LITUANIE &HERITAGE DU 3E REICH

 

LITUANIE ET HERITAGE DU 3E REICH

 

1er septembre 2011

Lettre ouverte de protestation

adressée aux dirigeants de l’organisation YIVO

à New York

 

Par Didier BERTIN

 

Sujet : Votre intention de faire du Ministre des Affaires Etrangères Lithuanien, votre invité d’Honneur lors de la commémoration dédiée aux Victimes du Ghetto de Vilnius

 

Madame, Monsieur,

Votre intention faire du Ministre des Affaires Etrangères Lithuanien, votre invité d’Honneur lors de la commémoration dédiée aux Victimes du Ghetto de Vilnius qui sera organisée le 22 septembre prochain à votre initiative est à la fois choquante et cruelle pour le Judaïsme. La Lituanie est le seul pays de l’Union Européenne à tolérer et financer des organisations à caractère raciste et néo-nazi.

Je vous demande bien vouloir annuler cette invitation et de trouver un invité d’honneur qui soit plus digne de cette cérémonie, tel qu’un survivant et résistant anti-Nazi ou si cela vous était plus facile d’annuler cette commémoration.

Il existe un nombre de faits récents et accablants qui montrent que la Lituanie cultive l’antisémitisme, le racisme et est devenu le lieu d’Europe où la mémoire du 3e Reich est la plus honorée.

Cette situation a involontairement été accélérée à l’initiative de récents Etats-membres de l’Est de l’Union Européenne par les déclarations faites hâtives de Prague et du Parlement européen de 2008 dans lesquelles le Nazisme a été mis en triviale équation avec les souffrances endurées dans les Pays de l’Est sous l’ère communiste. Cette équation insensée a eu pour effet de mettre en cause le caractère unique de la Shoah dans le cadre d’une Histoire réécrite à l’intention de ces pays. Il n’a pas été difficile pour cela de convaincre des parlementaires européens d’autres Etats-membres majoritairement à droite (à l’exception de la très grande partie des députés allemands qui n’ont pas adhéré à cette déclaration).

Vous devez comprendre, que beaucoup de Lituaniens voient dans les Nazis des libérateurs en 1941 de l’occupation russe de 1940 et de ce fait bénéficient aux yeux de ces lituaniens d’un certains prestige et d’une idéologie respectable. Il est à noter que de 1795 à 1918, la Lituanie faisait partie de l’empire russe.

Officiellement les symboles et démonstrations liés au communisme et au nazisme sont interdits, mais en fait, cette interdiction ne s’applique qu’au communisme.

En 2010, la croix gammées a été dûment légalisée en Lituanie en tant que symbole national et sous des prétextes fallacieux. La Lituanie est devenue le seul pays d’Europe où l’on peut arborer publiquement la croix gammée au moyen de drapeaux ou de brassards. Bien sûr la Lituanie n’a pas l’intention à notre connaissance d’annuler cette nouvelle disposition légale ou de présenter des excuses pour cette attitude outrageante pour les victimes du nazisme.

Des organisations néo-nazies et racistes dont les dirigeants sont célèbres en Lituanie sont traitées avec respect et reçoivent dans certains cas un appui financier de l’Etat. Ces manifestations ne sont apparues qu’après la chute du communisme, en Lituanie mais aussi en Lettonie qui honorent maintenant annuellement la mémoire de ses Waffen SS.

En Juin 1941, l'armée soviétique s’est retirée des villes lituaniennes en raison des progrès de l’armée allemande et une partie de la population locale et les milices Lithuaniennes (LAF) ont mis à profit les quelques jours qui ont séparés le départ des russes de l’arrivée des allemands pour exprimer la force de leur haine antisémite et réaliser le pire pogrom de l’histoire des pays de l’Est.Du 25 au 29 juin 1941, 5 000 Juifs ont été battus à mort par la population et les milices lituaniennes. Il ya eu des meurtres et des violences en 40 autres lieux avant même que les troupes allemandes n’arrivent.Environ 96% de la population juive lituanienne a été massacrée pendant la guerre, ce qui est le plus fort taux d'extermination en Europe rendu possible par l’action des collaborateurs lituaniens.

En plus de la légalisation de la Croix gammée, des défilés néo-nazis dans les rues sont dûment autorisés. Une organisation d’extrême droite et raciste comme la « Jeunesse Patriotique » reçoit des subventions de l’Etat comme participation aux frais de défilés dont le slogan est « Merci Dieu de m’avoir Blanc »et pour leurs activités de propagande organisées dans le camp de Dieveniškės.

