Bilan Union Européenne

  

 

LES RAISONS POUR LESQUELLES  L'UNION EUROPEENNE

 

N'EST PAS UNE GRANDE PUISSANCE

 

Par Didier BERTIN

20 JUILLET 2012

 

L'analyse de ce que représente véritablement l'Union Européenne a pour but  de déterminer si celle-ci a,  en tant que telle, une influence tangible en matière économique et géopolitique sur le reste du monde,  c'est à dire si cet ensemble de pays  peut être considéré comme une grande puissance ou s'il faut s'en tenir dans ce domaine à chaque Etat-membre.

Arithmétiquement l'Union Européenne pourrait représenter  la première puissance mondiale en termes de PIB (USD 17 960 milliards en 2011) devant les Etats Unis (USD  15 060 Milliards) bien qu'en termes de budget de défense (USD  345 milliards) cet ensemble de pays est toujours très loin derrière les Etats Unis (USD 693 milliards) et la Chine (USD 485 milliards). De plus la somme des budgets de défense européens n'a que peu de sens puisqu'ils ne sont pas  coordonnés.

 

1- UNION EUROPEENNE ET OTAN

L'Union Européenne n'a pas d'armée et bien sûr pas non plus de commandement militaire unique et préfère dans le cadre de l'OTAN en ce qui concerne la défense.

Seulement six Etats-membres n'appartiennent pas l'OTAN (Chypre, Malte, la Finlande, la Suède, l'Autriche et l'Irlande) qui regroupe vingt et un  des vingt sept Etats- membres de l'Union Européenne, ainsi que les Etats Unis et d'autres de ses alliés. L'Union Européenne a donc préféré agir prioritairement au sein d'une organisation largement  dominée par le Etats Unis.

 

L'OTAN ET LE RESTE

DU   MONDE

md $

Mn

 

md $

 

PIB

Popul.

% PIB

defense

ZONE USA

USA

15 060

314

4,6

693

CANADA

1 759

34

1,1

19

TOTAL

16 819

348

 

712

PAYS DE L'OTAN HORS UNION EUROPEENNE

TURQUIE

763

80

5,3

40

CROATIE

61

4

2,4

1

ISLANDE

14

0

0

0

ALBANIE

13

3

1

0

NORVEGE

479

5

1,9

9

TOTAL

1 330

92

 

50

LES 21 PAYS DE L'OTAN MEMBRES DE L'UNION EUROPEENNE

ALLEMAGNE

3 629

81

1,5

54

FRANCE

2 808

67

2,6

73

ROYAUME UNI

2 481

63

2,7

67

ITALIE

2 246

61

1,8

40

ESPAGNE

1 537

47

1,2

18

PAYS BAS

858

17

1,6

14

POLOGNE

532

38

1,9

10

BELGIQUE

529

10

1,3

7

DANEMARK

349

6

1,3

5

GRECE

312

11

4,3

13

PORTUGAL

242

11

2,3

6

TCHEQUIE

220

10

1,15

3

ROUMANIE

185

22

1,9

4

HONGRIE

148

10

1,75

3

BULGARIE

54

7

2,6

1

ESTONIE

22

1

2

0

LETTONIE

27

2

1,1

0

LITUANIE

43

3

1

0

SLOVENIE

52

2

1,7

1

LUXEMBOURG

63

0

1

1

SLOVAQUIE

97

5

1

1

TOTAL - 21 U.E.

16 434

474

2%

321

OTAN

34 583

914

3.1%

1083

RESTE  DU MONDE

39 877

6 108

3.1%

1 117

MONDE

74 460

7 022

3,20%

2200

UNION EUROPEENNE

17 960

504

1,90%

345

 

Les pays de l'OTAN représentent 46.4% de l'ensemble des PIB des pays de la planète  et près de la moitié des dépenses militaires mondiales, mais seulement 13% de la population terrestre. La force de l'OTAN qui est coordonnée, permet à 13% de la population mondiale  d'avoir dans le domaine des forces armées,  une prédominance incontestable mise au service des pays les plus riches pour la plus grande partie et d'une doctrine idéologique partisane.

La plupart des membres de l'Union Européenne ont préféré intégrer cette organisation largement dominée par les Etats Unis  dont le budget militaire représente 64% de la somme des budgets militaires de tous les  pays membres de l'OTAN, plutôt que une force de dissuasion propre à l'Union Européenne.

Cette attitude reflète une vision partagée de l'ordre mondial entre la plupart des pays de l'Union Européenne et les Etats Unis et  contribue largement au déficit de substance de l'Union Européenne.

Par ailleurs les dix anciens pays communistes devenus membres de l'OTAN et accueillis dans l'Union Européenne ont renforcé  son ancrage à droite et dans l'OTAN.

Ce mouvement d'intégration de l'Union Européenne dans l'OTAN  a été aussi largement renforcé par la réintégration de la France dans l'OTAN le 17 mars 2009 à l'initiative de Nicolas Sarkozy. Le précédent  retrait de la France de cette organisation  avait pourtant été le choix pour des raisons d'indépendance nationale du fondateur du Gaullisme dont se revendique Nicolas Sarkozy.

Avant 2004 dix des quinze pays de l'Union européennes soit les 2/3 étaient membres de l'OTAN contre 78% aujourd'hui.

 

2-CREATION ET TRAITES      

ELARGISSEMENT ET INTEGRATION

Avant la seconde Guerre mondiale, l'Europe avait  été sourde aux appels des deux "Prix Nobel de la Paix": Aristide Briand pour la France et Gustav Stresemann pour l'Allemagne afin d'éviter de créer des conditions propices au second conflit mondial.

Après la guerre la CECA créée en 1951, avait représenté un premier rapprochement entre les ennemis d'hier  la France, et le Benelux et l'Allemagne et l'Italie qui établissait une zone de libre échange pour le charbon et l'acier.

En 1957, la Communauté Economique Européenne (CEE)  a élargi le champ d'action économique de cette zone de libre échange.

En 1986 l'Acte Unique Européen a eu pour but d'accroitre l'intégration communautaire, de réviser les précédents traités pour aboutir à un véritable marché unique, de donner plus de prérogatives aux institutions communautaires et de clarifier leur fonctionnement. 

En 1992, le traité Maastricht  a fait de la Communauté Economique Européenne, la Communauté  Européenne avec un champ d'action étendu à la politique internationale et de défense et à une collaboration judicaire et policière; une union politique avait aussi été créée  " l'Union Européenne", sans personnalité juridique ni constitution.

En 1997,  le traité d'Amsterdam a clarifié les notions de développement et de droits de l'homme.

La zone Euro a été créée en 1999  et mise en place en 2001; elle comprenait au départ 11 pays  qui sont devenus 17 en 2011.

Le traité de Nice en 2001, a mis en place un système de majorité qualifiée qui tient compte de la démographie des Etats membres et a adopté la Charte des Droits Fondamentaux.

Avide d'expansion et de grands marchés pour ses entreprises, la Communauté Européenne a accru sa  taille et celle de sa zone Euro sans établir de phases de stabilisation suffisantes et sans même vérifier  l'authenticité des chiffres présentés pour rejoindre la zone Euro.

Cette volonté d'expansion est visible au travers des chiffres:

 

ANNEE

1957

1973

1981

1986

1995

2004

2007

2013

PAYS

6

9

10

12

15

24

27

28

 

Le traité de Lisbonne de 2009 a imposé en tant que règle obligatoire l'application de la Chartre des Droits Fondamentaux aux Etats-membres tout en exemptant paradoxalement de son bénéfice les peuples du Royaume Uni et de la Pologne sur la demande de leur gouvernements conservateurs et europhobes,  a élargi le vote à la majorité qualifiée sauf dérogations et  a nommé un représentant des affaires étrangères, a donné une personnalité juridique à l'Union Européenne et remplacé le nom de Communauté par Union dans le traité initial.

 

3- LE PROBLEME DE L'APPLICATION DE LA CHARTE DES DROITS FONDAMENTAUX

Malgré son caractère obligatoire depuis 2009 pour tous les membres de l'Union Européenne sauf pour la Pologne et le Royaume Uni qui l'ont refusé  sans ourtant être exclus de l'Union Européenne, la Charte des Droits Fondamentaux n'est pas véritablement appliquée par tous les Etats membres et il ne semble pas que la commission européenne soit prête à les y contraindre.

Nous constatons la montée d'un certains nombres de courants extrémistes et racistes tolérés ou autorisés par des Etats-membres et de limitations de la liberté d'expression.  Par ailleurs la pauvreté des populations de certains Etats-membres est préoccupante et illustre l'hétérogénéité de l'Union Européenne.

La Hongrie a pu malgré sa politique  dictatoriale, assurer la présidence du Conseil de l'Union Européenne de Janvier à Juin 2011.

