WANNSEE ET PROCESSUS DE PRAGUE

 

MESSAGE AUX PARLEMENTAIRES SOCIALISTES ET APPARENTES ET DIRIGEANTS SOCIALISTES

28/12/2012

Le 20 janvier prochain sera le soixante-dixième anniversaire de la Conférence de Wannsee.

Nous désirons que ce jour soit une occasion de faire une déclaration marquant une distance avec le processus de Prague qui est issu d’une idéologie très à droite et qui prône une relecture de l’Histoire nuisible à la lutte contre le Racisme. La conférence de Prague avait bénéficié de lettre de soutien de quatre personnalités du monde occidental (Etats Unis, Canada, Royaume Uni et France) dont Nicolas Sarkozy et Margaret Thatcher.

Nous rappelons que :

1-la Shoah est un phénomène unique dont la conséquence est la réduction de la population juive d’Europe à un nombre négligeable aujourd’hui comparativement à 1939,

2-le nazisme est une phase paroxystique du racisme d’Etat et les tentatives de mise en équivalence avec le Communisme opacifient la référence qu’il doit représenter dans notre lutte contre le racisme.

Nous vous proposons de soutenir la déclaration en pièce jointe ou de suggérer des aménagements et modifications qui pourraient faciliter votre soutien.

Je vous remercie par avance de bien vouloir me faire connaitre votre position ou vos suggestions.

Le principe de cette déclaration a reçu le soutien du Centre Simon Wiesenthal (Jérusalem), du Professeur Dovid Katz (Lituanie), du Dr Joseph Melamed, Président de l’association des  survivants Lituaniens en Israël et célèbre résistant et de l’AJPN (Association française regroupant Justes et Persécutés)….

Didier BERTIN


Association pour la Promotion du Modèle Européen des Droits de l’Homme

Association régie par la loi de 1901

 

DÉCLARATION


Le 20 janvier 2012 sera le soixante-dixième anniversaire de la Conférence de Wannsee au cours de laquelle des hauts fonctionnaires du Parti nazi ont froidement décidé d’exterminer la population juive.

Cette décision a été presque entièrement achevée en Europe jusqu’en 1945.

L’extermination de plus de 60% de la population juive européenne et la fuite des survivants ont pratiquement fait disparaitre le Judaïsme d’Europe.

Ainsi la population juive d’Europe qui atteignait près de 10 millions de personnes en 1939, est aujourd’hui inférieure à deux millions de personnes malgré l’arrivée en France des juifs d’Afrique du nord après 1945.

Compte tenu de ce drame jamais égalé en Europe, nous ne pouvons accepter que la mémoire de la Shoah soit entachée et le racisme favorisé de quelque façon que se soit et déclarons :

 

1-Communisme et nazisme


La « Déclaration de Prague sur la Conscience Européenne et le Communisme» du 3 Juin 2008 a, par l’introduction d’un nouveau concept d’équivalence entre Communisme et nazisme, remis en question la valeur de référence spécifique et universellement acceptée que représente le nazisme en termes d’abomination. Cette abomination a été notamment illustrée par l’industrialisation du meurtre, la promotion du racisme en tant que doctrine d’Etat et par la Shoah.

L’ampleur de la Shoah proportionnellement à la taille de la population juive européenne d’avant guerre et sur une période relativement courte de 1940 à 1945, n’a jamais été égalée dans l’Histoire de l’Europe et représente ainsi un phénomène unique.

La déclaration de Prague a ainsi involontairement introduit un risque d’atténuation de la gravité des crimes nazis qui pourrait favoriser en Europe l’actuelle montée du racisme et la glorification du nazisme.

Des pressions, que nous regrettons, sont exercées pour imposer aux instances de l’Union Européenne une combinaison entre «un désir légitime d’améliorer la connaissance de l'histoire des peuples sous les régimes communistes» et «une inadéquate mise en équivalence du Communisme avec le nazisme.»


2-La souffrance des peuples sous les régimes communistes


Nous compatissons aux souffrances des pays de l'Europe de l’Est sous l’ère communiste; ces pays peuvent célébrer leur libération de régimes autoritaires.

Toutefois, le principe d'un jour commun pour célébrer le souvenir des victimes du nazisme et du communisme tel que le suggère la déclaration de Prague, est regrettable car il encourage l’assimilation entre deux phénomènes différents qui méritent chacun une information claire.

 

3-Crimes nazis, unicité de la Shoah et devoir de l’Union Européenne


Le nazisme doit conserver sa place spécifique en tant que phase paroxystique du racisme d’Etat ayant engendré un génocide de nature unique ; son assimilation à d’autres évènements obscurcit sa nature particulière par l’opacification consécutive de la référence qu’il constituait, porte ombrage à la mémoire de la Shoah et peut favoriser le développement des idéologies racistes.

Les instances de l'Union Européenne devraient avoir l’autorité nécessaire pour s’opposer chez chacun de ses membres aux dérives racistes officielles ou tolérées et à la glorification du nazisme.

 

28.12.2011