Un des dirigeants néo-nazi les plus connus « Ricardas CEKUTIS », est payé par le gouvernement grâce à un emploi de spécialiste des relations publiques au Centre National de Recherche sur le Génocide qui exclut naturellement la Shoah de son champ d’étude. Ce Centre de recherche sur le génocide est associé au musée du Génocide qui exclut également la Shoah. On est poliment informé à l’entrée du musée que pour les «choses juives", il faut se rendre dans une petite maison de bois difficile à trouver et appelée « la maison verte » et dans laquelle la Shoah est mentionnée.

On appelle génocide en Lituanie les troubles et les exils l'exil de l'ère communiste.

Dans un autre musée qui est le passage obligé vers le camp du 9e Fort de Kaunas dans lequel des milliers de juifs ont été massacrés, la Shoah n’est que très peu mentionnée.

M. Ricardas CEKUTIS et le député Kazizmieras UOKA ont obtenu l'autorisation des autorités d’organiser la parade nazie pour la journée de l'indépendance nationale sur les principales artères de Vilnius. Il y a quelques mois, Ricardas CEKUTIS a menacé les juifs dans un journal en indiquant qu’ils jouaient avec des allumettes assis sur un baril de poudre.

Nous ne pensons pas qu’il est possible d’inviter le ministre d’un Etat qui donne un salaire à Ricardas CEKUTIS.

Parmi les autres célèbres organisations néo-nazies, on doit citer « l'Union de la Jeunesse Nationaliste » de. Mindaugas MURZA, un autre célèbre dirigeant néo-nazi. La situation est telle que la revue nazie allemande «Der Stürmer» publit à présent une édition en langue Lituanienne et adaptée à la situation du Pays.

L'attitude de la Lituanie en ce qui concerne l'antisémitisme et la défense du nazisme est aussi révélée par les quatre provocations suivantes dont la dernière date du 30 août 2011.

 

1-Au moins quinze criminels de guerre nazis lituaniens, qui s’étaient réfugies aux Etats-Unis sous de fausses identités ont été déchus de leur citoyenneté américaine en 1990 lorsque leur passé a été révélé et extradés en la Lituanie. Aucun d’eux n’y a été condamné. Seuls trois d’entre eux ont été traduits en justice pour leur participation à la Shoah et pour les deux cas les plus graves, les coupables ont été déclarés médicalement inaptes à subir un procès et ont été laissés en liberté. Il s’agit du commandant de la police Lithuanienne pro-allemande « la SAUGUMAS» Aleksandras LILEIKIS et de son adjoint Kazys GIMZAUSKAS,

 

2-La conférence de Vilnius a organisée les 28 et 29 Juin 2011 par le Parlement lituanien « la SEIMAS »

Le thème officiel de la conférence organisée par le centre de recherche sur le génocide déjà mentionné a été le 70ème anniversaire de la guerre entre l'Allemagne et l'URSS, comme si la deuxième mondiale n’avait concerné que ces deux pays. La Lituanie a indiqué avoir été victime de la guerre, mais ce fut le cas de tous les pays où la seconde guerre mondiale a eu lieu.

En réalité, la conférence visait à réhabiliter la milice lituanienne « LAF », qui a avait été l’initiatrice des Pogroms du 25 au 29 juin et qui ont été des exécutants de la Shoah ensuite. La conférence visait à les présenter comme des résistants anti-russes alors que l’armée rouge s’était retirée d’elle-même en raison de l’avancée des troupes allemandes.

 Le choix de la date de la conférence a été une provocation de plus car il correspondait aussi au 70ème anniversaire des pogroms perpétrés par ces mêmes milices. L’organisation Yad Vashem avait été aussi invitée pour d’obsures raisons mais avait annulé sa participation.

La conférence a été présentée par la députée Irena Degutienė, qui avait honoré un documentaire glorifiant la « LAF » malgré sa participation aux Pogroms et sa collaboration avec les Nazis. Les Pogroms n’ont pas été pris en compte lors de cette conférence. Le Dr Joachim TAUBER (participant allemand) a indiqué à la conférence qu’en 1941 la population lituanienne avait réservé un accueil enthousiaste aux troupes allemandes.

 

3-La police lituanienne continue « aujourd’hui » à chasser des survivants de la Shoah et résistants anti-nazis.