Les clauses les plus difficiles à faire respecter sont les suivantes et requièrent des mesures de la part de la Commission Européenne:

Article 11 - Liberté d'expression et d'information

1. Toute personne a droit à la liberté d'expression. Ce droit comprend la liberté d'opinion et la liberté de recevoir ou de communiquer des informations ou des idées sans qu'il puisse y avoir ingérence d'autorités publiques et sans considération de frontières.

2. La liberté des médias et leur pluralisme sont respectés.

Article 12 - Liberté de réunion et d'association

1. Toute personne a droit à la liberté de réunion pacifique et à la liberté d'association à tous les niveaux, notamment dans les domaines politique, syndical et civique, ce qui implique le droit de toute personne de fonder avec d'autres des syndicats et de s'y affilier pour la défense de ses intérêts.

2. Les partis politiques au niveau de l'Union contribuent à l'expression de la volonté politique des citoyens ou citoyennes de l'Union.

Article 21 - Non-discrimination

1. Est interdite, toute discrimination fondée notamment sur le sexe, la race, la couleur, les origines ethniques ou sociales, les caractéristiques génétiques, la langue, la religion ou les convictions, les opinions politiques ou toute autre opinion, l'appartenance à une minorité nationale, la fortune, la naissance, un handicap, l'âge ou l'orientation sexuelle.

2. Dans le domaine d'application du traité instituant la Communauté européenne et du traité sur l'Union européenne, et sans préjudice des dispositions particulières desdits traités, toute discrimination fondée sur la nationalité est interdite.

Article 22 - Diversité culturelle, religieuse et linguistique

L'Union respecte la diversité culturelle, religieuse et linguistique.

Article 30 - Protection en cas de licenciement injustifié

Tout travailleur a droit à une protection contre tout licenciement injustifié, conformément au droit communautaire et aux législations et pratiques nationales.

Article 31 - Conditions de travail justes et équitables

1. Tout travailleur a droit à des conditions de travail qui respectent sa santé, sa sécurité et sa dignité.

2. Tout travailleur a droit à une limitation de la durée maximale du travail et à des périodes de repos journalier et hebdomadaire, ainsi qu'à une période annuelle de congés payés.

Article 35 - Protection de la santé

Toute personne a le droit d'accéder à la prévention en matière de santé et de bénéficier de soins médicaux dans les conditions établies par les législations et pratiques nationales. Un niveau élevé de protection de la santé humaine est assuré dans la définition et la mise en œuvre de toutes les politiques et actions de l'Union.

 

4-LES CONTRAINTES DES PROCESSUS DECISIONNELS

Deux principes  donnent une priorité à l'action des Etats-membres:

a) Le principe de subsidiarité qui restreint les actions des institutions européennes à celles que les Etats ne peuvent pas conduire.

b) Le principe de proportionnalité dégressive qui privilégie les moyens d'actions les moins contraignants pour les Etats-membres.

Ces deux principes peuvent être aussi être utilisés par la Commission européenne pour limiter son action de contrôle en rejetant la responsabilité de la non-application des règles de l'Union Européenne sur les Etats-membres eux-mêmes.

 

5- INSTITUTIONS

A- Le Conseil européen

Le Conseil Européen rassemble les chefs d'État ou de gouvernement de tous les pays de l'Union Européenne qui décident des priorités en matière de politique générale et des grandes initiatives au cours de quatre réunions par an. Le Conseil européen traite aussi des  questions qui ne peuvent être résolues à un niveau inférieur. Il n'a pas le pouvoir de faire adopter des textes législatifs. La présidence du Conseil Européen est assurée aujourd'hui par M. Herman Van Rompuy.

Le Conseil européen montre que les grandes décisions de l'Union Européenne restent le domaine réservé des plus hautes autorités des Etats-membres.

B- Le Conseil de l'Union européenne

Le Conseil de l'Union européenne est l'instance où se réunissent les ministres des gouvernements de chaque pays membre de l'UE pour adopter des actes législatifs et coordonner les politiques. La présidence du conseil de l'Union Européenne est tournante avec un pays différent par semestre. Le Conseil de l'Union européenne  adopte la législation de l'Union Européenne,  coordonne les grandes orientations  politiques et économiques des États membres,  signe des accords avec d'autres pays,  approuve le budget annuel de l'Union Européenne,  définit sa politique étrangère et de défense et  coordonne aussi la coopération entre les tribunaux et les forces de police des États membres.

Les prérogatives additionnées du Conseil européen et du Conseil de l'Union européenne montrent encore une fois que les Etats membres gardent la haute mains sur le fonctionnement de l'Union Européenne et ne désirent pas véritablement transférer de pouvoirs "à une représentation  élue par l'ensemble des citoyens européens tel que le  Parlement Européen." En effet le Conseil de l'Union Européenne et le Parlement partagent la responsabilité de la décision finale sur les projets législatifs proposés par la Commission Européenne.

Le Conseil de l'Union Européenne est indirectement une extension des choix des parlements nationaux et joue le rôle de Parlement Européen. Il partage ses prérogatives avec le Parlement Européen dont les décisions n'ont de poids que si le Conseil de l'Union Européenne a aussi donné son accord. Cet organisme désigné exerce donc "en quelque sorte" une activité de contrôle sur un autre organisme élu.

Lors de votes sur la sécurité, les affaires extérieures ou la fiscalité, le Conseil de l'Union Européenne doit prendre ses décisions à l'unanimité. Cela signifie qu'un seul Etat-membre  peut y opposer un veto.

Le Conseil de l'Union Européenne prend généralement ses décisions à la majorité qualifiée selon des considérations démographiques indiquées ci-dessous:

Pays

Nombre

De pays

Voix   par

pays

Allemagne, France, Italie ,   Royaume Uni

4

29

Espagne, Pologne

2

27

Roumanie

1

14

Pays Bas

1

13

Belgique, Grèce, Hongrie,   Portugal, Tchéquie

5

12

Autriche, Bulgarie, Suède

3

10

Danemark, Finlande, Irlande,   Lituanie, Slovaquie

5

7

Chypre, Estonie,   Lettonie,Luxembourg, Slovénie

5

4

Malte

1

3

TOTAL

27

345

 

Lors des votes, le mode de scrutin à la «majorité qualifiée» s'applique. La majorité qualifiée est atteinte si (i) une majorité des 27 États membres donne son approbation ( majorité des deux tiers si le projet n'a pas été proposé par la Commission), et (ii) représentent un minimum de 255 voix sur 345  et si (iii) les pays favorables représentent au moins 62 % de la population totale de l'Union Européenne (sur demande spécifique).

Ce système doit être simplifié en 2014 par une double majorité  de 55% de votants représentant au moins 65% de la population de l'Union Européenne.

 

A TITRE INDICATIF:  VOTE SELON LE PIB PER CAPITA

Pays

PIB/POP $

Entrée

 

VOIX

%

Cumul

Parti

dominant 

SUEDE

63 556

1995

10

2,9

10

PPE

LUXEMBOURG

63 000

1952

4

1,1

14

PPE

DANEMARK

58 166

1973

7

2

21

S&D

FINLANDE

54 200

1995

7

2

28

PPE

AUTRICHE

53 125

1995

10

2,9

38

S&D

BELGIQUE

52 900

1952

12

3,5

50

S&D

PAYS BAS

50 471

1952

13

3,8

63

ALD

ALLEMAGNE

44 802

1952

29

8,4

102

PPE

FRANCE

42 545

1952

29

8,4

131

S&D

IRLANDE

44 400

1973

7

2

138

PPE

ROYAUME UNI

39 380

1973

29

8,4

167

ECR

ITALIE

36 820

1952

29

8,4

196

Indépendant

ESPAGNE

32 702

1986

27

7,8

223

PPE

GRECE

28 364

1981

12

3,5

235

PPE

CHYPRE

26 000

2004

4

1,2

239

GU/GVN

SLOVENIE

26 000

2004

4

1,2

243

PPE

ESTONIE

23 000

2004

4

1,2

247

ALD

PORTUGAL

22 000

1986

12

3,5

259

PPE

TCHEQUIE

22 000

2004

12

3,5

271

ECR

MALTE

21 000

2004

3

0,9

274

PPE

SLOVAQUIE

19 400

2004

7

2

281

S&D

HONGRIE

14 800

2004

12

3,5

293

PPE

POLOGNE

14 000

2004

27

7,8

320

PPE

LETTONIE

13 500

2004

4

1,2

324

PPE

LTUANIE

10 750

2004

7

2

331

Indépendant

ROUMANIE

8 409

2007

14

4

335

PPE

BULGARIE

7 714

2007

10

2,9

345

PPE

 

Treize des vingt sept pays qui sont les plus riches comprennent les six membres fondateurs et onze des douze pays de la CEE; ils  et détiennent la majorité absolue et la majorité des deux tiers au Conseil de l'Union Européenne.

 

C-La Commission Européenne

La Commission Européenne représente et défend les intérêts de l'Union Européenne dans sa globalité. Elle soumet des propositions législatives nouvelles au Parlement et au Conseil de l'Union Européenne; elle gère le budget de l'Union Européenne, octroie des financements et devrait veiller à l'application du droit européen.

