SOCIETY FOR THE PROMOTION OF A EUROPEAN HUMAN RIGHTS MODEL
BREVES OBSERVATIONS ET SUGGESTIONS A PROPOS DE LA REALITE DEMOCRATIQUE DANS LES PAYS DEMOCRATIQUES (Principale illustration : France) ------------- Didier Bertin – 30 AVRIL 2004
Les représentants des citoyens ne se seraient-ils pas appropriés le bénéfice de la vie
Démocratique ?
Cela peut changer si la conception de la Société change, notamment en réduisant le rôle dominateur de l’Economie pour laisser aux citoyens plus de temps de pour participer à la vie démocratique au lieu d’y renoncer en abandonnant leurs droits à leurs représentants.
Trente ans d’activités financières internationales, m’ont permis de remarquer certaines anomalies dans notre type de société et en particulier sa trop grande dépendance des mécanismes économiques. Je me permets d’en faire part brièvement, sans prétendre faire le chiffrage du fonctionnement d’une meilleure société. Il me semble que ces anomalies, probablement constatées par d’autres, n’ont jamais été considérées avec une distance suffisante du système qui les a engendrées. La prédominance systématique des notions de travail et d’économie qui d’utiles sont devenues morales et prioritaires sur le bien être social, semble réduire la réalité de la démocratie.
· La «Démocratie» a-t-elle un véritable sens pour un individu passant l’essentiel de sa vie dans une «Entreprise » qui est une société de type féodal ou militaire?
· Y’a-t-il des solutions pour que les individus vivent au quotidien et de façon tangible la démocratie?
· Y’ a-t-il une façon de concevoir l’économie pour qu’elle ne soit pas la pierre angulaire de la société et permette à la démocratie et au bien-être des individus d’être considérés en priorité?
Ces points nous semblent être au cœur d’une actualité marquée par un retour du Libéralisme agressif et régressif.
1-EVOLUTION
Le travail est né de la nécessité pour chacun de faire face à ses besoins vitaux. Le travail est donc au service de l’homme et non l’inverse.
Toutefois l’évolution du système économique nous a éloigné de la relation directe entre travail et besoins effectifs. La conception du travail a évolué en passant de simple utilité à celle de valeur dominante et morale.
Dans les pays démocratiques (par la suite les pays développés et se disant démocratiques seront appelés « pays démocratiques »), on adapte l’Education, qui ne joue plus son rôle, aux besoins « temporaires » des entreprises pour tenter d’améliorer l’emploi à court terme, en aggravant, selon nous, le chômage à long terme. La plupart des hommes passent l’essentiel de leur vie à réaliser des actes de production et le travail rythme l’ensemble de l’organisation sociale.
Il semble que l’on ait perdu la maîtrise du travail en se laissant envahir puis dominer par l’économie. Le système économique et monétaire a, au-delà de ses indiscutables avantages, participé à conceptualiser le travail de sorte qu’il échappe au contrôle de ses propres acteurs.
Aucun moyen d’information et d’expression accessible (fonctionnement démocratique) ne permet aux individus de considérer une perspective véritablement différente; cette lacune dans les choix amène les individus à ne désirer, ni exprimer une « réelle » alternative.
2-DEMOCRATIE ET TRAVAIL
a- Liberté et Travail
Le système économique étant imposé à tous, le travail l’est aussi, à moins de s’exclure de la société des hommes, ce qui ne serait pas conforme à la nature humaine. L’enrôlement dans un système pré-établi restreint la liberté individuelle en impliquant notamment « la résignation » au travail tel qu’il est proposé.
Malgré toutes les tentatives de la Démocratie pour s’immiscer dans l’entreprise par l’établissement du « Droit du travail », on constate que le droit de propriété de l’entreprise est un facteur prédominant et que les libertés individuelles « au travail » sont subordonnées à la fois à ce droit de propriété et à l’application de la dynamique économique. Les entrepreneurs privés et publics et le libéralisme auquel ils se réfèrent, excluent la Démocratie du Travail. Le Travail est en fait moins en cause que les valeurs, les priorités et l’organisation qui sont imposées dans notre société.
c- Les moyens d’applications
Le principe de production « intense » (intense, car appliqué à l’essentiel du temps disponible des individus) étant opposé à la nature humaine (dotée d’une capacité de penser, d’apprendre et d’expression), des moyens contraignants et réducteurs ont toujours été appliqués pour y maintenir les individus.