La raison de cet acharnement est que plusieurs des quelques survivants ont dénoncé la participation active à l’exécution de la Shoah de membres de la « LAF » présentés aujourd’hui en Lituanie comme des héros nationaux.

La police lituanienne a ainsi tenté récemment d’inquiéter les personnes suivantes : le Dr. Rachel Margolis (née en 1921), le Dr Yitzhak Arad (né en 1926), Madame Fania Yocheles Brantsovsky (née en 1922).

4- Il y a seulement quelques jours, le 30 août 2011, la Police Lithuanienne a eu l’audace pour cette même raison de demander l'extradition d'Israël de M. Joseph Melamed (né en 1925), survivant de la Shoah et résistant anti-Nazi et qui est le Directeur de l'Association des Juifs Lituaniens en Israël.

Nous devons encore souligner le fait que les déclarations de Prague et du Parlement Européen ont encouragé une réécriture idéologique de l’Histoire à droite et ont affaibli le caractère unique et sacré de la Shoah considérée aujourd'hui comme ne valant pas plus que les événements regrettables de l'ère communiste dans les pays de l'Est. Ainsi assiste-on à ces actes irrespectueux à l’égard des victimes de la Shoah.

En voulant atteindre un ancien allié qui a permis la victoire sur le Nazisme, les crimes des Nazis ont perdu une partie du degré d’abomination qu’ils avaient précédemment. Cette situation est en partie du à l’action du ministre des affaires étrangères Lituanien dont on veut faire maintenant un invité d’honneur.

Ce changement est déjà perceptible dans la correspondance que nous avons échangée avec la Commission Européenne. Ainsi les deux déclarations de Prague et du parlement européen ont sans valeur légale, pollué les esprits.

Afin de neutraliser l’effet de ces déclarations négatif, nous vous proposons de signer une contre-déclaration qui défend la mémoire de la Shoah et qui demande la condamnation toute manifestation en hommage au nazisme sur le territoire de l’Union Européenne.

 

Didier BERTIN

 

2 JULY 2011 - 2 JULLET 2011

VERSION ANGLAISE ET FRANCAISE

ENGLISH AND FRENCH VERSION

 

DECLARATION

 

The content of the “Prague Declaration on European Conscience and Communism” dated 3 June 2008, and the related declaration by the European Parliament of 23 September 2008, having introduced the concept of equivalence of Communism and Nazism, has impaired the specific abomination of Nazism accepted as a universal value in pan-human resistance to the evils of genocide, racism, xenophobia, antisemitism, which generated the unique phenomenon of the Holocaust, and in terms of magnitude of destruction over a few years, on a unique scale in European history.

As a result they have introduced a significant danger of distortion and trivialization of the crimes of Nazism whose effect among others might be the granting of de-facto contemporary encouragement to the current rise of racism, xenophobia, antisemitism and of the resurgence of Nazism in Europe, in total opposition to the ethos upon which the European Union is founded.

Additional pressures are currently being applied by some Eastern members of the European Union to impose upon Europe this distorted combination of a legitimate wish for an improved knowledge of the history under Communist regimes with an irrational supposed equivalence with the Nazi regime. This trivial equation is detrimental for history and ethics and must be rejected.

We declare that:

1

Suffering of Peoples under Communist Regimes

We understand the suffering of the peoples of Eastern Europe under Communist regimes, each of who may legitimately celebrate its recovered freedom from communism.

However, the notion of an imposed pan-European remembrance of the victims of Nazism and Communism together, as this is suggested by the above mentioned declarations, is an attempt to build an artificial equivalence between two different phenomena so that the one serves the other one and is not acceptable.

2

Crimes of Nazis and the uniqueness of the Holocaust

As a result of World War II which was unleashed on Europe and the world by the Nazis and their allies, more than 60 million people lost their lives in the world in only 6 years, and the very large majority of the Jewish European population in Nazi-occupied Europe was murdered by the Nazis and their collaborators, in the frame of a campaign of total eradication of the world’s Jewish population.

Taking into account the unparalleled destruction perpetrated by the Nazis, the monstrousness of the Holocaust and of its racist, anti-Semitic and xenophobic principles, Nazism must keep its specific place in the field of horror which cannot be shared with Communism, without a high risk of distortion impairing ethical references hardly acquired and still very fragile. The specificity of the crimes of the Nazis must always be taken into account and taught by all the institutions.

We draw the attention that the word ‘genocide’ should not be utilized without due care, as we currently notice it in a certain number of Eastern countries, or with a purpose of only challenging the empirical uniqueness of the Holocaust.