La Commission comprend Vingt sept commissaires, soit  un par Etat- membre, qui sont nommés pour  cinq ans. Le président charge chaque commissaire d'un ou de plusieurs domaines spécifiques.  Le président est désigné par le Conseil européen, qui nomme également les autres commissaires en accord avec le président.

La Commission a un droit d'initiative: La commission propose de nouveaux actes législatifs (qui doivent être approuvés par au moins 14 des 27 commissaires) qui visent, selon elle, à défendre les intérêts de l'Union Européenne dans des domaines ne pouvant être traités de manière efficace au niveau national (principe de subsidiarité).

L'initiative législative est donc en principe le domaine de la Commission. En tant que gardienne des traités, la Commission devrait normalement s'assurer que chaque État membre applique correctement la législation de l'Union Européenne. Dans la pratique  il semblerait qu'un Etat-membre puisse résister à cette application en raison de son importance ou du manque d'intérêt de la Commission qui pourrait souhaiter éviter un conflit.

 

D-Le Parlement Européen

Le Parlement Européen est composé actuellement de 753 députés élus au suffrage universel direct tous les 5 ans  et qui sont supposés représenter les citoyens européens. Le Parlement partage le pouvoir législatif avec le Conseil de l'Union Européenne. Le nombre de sièges sera réduit à 736 lors des élections de juin 2014 et répartis de la façon suivante:

 

Pays

PIB/POP $

Sieges

%

CUMUL

SUEDE

63 556

18

2,4

18

LUXEMBOURG

63 000

6

0,8

24

DANEMARK

58 166

13

1,8

37

FINLANDE

54 200

13

1,8

50

AUTRICHE

53 125

17

2,3

67

BELGIQUE

52 900

22

3

89

PAYS BAS

50 471

25

3,4

114

ALLEMAGNE

44 802

99

13,5

213

FRANCE

42 545

72

9,8

285

IRLANDE

44 400

12

1,6

297

ROYAUME UNI

39 380

72

9,8

369

ITALIE

36 820

72

9,8

441

ESPAGNE

32 702

50

6,8

491

GRECE

28 364

22

3

513

CHYPRE

26 000

6

0,8

519

SLOVENIE

26 000

7

1

526

ESTONIE

23 000

6

0,8

532

PORTUGAL

22 000

22

3

554

TCHEQUIE

22 000

22

3

576

MALTE

21 000

5

0,7

581

SLOVAQUIE

19 400

13

1,8

594

HONGRIE

14 800

22

3

616

POLOGNE

14 000

50

6,7

666

LETTONIE

13 500

8

1

674

LTUANIE

10 750

12

1,6

686

ROUMANIE

8 409

33

4,5

719

BULGARIE

7 714

17

2,3

736

 

En fait en 2014 ce chiffre devrait être augmenté par l'arrivée des  députés croates. Comme nous pouvons le voir dans le tableau ci-dessus la majorité peut être acquise par les onze pays les plus riches représentant aussi onze des douze précédent membres de la CEE. Par ailleurs le nombre de voix au Conseil de l'Union Européenne comme le nombre de sièges au Parlement sont supposés être calculés sur la base des populations de ces pays et pourtant des pourcentages différents sont appliqués. La réforme du vote au Conseil de l'Union Européenne de 2014 apportera plus de clarté.

Le Parlement examine et adopte les actes législatifs européens avec le Conseil de l'Union Européenne,  exerce un contrôle sur les activités des autres institutions de l'Union Européenne, notamment sur la Commission et  examine et adopte le budget de l'Union Européenne  avec le Conseil de l'Union Européenne. Le Parlement exerce "en principe" une  influence sur la désignation de la Commission européenne et peut "en principe" la forcer à démissionner. Il serait toutefois étonnant que le Parlement s'oppose de front au Conseil Européen. Le Parlement examine les rapports de la Commission et demande aux commissaires de rendre compte de leur action.

Le Parlement élu par les citoyens Européen pourrait être l'Institution essentielle de l'Union Européenne, comme c'est le cas des Parlements nationaux, mais en fait, il ne semble être qu'un coûteux parlement d'apparat sans pouvoir d'initiative législative et avec un pouvoir d'adoption des lois à partager avec le Conseil de l'Union Européenne qui encadre dans les faits son activité législative.

Les élections sont à la proportionnelle et sur des scrutins de listes non modifiables; ainsi  les électeurs peuvent se sentir privés de leur droit de désigner directement leurs députés.

Certains députés qui n'ont pu être élus aux Parlements nationaux, peuvent quand même être désignés par leur Parti, pour siéger au parlement européen. De plus le scrutin à la proportionnelle ouvre largement les portes aux Partis extrémistes.

Si l'Union Européenne était une Nation et non une association de pays, le parlement européen aurait un rôle similaire à celui des parlements nationaux, ce qui n'est pas du tout le cas.

Le véritable Parlement Européen est pour le moment l'ensemble des Parlements Nationaux des Etat Membres dont l'orientation peut être perçue au travers des membres du Conseil Européen et du Conseil de l'Union Européenne. Leurs membres sont d'une façon ou d'une autre le reflet des majorités des parlements nationaux.

Toutefois l'ancrage politique du Parlement européen est tellement marqué à droite , qu'un pouvoir non restreint pourrait être incompatible avec les choix de société de certains  Etats-membres.

 

6-L'ORIENTATION POLITIQUE DE L'UNION EUROPEENNE

 

A- PARLEMENT EUROPEEN: REPARTITION DES SIEGES

CONSERVATEURS -DROITE : 472 , soit 62.7% des députés

PPE -Parti Populaire Européen- Droite Europhile: 271

ADL -Alliance des Démocrates et Libéraux -Centre droit: 85

ECR - Conservateur et Réformiste Européen -Droite antifédéraliste: 52

EFD/ELD- Europe Libertés et Démocratie -Droite Europhobe : 34

NI (Non Inscrits et extrémistes divers): 30

 

PROGRESSITES - GAUCHE- VERTS : 281, soit  37.3% des députés

S&D (Socialistes et Démocrates): 189

GU/GVN (Gauche Unitaire/Gauche Verte Nordique): 34

V/AL(Verts/Alliance Libre): 58

 

B-CONSEIL EUROPEEN

CONSERVATEURS -DROITE:19 chefs de gouvernement, soit 70.4% des membres

PPE - Droite Europhile: 15

ADL -Centre droit: 2

ECR-Droite antifédéraliste: 2

PROGRESSITES - GAUCHE: 6 chefs de gouvernements,   soit 22.2% de membres 

S&D: 5

GU/GVN: 1

INDEPENDANTS: 2 chefs de gouvernement, soit 7.4% des membres

 

C-RETENTISSEMENT DES MAJORITES GOUVERNEMENTALES SUR LE CONSEIL DE L'UNION EUROPEENNE

 

PAYS

PIB/

POP $  

ENTREE

 

VOIX 

%   

CUMUL

%          

PARTI

dominant

SWEDEN

63 556

1995

10

2,9

2.9

PPE

LUXEMBOURG

63 000

1952

4

1,1

4

PPE

FINLAND

54 200

1995

7

2

6

PPE

GERMANY

44 802

1952

29

8,4

14.4

PPE

SPAIN

32 702

1986

27

7,8

22.2

PPE

GREECE

28 364

1981

12

3,5

25.7

PPE

IRELAND

44 400

1973

7

2

27.7

PPE

SLOVENIA

26 000

2004

4

1,2

28.9

PPE

PORTUGAL

22 000

1986

12

3,5

32.4

PPE

MALTA

21 000

2004

3

0,9

33.3

PPE

HUNGARY

14 800

2004

12

3,5

36.8

PPE

POLAND

14 000

2004

27

7,8

44.6

PPE

LATVIA

13 500

2004

4

1,2

45.8

PPE

ROMANIA

8 409

2007

14

4

49.8

PPE

BULGARIA

7 714

2007

10

2,9

52.7

PPE

UNITED   KINGDOM

39 380

1973

29

8,4

61.1

ECR

CZECH REP.

22 000

2004

12

3,5

64.6

ECR

NETHERLANDS

50 471

1952

13

3,8

68.4

ALD

ESTONIA

23 000

2004

4

1,2

69.6

ALD

DANEMARK

58 166

1973

7

2

2

S&D

AUSTRIA

53 125

1995

10

2,9

4.9

S&D

BELGIUM

52 900

1952

12

3,5

8.4

S&D

FRANCE

42 545

1952

29

8,4

16.8

S&D

CYPRUS

26 000

2004

4

1,2

18

GU/GVN

SLOVAKIA

19 400

2004

7

2

20

S&D

LITHUANIA

10 750

2004

7

2

2

Indépendant

ITALY

36 820

1952

29

8,4

10.4

Indépendant

 

CONSERVATEURS-DROITE:19 PAYS - 69.6% des voix

PROGRESSISTES-GAUCHE: 6 PAYS - 20% des voix

INDEPENDANTS: 2 PAYS - 10.4% des voix

 

D-LA FORCE DOMINANTE DANS L'UNION EUROPEENNE

La droite est donc la force "largement  dominante" de l'Union Européenne et contrôle sans partage l'ensemble de ses Institutions.