De nos jours ces moyens contraignants sont:
· L’organisation disciplinaire de l’entreprise selon un mode féodal et /ou militaire.
· Le fonctionnement hiérarchique et la recherche du leadership : porte ouverte aux tendances redoutables que donne la possession du Pouvoir.
· La rémanence du modèle seigneurial: Pompe du pouvoir, sanctions dont mesures d’ostracisme : écartement et licenciement.
· Le recours au chantage : Actuellement, le chantage à la délocalisation est particulièrement à la mode. Il s’agît en bref comme dans tout chantage d’obtenir de l’argent des salariés.
· Maintien d’un système économique unique qui oblige les individus à n’adhérer qu’à une seule vérité pour subsister.
Les individus n’ont jamais eu la possibilité de se prononcer sur le choix des caractéristiques du système économique, ni d’être informés de l’existence de réelles alternatives démocratiques.
1- « TEMPS DE TRAVAIL» ET « TEMPS RELATIF AU TRAVAIL »
Avant de parler de démocratie, il faut situer sa place en termes de temps par rapport à celui du travail. L’application de la semaine de 40 heures décidée en 1936 en France a pris quelques dizaines d’années. La réduction symbolique du temps de travail à 39 heures en France a provoqué des protestations, et à 35 heures un blocage et une aversion des détenteurs du pouvoir économique.
La notion de « temps de travail » concerne l’employeur, c’est le temps passé au poste de production. Il est plus significatif du point de vue des individus et de la démocratie, de considérer la notion de « temps relatif au travail » (l’ensemble du temps absorbé) que nous proposons.
En effet, les prix de l’immobilier poussent les populations à s’éloigner des centres des villes et les métropoles s’agrandissent. La rareté des emplois pousse les individus à accepter des lieux de travail éloignés. Les distances entre les domiciles privés et le lieu de travail s’allongent et le temps de transport accroît donc substantiellement le « temps relatif au travail ». De plus, la récupération biologique (sommeil, alimentation, hygiène) augmentent encore le « temps relatif au travail » au point que « le solde de temps libre » est négligeable et vite absorbé par diverses contraintes.
L’ensemble des contraintes est certainement supérieur à 24 heures par jour et bien sûr, au-delà de 24 heures l’excès doit être reporté sur les Week-ends ou les vacances. Les loisirs sont aussi réduits en temps et en qualité « à et par » l’audiovisuel. Le temps disponible pour vivre tangiblement la démocratie se limite à des actions ponctuelles (votes, actions en justice..).
La qualité d’une démocratie pourrait être mesurée par le temps laissé aux individus pour y participer activement.
En fait la démocratie est souvent vécue par délégation. La plupart des individus abandonnent leurs droits à des élus qui les représentent approximativement et qui paraissent s’inscrire dans le système unique. Cette conception n’a pas été très satisfaisante car aucun changement profond n’est intervenu selon nous dans la qualité de la vie démocratique depuis de nombreuses années.
2-RETRAITE : Dernière et seule étape de possible Liberté.
Le temps de travail envahit la vie active des individus lorsqu’ils sont au meilleur de leur forme. L’âge de la retraite a pu être réduit avec difficulté à 60 ans dans certains pays démocratiques. Aujourd’hui cette dernière et seule étape significative de possible Liberté dans la vie des citoyens, est la cible d’un libéralisme agressif qui n’a pas de morale et n’hésiterait pas à associer la totalité de la vie des individus au labeur.
La retraite est l’objet d’un quadruple tir croisé tant en ce qui concerne sa durée, que le montant de pensions :
1. Tentatives directes d’accroissement de l’âge de la retraite
2. Réduction des pensions versées
3. Allongement de la période de cotisations, qui amplifient les mesures 1 et 2.
4. Allongement de la période de référence des salaires pour calculer les pensions.
De 37.5 années, la période de cotisations a été portée à 40 ans, alors que celle-ci commence souvent plus tard pour les individus qui acquièrent une plus longue formation et la période de référence des salaires pour calculer la pension a été portée de 10 à 25 ans en France, afin de faire baisser le salaire moyen de référence.