The simplistic proposed equivalence between Communism and Nazism conceals the Nazism as paroxysmal phase of racism, antisemitism and xenophobia, impairs the memory of the Holocaust and offers encouragement to dangerous new strains of resurgent racism, xenophobia and antisemitism.

3

The duty of the European Union to prevent any form of resurgence of Nazism

Taking into account the huge sacrifices of the Allies to free Europe from Nazism, the European Union should feel responsible for preventing any resurgence of Nazism or similar movements on any part of its territory and to take sanction against any person who might try to reintroduce it , or its glorification in any form or circumstance.

 

DÉCLARATION

 

La « Déclaration de Prague sur la Conscience Européenne et le Communisme» du 3 Juin 2008, et la Déclaration liée du Parlement Européen du 23 Septembre 2008, ont par l’introduction introduit un nouveau concept simplificateur d’équivalence entre Communisme et Nazisme, remis en question la valeur de référence spécifique et universellement acceptée que représente le Nazisme en termes d’abomination, de racisme, de xénophobie, d’antisémitisme ayant abouti au phénomène unique que représente la Shoah, et d’ampleur de destruction en quelques années, jamais égalée dans l’Histoire de l’Europe.

En conséquence, elles ont introduit un risque important de distorsion et de banalisation des crimes nazis dont les effets entre autres, pourraient être un encouragement de fait à l’actuelle montée du racisme, de la xénophobie, de l'antisémitisme et à la résurgence du nazisme ainsi que nous pouvons le constater en Europe ; en totale opposition avec l'éthique sur laquelle l'Union Européenne a été fondée.

De nouvelles pressions sont actuellement exercées par certains pays de l’Est membres de l'Union européenne pour imposer à l'Europe cette combinaison simpliste d'un désir légitime d’une meilleure connaissance de l'histoire des peuples sous les régimes communistes et d'une irrationnelle mise en équivalence avec le régime nazi. Cette équation simpliste porte préjudice à l’histoire et à la morale et doit être rejetée.

Nous déclarons que:

 

1

La souffrance des peuples sous les régimes communistes

Nous comprenons les souffrances des peuples de l'Europe des pays l'Est sous l’ère communiste et ces pays peuvent légitimement célébrer leur libération du communisme.

Toutefois, le principe d'un jour du souvenir imposé en Europe pour célébrer en même temps le souvenir des victimes du nazisme et du communisme comme le suggèrent les déclarations susmentionnées, procède d’une volonté de mettre artificiellement en équivalence deux phénomènes foncièrement différents afin que l’un serve l’autre et n'est pas acceptable.

2

Crimes nazis et unicité de la Shoah

La Seconde Guerre mondiale provoquée par les nazis et leurs alliés, a entrainé dans le monde la mort de plus de 60 millions de personnes en 6 ans, ainsi que celle de la très grande majorité de la population juive européenne dans le cadre d'une campagne d'éradication totale de la population juive du monde.

 

Compte tenu de cette destruction sans précédent perpétrée par les nazis, de la monstruosité de la Shoah et de ses principes racistes antisémites et xénophobes, le nazisme doit conserver sa place spécifique dans le domaine de l'horreur qui ne peut pas être partagée avec le Communisme sans risque de distorsion portant atteinte à des références morales difficilement acquises et fragiles. Cette spécificité des crimes nazis doit être prise en considération et enseignée par toutes les institutions.

Nous attirons l'attention sur le fait que le mot «génocide» que l’on utilise aujourd’hui largement dans certains pays de l’Est, ne doit être appliqué qu’avec une extrême précaution et en écartant toute idée de vouloir uniquement remettre en cause l'unicité de la Shoah.

La mise en équivalence simpliste entre Nazisme et Communisme obscurcit la vision du nazisme en tant que phase paroxystique de la haine raciste, antisémite et xénophobe, porte ombrage à la mémoire de la Shoah et favorise la résurgence des idéologies racistes, antisémites et xénophobes en Europe.

3

Le devoir de l'Union européenne pour empêcher toute forme de résurgence du nazisme

 

Compte tenu des énormes sacrifices des Alliés pour libérer l'Europe du nazisme, l'Union européenne a le devoir d’empêcher toute résurgence du nazisme ou de courants similaires sur une partie quelconque de son territoire et de prendre des sanctions contre toute personne qui tenterait de le réintroduire, ou de le glorifier, sous quelque forme que ce soit et en toute circonstance.