Le PPE (Parti Populaire Européen) qui représente la droite conservatrice Europhile est la force  dominante de cette droite. Le Président de la Commission  José Manuel Barroso et le Président du Conseil Européen Herman Van Rompuy et le quasi-dictateur Hongrois Viktor Horban sont tous vice-présidents du PPE. Herman Van Rompuy est à la droite du Parti de droite  Christen-Democratisch en Vlaams.

José Manuel Barroso a été premier ministre du Portugal en 2002 et n'a semble-t-il pas pris les mesures nécessaires pour empêcher ce pays de plonger dans une crise majeure d'origine structurelle de longue date. Herman Van Rompuy  n'a pas épargné à la Belgique sa crise communautariste et son endettement public impressionnant,  lorsqu'il en a été le premier ministre jusqu'en novembre 2009.

Les présidents des Institutions de l'Union Européenne semblent donc choisis en priorité pour leurs opinions.

Ainsi la vision de droite est le fil conducteur de la politique européenne et a les effets suivants:

  • Prédominance de la politique d'austérité qui consiste en matière de déficit budgétaire à d'abord réduire les dépenses et à mettre au second plan les possibilités d'augmentation des recettes par des corrections fiscales, des réformes sociales ou des mesures de  relance d'activité.
  • Elargissement forcé pour offrir des opportunités de nouveaux marchés aux entreprises au détriment de l'intégration.
  • Volonté de réduire le coût du travail en restreignant la politique sociale.
  • Mauvaise application de la Chartre des Droits Fondamentaux allant jusqu'à en exempter les pays  les plus antisociaux.
  • Publication par  la Commission Européenne d'un rapport très critique sur les idées du Parti socialiste français en matière de retraite et cela au milieu de la  campagne électorale parlementaire de juin 2012. Cette attitude mérite des mesures de rétorsions de la part du gouvernement français, d'autant que ce rapport a été diffusé par les medias français pendant la campagne electorale.
  • Approbation par une majorité du Parlement Européen en 2008 d'une déclaration digne de la guerre froide (relayant celle de  Prague) par  assimilation triviale du communisme au nazisme, opacifiant l'horreur du nazisme et portant ombrage à ses victimes.

L'Union Européenne soutient de façon doctrinaire le capitalisme stricto sensu et tend à rejeter les Etats-membres qui ne partagent pas  ses idées.

L'union Européenne ne peut être dans ces conditions ni une Nation, ni une grande puissance.

 

7-POLITIQUE INTERNATIONALE

Les gouvernements nationaux exercent un contrôle indépendant sur ces questions, mais ils coopèrent ensemble pour élaborer une  «Politique internationale et de sécurité commune».  L'Union Européenne ne possède pas d'armée et la plupart de ses actions sont souvent coordonnées au sein de l'OTAN qui regroupe vingt et un des vingt sept Etats membres de l'Union Européenne.

Afin semble-t-il, que les Etats-membres les plus importants gardent le contrôle de leurs politiques extérieures, l'Union Européenne s'est dotée d'un haut représentant aux affaires étrangères assez effacé.

Les positions de l'Union Européenne paraissent manquer de substance; ainsi l'Union Européenne a d'un coté protesté contre l'emprisonnement depuis le  5 août 2011 de  Ioulia Tymochenko (45.88 % des voix aux élections présidentielles de Janvier 2010) probablement orchestré par son concurrent le Président Viktor Ianoukovytch (48.53% des voix) qui reste totalement indifférent à cette protestation et a été encouragé en cela par la participation sur le territoire Ukrainien, des équipes sportives de tous les Etats membres de l'Union Européenne à l'EURO 2012.

 

8-LE CAS PARTICULIER DES ELECTIONS AU PARLEMENT EUROPEEN

Il s'agit d'un scrutin de liste par circonscription à la représentation proportionnelle à un seul tour , sans panachage ni vote préférentiel.

De 2004 à 2009, le taux d’abstention aux élections européennes est passé  de 45.7% à 57% alors qu'il était de 37% aux premières élections de 1979. En France ce taux est passé progressivement de 39.3% en 1979 à 59.5% en 2009.

L'électorat Européen ne semble pas être dupe des limites du Parlement Européen d'autant plus que comme ceci a été mentionné le parlement ne peut voter que des lois approuvées aussi par le Conseil de l'Union Européenne qui est ainsi et  d'une certaine façon une sorte de parlement européen. Par ailleurs l'ancrage politique très prononcé de ce parlement ne laissent pas beaucoup d'espoir de changement.

 

9-LES DISPARITES DES REVENUS MEDIANS DES MENAGES ENTRE LES PAYS DE L'UNION EUROPEENE

Revenu médians disponible brut des ménages par habitant dans l'Union européenne en 2010 - Source : Eurostat (extraction 20 juin 2012)

 

 

2010

Euros /AN

Euros/MOIS

Valeur/moyenne

1

LUXEMBOURG

32 333

2 694

2,19

2

DANEMARK

25 668

2 139

1,74

3

FINLANDE

21 349

1 779

1,45

4

AUTRICHE

20 618

1 718

1,4

5

PAYS BAS

20 292

1 691

1,38

6

FRANCE

20 058

1 672

1,36

7

IRLANDE

19 882

1 656

1,35

8

SUEDE

19 709

1 642

1,34

9

BELGIQUE

19 464

1 622

1,32

10

ALLEMAGNE

18 797

1 566

1,27

11

Royaume Uni

17 106

1 425

1,16

12

CHYPRE

16 981

1 415

1,15

13

ITALIE

15 937

1 328

1,1

14

ESPAGNE

13 030

1 085

0,88

15

GRECE

11 963

997

0,81

16

SLOVENIE

11 736

978

0,8

17

MALTE

10 458

872

0,71

18

PORTUGAL

8 678

723

0,59

19

TCHEQUIE

7 058

588

0,48

20

SLOVAQUIE

6 117

509

0,41

21

ESTONIE

5 727

477

0,39

22

LETTONIE

4 537

378

0,31

23

POLOGNE

4 405

367

0,3

24

HONGRIE

4 241

353

0,29

25

LITUANIE

4 059

338

0,27

26

BULGARIE

3 016

251

0,2

27

ROUMANIE

2 037

170

0,14

 

Union Européenne

14 751

1 229

1

 

Les disparités sont substantielles et illustrent une hétérogénéité qui serait tout  à fait inacceptable si l'Union Européenne formait une nation. La moyenne de l'union Européenne est basse avec un revenu médian inférieur au salaire minimum français de  1 343 Euros en 2010. Le revenu médian le plus élevé représente 15.8 fois le revenu médian le plus bas. La France occupe le sixième rang devant l'Allemagne qui se trouve au dixième rang seulement et bien sûr devant le Royaume Uni au 11e rang. Les revenus médians des neuf premiers pays sont supérieurs à celui des Etats Unis en 2010 (environ 19 400 Euros).

En dehors de la Slovénie l'ensemble des pays de l'Est restent des pays pauvres après six années en 2010 dans l'Union Européenne et trois  pour la Bulgarie et la Roumanie, mais après vingt années dans le système capitaliste dont il espérait un enrichissement substantiel.

 

10- NOUVEAUX MEMBRES DE L'UNION EUROPEENNE

En 2004 et 2007, l'Union Européenne s'est élargie de quinze  à vingt sept Etats-membres et devrait atteindre vingt huit Etats-membres en 2013, par intégration de la plupart des anciens pays communistes européens (dix en 2007) et de Malte de Chypre .  Cet élargissement soudain de l'Union Européenne a compliqué son administration et l'organisation de ses Institutions et a renforcé son ancrage à droite et dans l'OTAN.

Cet élargissement par absorption hétérogène relève d'un processus de croissance congloméral. La croissance de 80% en termes d'Etats-membres qui a semble-t-il entrainé un certain renoncement non justifié  à des valeurs éthiques importantes, n'a abouti qu'à une faible croissance globale. 

UNION EUROPEENNE - 15 PAYS (avant 2004)

000 000

000 000 000

 

000 000 000 USD

%

taxes

%

%

Population 

PIB USD    

PIB/POP    

 

Budget

Défense

Dette

publique   

Dette

publique/

PIB      

000 000 000

USD    

taxe/PIB 

GINI  

402

16 544

41 154

320

14 023

84.8

7 121

43

31

UNION EUROPEENNE - 27 PAYS (après 2007)

504

17960

35 635

345

14 738.....

82............