Une attitude morale dans une démocratie serait d’agir en équité et pour cela de verser aux cotisants ce qu’ils ont cotisé.
Il semble qu’une pension de 50% du salaire ne soit déjà pas équitable sur la base de 37.5 années de cotisations et d’un départ à 60 ans. Si l’on considère un versement sur 19 ans (espérance de vie au-delà de 60 ans), une cotisation de 25% par an devrait approximativement suffire [(19/2)/37.5)], or les cotisations (part salariale et patronale) sont probablement bien supérieures. La mauvaise gestion de l’évolution démographique ne peut pas excuser ou justifier l’iniquité.
S’ils avaient plus de temps à consacrer à l’activité démocratique les salariés feraient sans doute moins de concessions que n’en font leurs représentants. L’espérance de vie des hommes est de 75 ans (un peu plus pour les femmes) et de 60 à 75 ans, l’énergie se réduit progressivement. On peut faire l’hypothèse qu’un départ à la retraite à 60 ans peut procurer un reste de vie dynamique de 10 ans pour les hommes. Dans ce cas, ceux qui veulent porter la retraite à 65 ans, veulent réduire de moitié ce dernier espace de liberté pour les hommes, avant la mort. Il faudrait au contraire avancer l’âge de la retraite. Chaque année gagnée pour la retraite et une année de vie dynamique et libre, gagnée pour les individus. Le respect des impératifs de l’équité et de la démocratie n’est pas un simple exercice de comptabilité, mais requièrent une intelligence innovatrice.
IV- ECONOMIE ET DEMOCRATIE: Invasion ou Harmonisation
1-L’INVASION ECONOMIQUE
Il semble que l’organisation du travail et de l’économie telle qu’elles sont aujourd’hui dans les pays démocratiques, s’opposent au processus démocratique. Ces organisations se donnent une apparence de normalité légitimée et est accompagnée par la renonciation à une réelle activité démocratique individuelle.
La redéfinition de la démocratie inclut un système de priorités de valeurs dans l’intérêt des individus. La démocratie devrait privilégier l’individu et non l’économie qui s’immisce dans le système d’éducation générale l’appauvrissant selon des critères éphémères, ainsi que nous l’avons déjà mentionné.
2-DEMOCRATIE
C’est la volonté de l’ensemble des individus exprimant leur humanité (conscience, pensée, éthique, créativité). L’expression humaniste organisée et coordonnée des aspirations individuelles, est la démocratie.
L’économie est au service de l’Humanité et non l’inverse. Une inversion de ces valeurs atteint l’intégrité du système démocratique et ne permet pas l’harmonie sociale.
L’augmentation des savoirs (Enseignements, Recherche) dans la mesure où elle affine les aspirations de chacun puis de l’ensemble est indispensable à la bonne marche de la démocratie. L’enseignement général favorise le développement individuel et par simple conséquence peut être favorable à un développement économique adéquat.
Le rôle d’élu ne devrait être joué que pour une brève durée afin d’empêcher les dérives du professionnalisme, du goût du pouvoir, voire du narcissisme qui pourraient affecter sa représentativité. N’importe quel citoyen devrait être à tout moment soutenu matériellement pour jouer un rôle de représentant. Cette orientation ouvrirait la voie vers la démocratie active et directe.
3-PRODUCTION
La production est le coté sombre de l’économie. Celle-ci est nécessaire pour répondre aux besoins essentiels des individus. La création de besoins artificiels donne aussi à la production un rôle envahissant sur les priorités humaines et réduit le temps que les individus devraient consacrer à la démocratie. La production doit laisser quotidiennement, suffisamment de temps pour que chaque individu puisse penser, exprimer et réaliser ses aspirations. Chaque individu doit pouvoir régulièrement s’entretenir avec les représentants élus, puis jouer ce rôle de représentant.