDN. Cette opposition fut exprimée dans 3 livres blancs édités en 1922, 1930 et 1939.
En 1922 le livre blanc du Gouvernement de Winston Churchill établit en très crus que la Palestine ne devait pas devenir « aussi juive que l'Angleterre est anglaise », et souhaita plutôt créer « un centre auquel le peuple juif dans son ensemble puisse, pour des raisons de religion ou de race, éprouver de l'intérêt et de l'orgueil et puisse y immigrer dans la limite de la capacité d'intégration du pays ».
Le principe d’une présence Juive était en principe maintenu, mais devenait subsidiaire à la présence arabe. Winston Churchill modifia donc unilatéralement les termes du mandat de la SDN.
La publication du Livre Blanc de 1930 fit suite aux émeutes du 21 octobre organisées par le Grand Mufti de Jérusalem, « Hadj Amin El Husseini ». Pour la Grande-Bretagne, ces troubles n'étaient que la conséquence du développement du Foyer National Juif et signifiaient qu'il fallait donc réduire le nombre d’émigrants juifs et l'acquisition de terres par les juifs.
En 1937, la Grande Bretagne proposa un partage irréaliste de la Palestine comprenant des transferts de populations, entre une bande côtière, une partie de la Galilée et l’établissement d’un corridor jusqu’à Jérusalem pour permettre aux les Juifs d’y accéder. De toute façon les Arabes refusèrent cette proposition.
Les Anglais pouvaient ainsi prétendre en 1938, que le partage était impossible et publièrent un 3e Livre Blanc le 17 mai 1939 qui consacrait les revendications des Arabes, et limitaient définitivement l'immigration Juive à 75 000 nouvelles personnes étalées sur 5 ans correspondant exactement à la période de la guerre. Toute nouvelle immigration devait ensuite être autorisée par les autorités arabes. Cette décision ne prenait donc pas en compte de la montée de l’antisémitisme en Europe et tout particulièrement en Allemagne.
Face aux persécutions nazies en Europe dont les conséquences furent amplifiées par le refus des Anglais d'autoriser l'immigration en Palestine, la solution adoptée par l’agence Juive fut l'immigration clandestine appelée « Alyah Bet » ou «Ha’apala ». Les anglais réagirent en annonçant leur intention d’arrêter et de déporter les réfugiés juifs clandestins. Ainsi en 1942, le navire « Struma » coula avec ses 768 réfugiés d’Europe après avoir été repoussé au large de la Palestine par les Anglais.
3-Début de partage unilatéral de la Palestine par la Grande Bretagne
La Grande Bretagne avait soutenu la révolte arabe de 1916 contre les autorités turques, menée par le Chérif Hachémite de la Mecque, Hussein Ibn Ali. Au titre de ses liens avec Hussein Ibn Ali, la Grande Bretagne décida unilatéralement en 1921 de confier les trois quarts du territoire objet de son Mandat, c'est-à-dire la Transjordanie ou l’actuelle Jordanie (Rive gauche du Jourdain jusqu’à l’Irak) à l’un de ses quatre fils, l’Emir Abdallah. De la même façon, elle confia le
Royaume d’Irak (hors du Mandat) à un autre de ses fils, Fayçal, après avoir tenté de lui donner la Syrie.
La Transjordanie dont la superficie est de 89 342 km2 essentiellement composée de territoires arides avec un accès à la mer rouge et une population essentiellement palestinienne aujourd’hui, représentait 76% du territoire objet du mandat d’une superficie totale de 117 634 km2.
Les anglais ont donc pris une initiative unilatérale majeure en 1921 en ce qui concerne le partage de la Palestine. Ils prirent avantage de l’article 25 du mandat qui leur donnait une certaine liberté sur la Transjordanie , sous réserve de l’accord du Conseil de la SDN. Ils donnèrent tune apparent indépendance à la Jordanie en 1945.
VIII - DIVERGENCES FACE AUX ANGLAIS AVANT LA GUERRE
« L'Union Mondiale des Sionistes révisionnistes » fut créée en août l925, par Vladimir Jabotinsky. Ils désiraient obtenir, par une immigration massive en Palestine, une majorité juive et sur les deux rives du Jourdain pour y établir par la force un grand Etat juif. En 1935 les Révisionnistes, c'est-à-dire les extrémistes, se retirèrent de l'Agence Juive, dont le rôle était celui d’un gouvernement provisoire Juif en Palestine et créèrent la NZO (Nouvelle Organisation Sioniste). Vladimir Jabotinsky appelé Zeev Jabotinsky fut le leader le l’ultra extrémisme. Avec une certaine distance , il avait une claire admiration pour Mussolini une admiration distante et s’inspira clairement du fascisme pour créer son organisation paramilitaire. Les idées d’extrême droite de Vladimir Jabotinsky étaient en opposition à celles du mouvement socialiste
ouvrier prédominant à l’agence juive. L’opposition avec le sionisme officiel fut si grande que certains soupçonnèrent les extrémistes d’avoir inspiré l’assassinat en 1933 Haïm Arlozoroff. Il était un dirigeant socialiste sioniste, membre du bureau politique de l’Agence Juive et jugé trop ouvert à la négociation avec les anglais par les extrémistes. Yitzhak Rabin pourrait être alors le second leader juif après Haïm Arlozoroff, à avoir été assassiné sous l’influence de l’extrême droite.
En 1931, l’Irgoun Tsvai Leoumit « ETZEL », connue sous le nom d’Irgoun, fut créée après par scission avec la HAGANAH, organisation juive de défense et jugée insuffisamment agressive. Les actes de violences de l’Irgoun détériorèrent plus qu’ils ne l’étaient déjà les relations entres Juifs et Anglais.
Au cours de la seconde guerre mondiale 30 000 Juifs de Palestine s’engagèrent aux cotés des Anglais pour mener la Guerre contre l’Allemagne jugé de loin prioritaire. Cependant un certain nombre de membres de l'Irgoun qui considéraient qu'il fallait continuer la lutte contre les Anglais, et formèrent le groupe extrémiste LEHI (Groupe Stern).
L’opposition s’accrût violemment entre le Groupe Stern et de l'Irgoun d’une part et le bureau du Sionisme officiel d’autre part. L’opposition entre Sionisme officiel et Irgoun allait même continuer après l’indépendance, en Juin 1948 lorsque l’armée israélienne coula, sur instruction de Ben Gourion, le navire « Altalena » que l’Irgoun continuait d’utiliser pour importer des armes.