7526

42

30

GAP

102

1 416

-5 879

25

715

-2.8

405

-1

-1

 

L' augmentation de 80% du nombre de pays n'a apporté qu'une progression du PIB global de 8.6% et une augmentation de la population de  24.8%.

Le PIB per capita moyen des douze nouveaux membres est de 13 882 dollars contre   41 154 dollars pour l'Europe des quinze. Ces pays étant pauvres, ils  ne sont pas surendettés.  

L'accroissement du nombre d'Etats-membres peut être justifié, au prix du ralentissement de la vitesse d'intégration,  par des raisons sociales et humanitaires fondées sur la solidarité avec des pays en retard de développement, mais ces nouveaux Etats-membres doivent accepter les valeurs démocratiques et sociales de l'Union Européenne et reconsidérer le conservatisme rigide qui nuit à leur développement.

 

11-LES  LIMITES DE L'UNION EUROPEENNE

Le but de l'analyse ci-dessus était de déterminer  si l'Union Européenne pourrait être considérée comme la grande puissance mondiale qu'elle est arithmétiquement ou si en matière économique et géopolitique il était plus opportun de s'en tenir à ses composants: chacun des Etats membres.

Après une phase d'association purement économique, les pays européens ont tenté de créer une Union économique et politique qui puisse rivaliser avec les grandes puissances du moment: Etats Unis et URSS puis Etats Unis et Chine.

La différence entre ces grandes puissances et l'Union Européenne est qu'elles sont ou étaient des nations.

Une nation se caractérise à notre avis par:

  1. Une langue véhiculaire commune,
  2. Un domaine économique commun,
  3. Une monnaie commune,
  4. Une volonté de se faire l'écho d'un ensemble de courants de pensée en Europe où l'héritage historique et identitaire de chaque Etat est à la fois abondant et très ancien et constitue la richesse de l'ensemble et en écartant l'idée d'être le porte drapeau d'une doctrine économique et politique comme cela est le cas actuellement ,
  5. Une autonomie suffisante de chaque Etat européen afin de lui permettre d'appliquer la politique sociale qui convient à son identité,
  6. Des lois fondatrices communes,
  7. Un gouvernement central à l'écoute des différences entre Etats,
  8. Des revenus en harmonie sur l'ensemble du territoire,
  9. Une protection sociale et médicale commune à l'ensemble,
  10. Un système éducatif coordonné,
  11. Des valeurs et une éthique communes,
  12. Une même conception de la justice et de la protection citoyens,
  13. Une force de dissuasion  commune sous un commandement unique,
  14. Une représentation internationale unique et crédible.

 

L'Union Européenne est  donc loin de former une nation, et chaque Etat-membre tient à conserver de larges prérogatives.

Par ailleurs la pensée doctrinaire économique unique et délibérément à droite ne permet pas aux Etats-membres qui le voudraient, d'adopter dans le cadre d'une nation européenne, une politique fondée sur d'autres courants de pensée qui requièrent un rôle important de l'Etat dans tous les domaines de la vie économique et sociale afin d'éviter des crises dommageables au bien-être des citoyens.

  • En dépit de larges subventions les écarts de développement entre le nord et le sud et entre l'Ouest et l'Est restent très  importants car leurs utilisations n'ont pas été suffisamment suivies. Ce manque de rigueur  est aussi visible dans la zone Euro qui a été ouverte à des pays qui n'avaient pas "au départ" les moyens de se conformer aux contraintes qu'impose une monnaie commune. Les anciens pays communistes restent des pays pauvres et pour le moment ni le système capitaliste ni l'Union Européenne ne les ont vraiment enrichis.

 

  • L'Europe n'a pas de véritable Parlement. Toutefois il semblerait qu'une organisation qui laisse la prérogative aux parlements nationaux ou à des organes en émanant, convienne le mieux.
  • Un parlement  Européen puissant imposerait à tous les Etats-membres une politique hautement conservatrice qu'il serait difficile d'assouplir ensuite en faisant intervenir les représentant des Etats-membres aux Conseil Européen et de l'Union Européenne. Les Etats qui souhaiteraient appliquer une politique  progressiste risqueraient d'avoir une marge de manœuvre trop limitée.

 

  • L'Union Européenne a de nombreuses langues vernaculaires mais aucune langue véhiculaire (qui pourrait par exemple être l'anglais à titre pratique compte tenu de l'échec de l'Esperanto);  l'absence d'une langue véhiculaire unique pourrait restreindre l'appropriation de l'Union Europénne aux élites.

 

  • L'Union Européenne n'a pas d'armée et se soumet finalement à l'OTAN. 

 

  • Le trop rapide  élargissement de l'Union Européenne et de sa zone Euro, par absorption sans phase de stabilisation et sans valeurs communes suffisantes pourrait entrainer un délitement identitaire et moral.  

 

 

12-ILLUSTATION PARTICULIERE DE L'ANCRAGE A DROITE DE L'UNION-EUROPEENNE

 

Les Déclarations de Prague du 3 juin 2008 et du Parlement Européen du 23 septembre 2008 et leurs conséquences

Le contenu des Déclarations de Prague du 3 juin 2008 et du Parlement Européen du 23 septembre 2008, qui devait faire le bilan des souffrances vécues par les peuples sous les régimes communistes, a finalement pris une tournure idéologique et partisane très à  droite.  Les partis de progrès auraient pu faire à ce sujet leur propre déclaration en rejetant les  considérations idéologiques et révisionnistes qui concentrent à la fois une haine anti-communiste et le mépris des victimes du nazisme et de leurs libérateurs. Nous avions pour cela proposé aux parlementaires socialistes un projet de déclaration en juillet 2011 qui n'a recueilli que quelques de supports (voir la proposition au paragraphe k).

 

A- La déclaration de Prague du 3 Juin 2008 

La déclaration de Prague du 3 Juin aurait dû être consacrée aux erreurs et crimes des régimes communistes des Pays européens de l'Est, mais a malheureusement été bien au-delà de cette mission en se livrant à une regrettable révision de l'histoire motivée par des convictions idéologiques dont les conséquences sont éthiquement regrettables.

Les lettres d’encouragement de  2008,  de Margaret Thatcher, Nicolas Sarkozy, et de Zbigniew Brzezinski partisan de l’hégémonie américaine par immixtion dans les affaires européennes, laissaient prévoir l’orientation de la déclaration de Prague et du processus qui en a résulté.

Les considérations historiques de référence qui n’étaient ni nécessaires ni justifiées ont ébranlé l’éthique européenne lorsque le Parlement européen a crû devoir aussi faire une déclaration dans l’esprit de celle de Prague.

Par son contenu, la déclaration de Prague perd le fil du bilan critique des graves erreurs, voire des crimes des régimes communistes pour devenir une déclaration politique de droite visant uniquement à porter au plus haut niveau de l’horreur c'est à dire du nazisme, les erreurs des régimes communistes.

A cette fin la Déclaration de Prague a introduit un risque de révision hâtive de la gravité des crimes nazis qui y ont été considérés de façon grossière, comme étant équivalents à ceux du communisme.

Il est pourtant clair que les crimes nazis ont représenté le point culminant de l’horreur comme cela a été déterminé au procès de Nuremberg et par l’ensemble des très longues procédures et investigations qui ont suivi.

Cette révision indirecte de la barbarie des crimes nazis a probablement été  faite pour créer un « effet » symbolisant la forte désapprobation du communisme par les signataires de la déclaration de Prague et leurs partisans.

Il est devenu malheureusement banal de qualifier ce que l’on hait de nazisme pour marquer l’horreur que l’on éprouve, mais cette triviale facilité de langage devient outrageante pour les victimes du nazisme lorsqu’elle est reprise par des institutions dans des déclarations officielles.

Cette forme d’expression reprise par des institutions à la frontière du révisionnisme ou du négationnisme est contreproductive pour les détracteurs des régimes communistes. Tout se passe comme si l’on manquait d’arguments propres à la critique des régimes communistes et qu’il était nécessaire de se référer aux crimes d’un autre régime pour les qualifier. Or les régimes communistes ont commis suffisamment d’erreurs et de crimes pour être critiqués pour ce qu’ils sont.

Cette référence donne à l’analyse des erreurs des régimes communistes une allure propagandiste au détriment des victimes des crimes du nazisme.

Ce qui trahit la trivialité de l’analyse de la déclaration de Prague est la volonté de vouloir rendre les crimes des régimes communistes équivalents à ceux du régime nazi alors qu’ils ne peuvent l’être ni par leur cadres géographique et historique, ni par leurs faits générateurs, ni par leurs objectifs, ni par leurs idéologies sous-jacentes, ni par leurs natures et les motivations de leurs fondateurs.

