LITUANIE ET SHOAH

LA LITUANIE ET LA MEMOIRE DE LA SHOAH

 Traduction libre de l’anglais

Indications en italique ajoutées pour les lecteurs ne connaissant pas la Lituanie

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Réponse à l’article d’Yves Plasseraud (Enseignant français à l’Université de Vilnius et - Fondateur de GDM à

Paris) publié dans VilNews en Octobre 2011

Par Didier Bertin, Président de la “Society for the Promotion of the European Human Rights Model” –

Réponse publiée sur VilNews le 15 Octobre 2011 en première page

Site : http://vilnews.com 

 

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Nous adorons la Lituanie, sa langue si utile et merveilleuse et sa très sympathique population. Le seul problème important de la Lituanie est peut-être son gouvernement.

Il y a encore beaucoup de travail à faire en Lituanie pour organisations de défense des Droits de l’Homme comme la lutte contre le racisme, l’antisémitisme, l’homophobie et la promotion de l’éducation et de l’information qui sont la pierre angulaire de la démocratie pour un Etat-membre de l’Union européenne.

Yves Plasseraud rappelé les importantes critiques qui doivent être faites en Lituanie et qu’il ne partage pas semble-t-il.

  • La tentative d’effacement de la participation des milices lituaniennes dans les pogroms et la Shoah,
  • les autorisations actuelles données par les autorités aux défilés nazis et
  • la création d’un nouveau concept qui met en équivalence la Shoah et les souffrances du peuple Lituanien sous la dictature communiste avec pour conséquence l’effacement de la Shoah dans sa pleine réalité.

Cette nouvelle approche est faite sur la base du nouveau concept de « Double Génocide » et établit une égalité mathématique dénuée de sens Historique, entre des événements de nature très différente et sans relation.

En fait, ce nouveau concept vise à anéantir ou à réduire l’importance de l’un des deux composants de l’équation et qui est dans ce cas la Shoah "comme cela peut-être constaté en Lituanie."

En effet le musée du Génocide de Vilnius (comme l’indique Yves Plasseraud) ne porte que sur l’oppression soviétique et un membre du personnel du musée on nous avait fait clairement comprendre que pour les choses juives nous devrions nous rendre dans un petit chalet en bois loin de là et appelé « Maison verte. »

La  «Maison verte», qui est un très petit musée dans vieux chalet se réfère seul à la Shoah. Ce chalet est aussi difficile à trouver que la Shoah dans l’Histoire de la Lituanie.

Toutefois en dehors de ces faits, de nombreux autres ont été oubliés par Yves Plasseraud.

Nous avons aussi été choqués par la restriction des informations sur la Shoah dans le musée attenant au 9e Fort de Kaunas (face au 9e Fort -principal lieu d’exécution des Juifs de Kaunas).

Nous avons eu également l’occasion de prendre connaissance du contenu d’un livre scolaire d’histoire d’un lycéen de 15 ans et nous avons pu voir qu’il était loin d’être aussi fourni que nos livres d’histoires en France. Le livre que nous avons vu était très mince et présentait des versions très simplifiées des événements historiques.

Nous avons compris que le mauvais traitement de l’Histoire était profondément enraciné en Lituanie lorsque nous avons appris que le directeur des relations publiques du Centre du Génocide associé au Musée du Génocide et considéré comme "un" spécialiste confirmé » est aussi le leader actuel d’une importante organisation néo-nazie.

96% des Juifs de Lituanie ont été tués en 4 ans, ce qui est le plus fort taux d’extermination des pays qui ont subi la Shoah et bien sûr 96% de la population lituanienne n’a pas été exterminée dans ces conditions pour pouvoir constituer un Génocide qui de plus puisse être équivalent à la Shoah.

Le peuple lituanien vit activement encore,  alors que le peuple juif y a presque entièrement disparu. Le double génocide est clairement un concept faux probablement développé pour des raisons idéologiques.

Nous sommes du côté des victimes des génocides et sommes donc opposés à la sur-utilisation du mot «génocide» afin de préserver sa signification réelle. La sur-utilisation de ce mot obscurcit la responsabilité des auteurs de «génocides réels» comme la Shoah et les Génocides en Arménie, au Rwanda et au Cambodge.

La Lituanie est le seul pays au monde, qui tente actuellement de poursuivre en justice avec l’aide de la police des survivants de la Shoah et des membres de la résistance anti-Nazi. La raison de ce harcèlement est que les quelques survivants encore en vie ont été témoins de la participation à la Shoah de membres des milices Lituaniennes alors que les autorités lituaniennes veulent les considérer comme des résistants.

Les autorités lituaniennes sont allées trop loin en demandant à Interpol de pourchasser ces héros. Leur dernière requête à Interpol pour poursuivre un survivant de l’Holocauste en Israël a été faite à la fin du mois d’août 2011, avec bien sûr aucun résultat, mais un grand nombre de protestations internationales, qui sont préjudiciables pour l’ensemble du peuple Lituanien (il s’agissait du Président de l’Association des Juifs de Lituanie).

La Lituanie est aussi le seul pays au monde à avoir légalisé en 2010, l’utilisation en public de la croix gammée et cela est  une honte pour toute l’Union européenne et une provocation contre l’éthique européenne.

Ce seul fait est très éloquent et devrait conduire Yves Plasseraud à revoir sa position.

Les défilés nazis dûment autorisés à Vilnius sont totalement intolérables dans l’Union européenne et devrait également être considéré comme une provocation contre l’éthique européenne. Un membre du Parlement et le  «spécialiste confirmé» sus mentionné du centre du Génocide se sont joints à la foule qui constituait ce défilé en mars 2011 à Vilnius pour le jour de l’indépendance Nationale.

