IDENTITE SOCIALISTE EN FRANCE FACE AUX PROBLEME DES RETRAITES

Message aux députés Socialistes


RETRAITES - NEGOCIATIONS 2010


Mauvais départ pour notre Parti

 

21 JANVIER 2010

 

Débat  du 11 Janvier entre Jean-François Copé et François Hollande sur France 2 :

François Hollande a indiqué que l’on devait envisager de retarder les départs à la retraite et d’allonger les périodes de cotisation, en prônant l’épargne et  en mentionnant très brièvement le problème de l’emploi des Séniors.  Jean-François Copé  lui a déclaré qu’il buvait ses paroles.                                                   

Nous voudrions rappeler que l’Economie n’est pas de la simple mécanique arithmétique et que nous devons faire preuve de plus de créativité, de compassion en marquant bien notre différence en tant que Socialistes

Si en théorie la prolongation des durées des cotisations et les départs à la retraite couvrent arithmétiquement les déficits des Caisses de retraites, la réalité est moins simple.

 Cette théorie, peu sociale, revient à dire « Qu’il faut travailler plus, pour gagner plus » et nous connaissons maintenant la faible valeur de ce slogan.

Les Entreprises qui sont les principaux acteurs du marché de l’emploi ont un horizon à court terme, préfèrent les effets financiers immédiats et gèrent le personnel en conséquence :

1-Ainsi les durées de cotisations ne peuvent pas être aussi longues dans les faits qu’on le souhaiterait arithmétiquement car les Entreprises déstabilisent les carrières qui deviennent décousues, ce qui tend au contraire à raccourcir les durées effectives de cotisations.

2-Ce phénomène est amplifié  car les Entreprises veulent aussi du personnel malléable et économique, ce qui y rend très précaire la situation des séniors.

3-L’allongement de la l’espérance de vie n’est pas prise en compte en matière d’emploi et donc il faut cesser de mettre en cause ce facteur positif qui prend la forme d’un reproche. La dégradation substantielle de notre couverture médicale pourrait finir par inverser cette tendance.

3-Dans les faits et en dépit des  Lois ou Règlements qui pourront être imposés aux salariés,  leurs  départs des Entreprises tendent à s’accélérer sous toutes les formes quand apparaît la cinquantaine. Nous assistons dans la réalité à un accroissement des départs anticipés à la retraite sous forme de chômage de longue durée jusqu'à la date légale de départ à la retraite.

En conséquence :

La réalité va donc à l’inverse de ce qui est souhaitable arithmétiquement. L’allongement du départ à la retraite entrainerait un accroissement des charges en allocations de chômage pour réduire le déficit  des Caisses de Retraites. Ceci n’est qu’une politique de vases communicants sans intérêt macro-économique.

1-Seul un accroissement de production de richesses pourrait rendre utile une telle mesure, or on ne commande pas le marché et l’Etat ne gère pas les Entreprises ; ainsi on ne peut pas si facilement gagner plus en travaillant plus.

2-Il n’est pas à notre avis non plus dans la vocation du mouvement socialiste de prôner un allongement de la durée du travail, sinon rien ne nous différencierait des autres. Il nous faut trouver de meilleures solutions conformes  à ce que nous voulons incarner.

3-Pour la Droite cette politique pourrait avoir un intérêt cynique car en créant des chômeurs de longue durée on peut en effet espérer qu’ils arrivent en fin de droits avant l’âge légal de la retraite. Ainsi des économies réelles seraient obtenues par  paupérisation d’une partie de la population.

4- Cette politique de paupérisation est une réalité ainsi que l’illustre l’arrivée en fin de droits d’un million de chômeurs de longue durée au cours de l’année.

Si nous avions à l’étranger une identité nationale, elle résidait dans notre système social aujourd’hui largement détruit :

En effet la France est devenue un pays inégalitaire par rapport aux autres pays de l’Union Européenne, ainsi que le reflète son coefficient de répartition du revenu (Index Gini).

Ce coefficient en 2008 s’est élevé à 0.327 soit un chiffre proche de celui de l’antisocial Royaume Uni (coefficient : 0.34).

Plus ce coefficient est grand plus le pays est inégalitaire. La solidarité étant propre au genre humain on pourrait dire qu’il reflète un peu un degré de civilisation ou de décadence.

Nous sommes en termes d’inégalité au 20ème rang des 27 pays de  l’Union Européenne loin derrière la Suède (0.23), la République Tchèque, l’Autriche (0.26), l’Allemagne (0.27) et même derrière l’Italie et l’Espagne.

Il est temps pour notre Parti d’être plus réaliste et plus créatif et de revenir à une identité nationale fondée sur la solidarité.

Amitiés Socialistes

Didier BERTIN

PS – Calvados

21 Janvier 2010