 

B –Les dangereuses conséquences de la déclaration de Prague et de la déclaration corrélative du Parlement Européen

 

a- L’Union Européenne et la Commission Européenne 

Les déclarations de Prague et du Parlement Européen ont semble-t-il déjà des effets sur les institutions européennes, ainsi que nous avons pu le constater dans nos échanges de correspondances avec le cabinet de Viviane Reding. Le nazisme est perçu à présent comme un régime totalitaire parmi d’autres et est donc banalisé, en perdant de vue  plus d’un demi-siècle de procédures et d’investigations qui l’ont consacré comme étant le paroxysme de l’horreur.

Il semble que la Commission Européenne ait à cet égard des pouvoirs restreints ou qu’elle restreigne elle-même quant aux initiatives des Etats-membres, même si elles ne vont pas dans le sens de ce que souhaite l’Union Européenne ; cela est d’autant plus regrettable qu’il existe une Charte des Droits Fondamentaux riche de sens mais dont l’application reste de facto à la libre initiative des Etat-membres malgré les bonnes intentions du traité de Lisbonne de 2009.

b- LE PARLEMENT EUROPEEN 

De la même façon le parlement européen dans sa déclaration du  23 Septembre 2008 a refait les mêmes erreurs et raccourcis que ceux contenus dans la déclaration de Prague.

Cette déclaration n’engage pas légalement les pays de l’Union Européenne mais reste regrettable a l’égard des victimes du nazisme et à l'égard de ceux qui pourraient se méprendre sur la valeur juridique d'une telle déclaration qui n'a fait qu'être transmise aux parlements nationaux.

c- NAZISME ET COMMUNISME EN BREF 

La déclaration de Prague mêle communisme et sa version pervertie «  le Stalinisme » et omet la responsabilité de l’Europe due à l’offensive et à l’ostracisme dont ont été victimes les pays révolutionnaires de la part des Etats hautement conservateurs. Cette agressivité  a donné naissance à l’esprit de conquête du Premier Empire en France puis à celui de l’URSS. En 1938, la France et le Royaume Uni ont préféré abandonné les Sudètes aux nazis plutôt que de forcer la Pologne à laisser l'URSS  défendre les Sudètes comme ceci avait été proposé.

De plus, le concept certainement critiquable de dictature du prolétariat, sensé représenter le pouvoir donné au peuple démuni est insidieusement confondu avec celui de dictature d’un seul homme comme dans les dictatures fascistes, en jouant sur le mot de dictature.

Après une longue période de mutisme des survivants des camps due à l’incompréhension environnante, de nombreuses procédures et de longues investigations ont permis de faire connaître à tous la réalité du nazisme; aussi les souffrances des victimes du nazisme n'auraient pas dû être utilisées pour faire valoir  celles mêmes légitimes des peuples des pays de l’Est.

 

  • Le nazisme a été le produit du racisme européen ambiant à l’époque de sa création, puisqu’il a été notamment inspiré      d’ouvrages d’idéologues racistes français et anglais. Il a développé les notions de sous-hommes, de surhommes et d’espace vital pour ces derniers. Il voulait être la consécration au plus haut niveau de l’identité du  peuple germanique.
  • Nous sommes donc loin du Communisme et de sa volonté de redonner le pouvoir aux travailleurs de toutes nationalités      pour améliorer leur sort. 
  • Le fondateur du nazisme a  développé un antisémitisme à outrance mais celui-ci faisait déjà partie  des traditions européennes et en particulier à l’Est (Pogroms en Russie Tsariste et en Pologne d'avant guerre et traditions antisémites  enracinées dans nombres de pays occidentaux y compris parmi les élites) 
  • Le Communisme a au contraire  permis de réduire l’antisémitisme violent et de masse dans les pays de  l’Est par rapport à ce qu’il était auparavant et à ce qu’il tend à redevenir. Les mesures antisémites prises par les pays communistes après 1948 n'ont pas eu l'ampleur des violences de l'ère tsariste,  ni de celles du nazisme.
  • Le culte de la mort et l’extermination étaient inscrits dans « Mein Kampf » en ce qui concerne les  Juifs et cela avant la conférence de Wannsee; son auteur était persuadé qu’il était en accord avec "les desseins du Seigneur et de la Nature."
  • Le Communisme ne comporte pas de telles valeurs conceptuelles. 
  • Le Stalinisme qui a été une version pervertie du Communisme, a entrainé la mort et l’exil et l’incarcération d’un très      grand nombre de personnes dans des buts de domination politique alors  que  le nazisme a mis au point  l’industrialisation et la commercialisation de la mort  par la fourniture de services aux  grandes entreprises allemandes et des  méthodes de gestion et des équipements performants ont été mis au service d’une industrie de l'extermination à très haute productivité.
  • Le Communisme n’a pas mené une  politique industrielle de l'extermination.
  • Les  Nazis et leurs alliés ont déclenché un conflit mondial au cours duquel 65 millions de personnes ont  été tuées en 5 ans dont 21  millions de citoyens Soviétiques et 63% de la population juive Européenne.  
  • Le communisme n’a pas engendré  une telle hécatombe en 5 ans.

Le nazisme est bien le comble de l’horreur et doit le rester à titre de référence éthique et il n’est pas un totalitarisme comme les autres ainsi qu’on voudrait en imposer l’idée dans l’Union Européenne.

 

d- La Shoah et le déni de facto de la Shoah

La mise en équivalence du Communisme et du nazisme par les déclarations de Prague et du parlement Européen a probablement pu encourager sur la base de  ce même principe d’égalisation et de banalisation, certains pays de l’Est à prétendre qu’ils avaient été aussi victimes d’un Génocide équivalent à la Shoah.

Dans certains cas cette auto-persuasion a été jusqu’au point de faire passer la Shoah au second plan et même de tenter de l’exclure de l’Histoire. La Shoah a pourtant été réalisée à 91% parmi les populations des pays de l’Est et ces pays en ont été les principaux témoins et parfois les acteurs supplétifs.

  • Avec l’extermination de  6 000 000 de juifs,  la Shoah a été le massacre de  63% des juifs européens et aucun autre génocide ne lui est comparable par  cette ampleur. 
  • La population d’aucun  pays de l’Est n’a été détruite dans de telles proportions et le pays de  l’Est qui a perdu le plus grand nombre de personnes au cours de la   deuxième guerre mondiale, a été l’URSS avec 21  millions de morts sur 170 millions d’habitants soit 12.4% de sa population.

La prétendue existence d’un Génocide dans les pays de l’Est équivalent à la Shoah pourrait avoir parmi d’autres, des motivations antisémites très enracinées dans ces pays malgré la presque disparition des populations juives locales. Par ailleurs la glorifications des Nazis et de leurs agants locaux dans les Pays baltes procèdent à la fois de l'antisémitisme exacerbée et d'une perversion mentale.

Nous devons aussi rappeler que la Shoah n’a été que la phase paroxystique d’un antisémitisme européen bimillénaire.Cette phase paroxystique d’un continuum européen, a abouti à la nécessaire création d’un refuge pour les juifs au Moyen Orient et à ce titre l’Europe a une responsabilité directe dans le conflit du Moyen-Orient aujourd’hui.

La mise en cause de l’ampleur comparée de la Shoah ne peut que conforter Israël dans son rôle de dernier refuge pour le judaïsme mondial et décrédibilise l'éventuelle participation de l'Europe au processus de paix au moyen Orient. 

Des pays de l’Est comme la Lituanie et la Hongrie peuvent trouver dans les Déclarations de Prague et du Parlement Européen un soutien à leur prétention infondée à avoir été victimes d’un génocide équivalent à la Shoah et à développer un concept de double-Génocide.

L’unicité de la Shoah ne se prête par son ampleur en proportion de la population juive d’Europe, à aucune équivoque.

La seule notion de double génocide qui apparaît est celle de la disparition de la mémoire des êtres leur extermination.

Afin de clarifier ce point nous citerons les paroles du leader Bundiste (1) Léon Feiner (2) à Jan Karski (3), lors de leur rencontre à Varsovie en Août 1942 (référence: Mon témoignage devant le Monde de Jan Karski publié en  1944):

"Vous les polonais , vous avez de la chance. Beaucoup d'entre vous souffrent et meurent mais malgré cela votre nation continuera à vivre. Après la guerre il y aura à nouveau la Pologne et vos plaies finiront par cicatriser . De cet océan de larmes , de souffrances et d'humiliations, ce pays , qui a aussi été notre patrie,  se relèvera; seulement nous les juifs, ne serons plus là; notre peuple aura disparu."

(1) Bund:  Algemeyner Yidisher Arbeter Bund in Lite, Poyln un Rusland - Syndicat et Mouvement Socialiste laïque des travailleurs juifs de Lituanie, Pologne et Russie.

(2) Léon Feiner membre la direction du Bund à Varsovie. Il avait transmis à Londres un premier rapport sur les massacres des juifs en Pologne en mai 1942, puis un second rapport en aout 1942 sur la solution finale (Endlösung der Judenfrage).