En Juin 2011, une conférence a été organisée par le Centre du Génocide dans les locaux du Parlement lituanien. L’objectif de cette conférence a été entre autres la réhabilitation de la LAF (Front activiste lituanien) qui avait initié avec d’autres les pogroms de 1941 qui ont constitué le point de départ de la Shoah en Litunanie.

Le Front Activiste Lituanien FAL et d’autres ont profité du retrait de l’Armée Rouge et du fait que l’armée allemande n’était pas encore arrivée pour assassiner de façon particulièrement barbare 5 000 Juifs en 5 jours du 25 Juin 29 Juin 1941 dans la seule région de Kaunas et des événements similaires de moindre amplitude sont survenus dans d’autres villes.

Le fait qu’aujourd’hui «l’Organisation de la Jeunesse Patriotique» qui utilise le slogan « Dieu merci, je suis blanc » soit subventionnée par les autorités comme c’est aussi le cas d’autres organisations d’extrême droite constitue un autre outrage à  la Charte des Droits Fondamentaux de l’Union européenne.

En fait on pourrait dire que d’une certaine manière il y a bien « un double génocide » en Lituanie, qui est le génocide du peuple juif hier et celui du souvenir de leur martyre aujourd’hui.

La lutte pour le souvenir du martyre du peuple juif ne peut pas être qualifiée de  «gesticulations», comme le dit Yves Plasseraud car c’est un devoir pour quiconque défend les Droits de l’Homme.

Nous voulons aussi respectueusement rappeler aux lecteurs que la Russie (URSS) était notre alliée pendant la Seconde Guerre mondiale et malgré la dictature atroce du communisme, nous ne devons pas oublier le sacrifice de la vie de 13,5 millions de soldats de l’Armée rouge, sans lequel l’Europe occidentale pourrait ne pas avoir été libérée des nazis par les autres alliés de façon certaine. Si les nazis n’avaient pas été vaincus, il n’y aurait pas eu de Lituanie pour retrouver sa liberté en 1990/1991, car il était clair que sa germanisation était dans leur programme.

Pour plus d’informations sur ce sujet vous pouvez consulter : www.DefendingHistory.com, la page pays baltes-pays de www.OperationLastChance.org et www.euro-social-hr.org

Merci et salutations de France,

 

Didier BERTIN

Président de la “ Society for the Promotion of the European Human Rights Model”

 

 Pour le  bon ordre vous trouverez ci-dessous une traduction libre de l’anglais de l’article de Yves Plasseraud:

La Lituanie et la mémoire de la Shoah

Par Yves Plasseraud, Paris-Octobre 2011

Puisse la Lituanie pourrir en enfer pour mille ans! C’est ce que l’on pouvait récemment lire dans une lettre à l’éditeur de VilNews». Cette phrase vindicative, résume en un mot, le langage d’un certain nombre de discours actuels de l’Ouest (notamment israéliens) et de la Russie sur ce pays balte. La raison de cette diabolisation par les auteurs de ces écrits est fondée sur le fait qu’il existe en Lituanie un antisémitisme radical et prétendument ancré.

Pour étayer leur démonstration, ils soutiennent que les «Lituaniens» ont  systématiquement essayé d’occulter leur participation massive à la Shoah en mettant en avant la thèse frauduleuse du soi-disant «double génocide».

Deux de leurs principaux arguments à cet égard sont le soutien de la Lituanie à la Déclaration Prague de  2008 sur la Conscience européenne et le communisme, et d’autre par  le nom et les expositions du Musée du Génocide de Vilnius (axées surtout sur l’oppression de soviétique et peu l’oppression nazie).

Ces deux points sont en effet objectivement contestables et en dépit de nombreux progrès significatifs, il ya évidemment un certain nombre de choses à critiquer dans la gestion lituanienne de la « question juive. »

Rien ne justifie cependant l’intensité de leurs gesticulations et leur la haine «ontologique» contre ce pays, qu’ils manifestent!

Dans ce domaine, la Lituanie n’est certainement pas pire que la plupart des pays postsoviétiques de la région de l’Europe centrale et orientale. Parmi les nations de la région, la Lituanie est sans doute le pays qui a accompli le plus grand pas vers la reconnaissance et l’information des pages sombres de son histoire, et ces critiques semblent systématiquement ignorer ce fait.

La réaction récente du public informé au sujet du récent défilé néo-nazi de Vilnius offre une bonne illustration de cette situation. Si les critiques sévères et exagérées de ces évènements visaient à vraiment aider la société lituanienne à progresser sur la voie de la prise de conscience et de la démocratie, il semble évident qu’ils auraient adopté un langage plus acceptable et plus convaincant.

Ils se seraient également s’adresser au public lituanien et non pas aux médias occidentaux, qui sont fondamentalement très uniformes sur ces questions et en outre privés de tout contact avec la population lituanienne.

Si leur but est vraiment celui d’une amélioration de la situation en Europe centrale et orientale, il semble également qu’ils devraient se concentrer sur ce qui se passe actuellement dans le domaine des droits de l’Homme.

À cet égard, la Russie où le racisme est malheureusement omniprésent et où le révisionnisme historique est souvent une politique d’Etat devrait être une préoccupation centrale!

Au contraire, ils font régulièrement front avec Moscou pour critiquer les petits pays voisins!

Non, leur attitude n’est pas rationnel et provient évidemment d’ailleurs et a d’autres objectifs qui - à ce point - ne sont malheureusement pas très claire.

 

 

anticommunist-museum-of-genocide.jpgmuseum-of-jewish-genocide.jpgMusée du Génocide exckuant la Shoah et vieux chalet réservé à la Shoah