(3) Jan Karski a été un leader de la Résistance Polonaise dont il a été l'émissaire à partir de novembre 1942 à Londres avec le soutien très appuyé du Gouvernement Polonais en exil. Il a pu témoigner de la situation de la Pologne et de l'extermination des juifs en Pologne auprès d' Anthony Eden, d'autres ministres britanniques, de membres du Parlement britannique et en 1943 à sa création, auprès de  la Commission des Crimes aux Nations Unis. Il a aussi fait part de son témoignage au Président Franklin D. Roosevelt à  la Maison Blanche le 28 juillet 1943 pendant une heure et quinze minutes. Jan Karski avait pu s'introduire à deux reprises dans le Ghetto de Varsovie, puis dans le camp d'extermination d'Ibizica Lubeska près de celui de Belzec.

La prétendue existence d’un autre Génocide équivalent à la Shoah constitue un déni de la Shoah « en tant que telle. »

e) Les déclarations de Prague et du Parlement  Européen pourraient inciter  certains Etats-membres de l'Est à continuer à propager une version déformée de l'histoire:

LITUANIE

  • La Shoah a été pratiquement exclue du Musée National du génocide de Lituanie et du Centre de recherche du Génocide qui lui est associé.
  • Le   responsable des relations publiques du Centre de Recherche du Génocide   subventionné par l’Etat lituanien est un dirigeant du Parti néo-nazi,      et l’organisateur des défilés néo-nazis      dans la ville de Vilnius, le jour de l'indépendance de la Lituanie.    Ses déclarations sur    Diena.lt sont particulièrement choquantes  : « Les juifs jouent      avec des allumettes sur un baril de poudre…, si le Gouvernement ne fait      rien le peuple s’en chargera… ».
  • Un nazisme  de parade et vainqueur est autorisé en Lituanie. 
  • La Lituanie  a légalisé la croix gammée en 2010 en tant que symbole national (Jugement de Klaipeda) et cela sans aucune      protestation de l'Union Européenne.
  • Plusieurs évènements ont été organisé pour réhabiliter la mémoire des collaborateurs du nazisme et participants à la      réalisation de la Shoah pendant la guerre; le dernier sont les funérailles  qui ont été réorganisées avec les honneurs du 17 au 20 mai 2012 du  Président de la Lituanie, collaborateur nazi et participant à l'exécution de la Shoah Juozas Ambrazevicius. Juozas Ambrazevicius a créé le premier camp de  concentration de Lituanie en 1941. Le gouvernement Lituanien a  autorisé cet évènement honteux pour l'Union Européenne.  Les funérailles ont   été reorganisées en l'Eglise de la Résurrection du Christ à Kaunas et une conférence a    été donnée à sa gloire  à   l'Université de Vytautas Magnus dont une salle a été rebaptisée à son nom. Terese  Burauskaite, président du centre de recherche sur le Génocide à naturellement   pris part à ces évènements.
  • Audronius Azubalis, ministre des affaires étrangère, a indiqué qu'il      entendait profiter de la présidence du Conseil de l'Union Européenne en  2013, pour faire valoir le point de vue révisionniste de la Lituanie sur  l'histoire.

 

HONGRIE

  • Alors que le gouvernement de Gauche avait en 2010 avait établi un texte de loi condamnant le déni de la      Shoah, le nouveau gouvernement      totalitaire de droite a, au cours de la même année, supprimé le mot Shoah      de ce texte pour mettre en valeur celui de Génocide qui se      rapporte aussi à celui prétendument perpétré par le régime communiste. 
  • Ce gouvernement de droite a pris des mesures totalitaires limitant la      liberté d'expression et accroissant son contrôle sur les principales      entités du pays.
  • La Commission Européenne n'a pas joué son      rôle et la Hongrie a pu malgré ce comportement accéder à la présidence du      Conseil de l’Union Européenne de Janvier à Juin 2011.
  • Le Président Hongrois      Viktor Orban est semble-t-il toujours vice-président du Parti Européen      PPE, comme le sont MM Barroso et Van Rompuy.

 

HONGRIE -LITUANIE ET AUTRES

  • Depuis  la chute du Communisme, les criminels de guerre de certains pays de l’Est et en particulier de Hongrie et de Lituanie , ont pu revenir vivre leur  retraite tranquillement dans leurs pays d’origine soit volontairement, soit chassés des Etats Unis lorsqu’ils y ont été  démasqués.

Les déclarations de Prague et du parlement européen  ne vont pas faciliter la guérison de l’antisémitisme résurgent ou traditionnel  dans les pays de l’Est, qui est d’autant plus significatif que les populations juives de ces pays ont pratiquement disparu.  De plus la banalisation du totalitarisme nazi ne peut que faciliter la désinhibition  l'extrême droite sur le territoire de l'Union Européenne.

 

f- Néo-Maccarthysme dans les pays de l’Est de l’Union  Européenne

La déclaration de Prague accuse les Partis communistes de ne pouvoir évoluer et encourage les politiques de type Maccarthyste bannissant les Partis communistes, leurs symboles  et leurs partisans.

De telles lois sont en vigueur dans la plupart des pays de l’Est membres de l’Union Européenne en contradiction avec les clauses de la Charte des Droits Fondamentaux sur la liberté d'expression et d'association.

 

g-LA LIBERTE DE L'EUROPE RECONQUISE GRACE A L'URSS

La déclaration de Prague et celle du Parlement Européen ne laisse aucune place au fait que l’Europe doive sa liberté à l’URSS.

Sans les 21 millions de morts de l'URSS dont 13 600 0000 soldats de l’Armée rouge, au cours de la seconde guerre mondiale, l’Europe aurait été difficilement libérée du nazisme.  L’armée rouge a perdu 9.4 fois plus de soldats que l’ensemble des armées des autres pays alliés: de l’ordre de 1 440 000.

L'URSS a pu vaincre pratiquement seule et avec l'aide matérielle des Etats Unis , l'Allemagne grâce à ses sacrifices en détruisant ou neutralisant près de 80% de la Wehrmacht. Pour aboutir à ce résultat l'URSS  a subi seule  85% de l'ensemble des pertes des alliés.

 

h-VERSAILLES - RIGA -MUNICH -RIBBENTROP-MOLOTOV -YALTA

Le partage de territoires européens et en particulier de territoires polonais  n’a pas été décidé par l’URSS et l’Allemagne mais par les dirigeants du Royaume Unis, des Etats Unis et de l’URSS réunis à Yalta : Winston Churchill, Franklin D. Roosevelt et Joseph Staline. C'est à Yalta que l'URSS a vu ses demandes de rectifications territoriales satisfaites. Pourtant les Déclarations de Prague et du Parlement Européen lient le partage de la Pologne aux Accords Ribbentrop –Molotov du 23 août 1939  rompus le 22 juin 1941 ou cherche à établir une convergence de vue entre le Communisme et le nazisme  sans faire l'analyse du contexte de la signature de cet accord que nous tenons à rappeler.

Compte tenu du rejet de tout accord du Royaume Uni et de la Franbce avec l'URSS, Molotov ( (cf. Nikonov 2009) avait jugé l'accord avec l'Allemagne conne indispensable pour gagner du temps sur une guerre inévitable , puisque l'auteur de "Mein Kampf" voyait dans l'URSS, une idéologie à détruire et un espace vital à prendre pour les aryens. Ce gain de temps a permis de rattraper un retard technologique en matière militaire et de déménager les actifs stratégiques à l'Est.

Par les accord du 28 septembre 1939, l'Allemagne envahissait une zone de 22 millions d'habitants essentiellement polonais et l'URSS occupait une zone de 14 millions d'habitant dont plus de 60% n'étaient pas polonais puisqu'il s'agissait notamment de territoires Biélorusses et Ukrainiens devenus polonais en 1919 à la suite du traité de Versailles ou en 1921 à la suite du traité de Riga (guerre Russo-polonaise). A la conférence de Yalta cette zone a pour l'essentiel été concédée à nouveau à l'URSS, tandis que la Pologne recevait des territoires à l'Ouest.

L'Allemagne avait signé un accord stratégique dans le but de préparer la Guerre, alors que la France et le Royaume Uni avait signé un accord honteux en espérant préserver la paix au moins dans l'esprit de la France et du Royaume Uni.

La France et du Royaume Uni ont signé le 30 septembre 1938 les honteux accords de Munich par lesquels la Tchécoslovaquie devait céder les Sudètes à l'Allemagne nazie et par lequel la France ne respectait plus l'accord d'alliance Franco-tchécoslovaque.

Nous rappelons à nouveau qu'avant cela ,  l'URSS, écartée de toute négociation, avait été le seul pays à avoir proposé  de s'opposer militairement à l'annexion des Sudètes par l'Allemagne nazie.  Le colonel Jozef Beck ministre des affaires étrangères de la Pologne et ancien collaborateur du général-dictateur polonais Pilsudski avait bloqué cette proposition et objectivement favorisé les projets de l'Allemagne nazie.

En 1939 le pouvoir en Pologne était toujours entre les mains des militaires: "Régime des Colonels" et cela  depuis le coup d'Etat de 1926 du Général  Pilsudski. Après la mort de Pilsudski en 1935 des colonels de sa Légion continuèrent à exercer un pouvoir autoritaire jusqu'à l'invasion allemande avec Edward Rydz-Simigly  en tant que président. Il est à noter que le régime autoritaire polonais avait reproduit un antisémitisme assez similaire à celui de l'Allemagne nazie d'avant guerre et avait envisagé la déportation massive des juifs hors de Pologne (Cf.  Daniel Tollet -2010).

 

i-La déclaration du Parlement Européen

Faisant suite à la recommandation de la déclaration de Prague, 409 députés de la sixième législature du Parlement européen sur 732 ont signé une déclaration inspirée par celle de Prague, à quelques mois de la fin de leur mandat.

Le mot Stalinisme qui semble plus approprié, a été souvent préféré au mot communisme mais se réfère in fine et de façon générique aux régimes communistes selon les termes du 3e paragraphe de cette déclaration.

La suite de la déclaration consiste en un tragique mélange entre communisme et nazisme à l’image de la déclaration de Prague et encore une fois les accords Ribbentrop-Molotov sont mentionnés en tant que référence sans doute pour illustrer de façon tout à fait absurde la connivence entre le nazisme et le Communisme.

La déclaration du  Parlement Européen et ses réolutions corrélatives propose encore une fois de façon absurde un jour de commémoration unique pour les victimes du communisme et du nazisme et  qui serait le jour anniversaire de la signature des accords Ribbentrop-Molotov soit le 23 août.

Les victimes du Nazisme sont utilisées malgré elles pour donner du poids à l’anticommunisme, alors que comme nous l’avons mentionné le nazisme a été essentiellement défait par l’armée rouge.

Le choix de la date de commémoration proposée peut être ressenti comme un acte de  provocation consciente ou inconsciente à l'égard de ceux qui veulent protéger le souvenir des victimes du nazisme et qui sont ainsi reléguées au même rang que celles du communisme.

Les jours de commémoration qui servent l’intérêt des uns et rejettent celui de l’ensemble des autres sont ressenties comme une injustice. Parmi les victimes privilégiées du nazisme on peut citer sans être exhaustif les Juifs dont près des deux tiers ont été exterminés en Europe, les Tziganes, les francs-maçons, les Communistes, les Soviétiques civiles et militaires, les résistants et les autres soldats alliés.

Il n’est donc pas possible qu’un jour de commémoration exclut qui que soit par la définition des victimes ou par le choix du jour de commémoration et ne peut être déterminé sans l’accord de tous; sans cet accord, cette initiative aurait la couleur du totalitarisme que l’on veut dénoncer par ailleurs.

j-Conclusion

Nous comprenons les souffrances des peuples des pays de l’Est captifs dans leurs pays ou exécutés ou déportés à titre punitif et en tous cas privés de liberté.

Toutefois les déclarations de Prague et du Parlement Européen ne se contentent pas dénoncer les souffrances des populations qui vivaient sous les régimes communistes mais les utilisent aussi à titre idéologique. En effet,  le caractère idéologique de ces déclarations apparaît à la lumière des déformations historiques utilisées dans un esprit offensif. Ces déclarations requalifient la gravité des crimes nazis par une mise en équivalence triviale avec ceux du  communisme qui est outrageante pour les victimes du nazisme.

La défaite du nazisme a été possible grâce au  sacrifice de 13.6 millions de soldats de l’armée rouge, soit 9.4 fois plus que l’ensemble des pertes de toutes les armées de tous les autres pays alliés.

Les déclarations de Prague et du Parlement européen peuvent aussi encourager des dérives délétères comme la désinhibition de l’extrême droite en Europe, la résurgence du nazisme dans les pays baltes et la naissance d’un néo-maccarthysme consacré par des lois en vigueur dans de nombreux pays de l’Est de l’Union Européenne et contraire à la Charte des Droits Fondamentaux de l'Union Européenne.

Nous tenons à saluer le fait que la plupart des députés européens allemands et autrichiens qui sont particulièrement bien placés pour connaître le nazisme et le Communisme, se soient abstenus de signer cette déclaration du Parlement européen.

 

k-Proposition de contre-déclaration soumise en 2011 aux députés socialistes français sans

grand succès et soumise à nouveau  dans le cadre de cet essai.

 

PROPOSITION N°1- FORME LONGUE -68 lignes - 585 mots

DÉCLARATION

 

La « Déclaration de Prague sur la Conscience Européenne et le Communisme»  du 3 Juin 2008 et la Déclaration liée du Parlement Européen du 23 Septembre 2008, ont,  par l'introduction d'un nouveau concept simplificateur d’équivalence entre Communisme et nazisme, remis en question la valeur de référence spécifique et universellement acceptée que représente le nazisme en termes d’abomination, de racisme, de xénophobie, d’antisémitisme ayant abouti au phénomène unique que représente la Shoah, dont l’ampleur destructive sur quelques années, n'a jamais été égalée dans l’Histoire de l’Europe.

En conséquence, elles ont introduit un risque important de distorsion et de banalisation des crimes nazis dont les effets, entre autres, pourraient être un encouragement de fait à l’actuelle montée du racisme, de la xénophobie, de l'antisémitisme en totale opposition avec l'éthique de l'Union Européenne.

De nouvelles pressions sont actuellement exercées par certains pays de l’Est membres de l'Union européenne pour imposer à l'Europe cette combinaison simpliste d'un désir légitime d’une meilleure connaissance de l'histoire des peuples sous les régimes communistes et d'une irrationnelle mise en équivalence avec le régime nazi. Cette équation simpliste porte préjudice à l’histoire et à la morale.

Nous déclarons que:

 

1-Les souffrances des peuples sous les régimes communistes

 

Nous comprenons les souffrances des peuples de l'Europe des pays l'Est sous les régimes communiste et ces pays peuvent légitimement célébrer leur libération du communisme.

Toutefois, le principe d'un jour du souvenir imposé dans l'Union Européenne pour célébrer en même temps le souvenir des victimes du nazisme et du communisme comme le suggèrent ces déclarations, procède d’une volonté de mettre artificiellement en équivalence deux phénomènes foncièrement différents afin que l’un serve l’autre et n'est pas acceptable.

 

2 -Crimes nazis et unicité de la Shoah

 

La Seconde Guerre mondiale provoquée par les nazis et leurs alliés, a entrainé dans le monde la mort de  plus de soixante millions de personnes en six ans, ainsi que celle de la très grande majorité de la population juive européenne dans le cadre d'une campagne d'éradication totale de la population juive du monde.

Compte tenu de cette destruction sans précédent perpétrée par les nazis, de la monstruosité de la Shoah et de ses principes racistes, antisémites et xénophobes, le nazisme doit conserver sa place spécifique dans le domaine de l'horreur qui ne peut pas être partagée avec le Communisme sans risque de distorsion portant atteinte à des références morales difficilement acquises et fragiles. Cette spécificité des crimes nazis doit être prise en considération et enseignée par toutes les institutions.

Nous attirons l'attention sur le fait que le mot «génocide» que l’on utilise aujourd’hui trop largement dans certains pays de l’Est, ne doit être appliqué qu'au sens strict et avec une extrême précaution et en écartant toute idée de vouloir remettre en cause l'unicité de la Shoah.

La mise en équivalence simpliste entre nazisme et Communisme obscurcit la vision du nazisme en tant que phase paroxystique de la haine raciste, antisémite et xénophobe, porte ombrage à la mémoire des victimes de la Shoah et favorise la résurgence des idéologies racistes, antisémites et xénophobes en Europe.

 

3 -Le devoir de l'Union européenne pour empêcher toute forme de résurgence du nazisme

 

Compte tenu des énormes sacrifices des Alliés pour libérer l'Europe du nazisme, l'Union européenne a le devoir d’empêcher toute résurgence du nazisme ou de courants similaires sur une partie quelconque de son territoire et de prendre des sanctions contre toute personne qui tenterait de le réintroduire, ou de le glorifier, sous quelque forme que ce soit et en toutes circonstances.

 

l-PROPOSITION N° 2 - FORME COURTE - 20 lignes -154 mots

écrite aussi en coopération avec le Professeur Dovid Katz

 

PROJET 2

DECLARATION

Nous, élus français, rejetons la déclaration de Prague de 2008 et celle en découlant du Parlement Européen, qui tentent d'imposer dans l'Union Européenne une réécriture de l'histoire qui mettent sur un pieds d'égalité le nazisme et le communisme, et recommandent une journée de commémoration commune pour  les victimes du nazisme et du communisme qui est le jour anniversaire du pacte Germano-Soviétique, c'est à dire le 23 août.

La remise en cause du caractère unique de la barbarie nazie et de la Shoah exacerbe en Europe l'action des mouvements extrémistes de droite, racistes, xénophobes , antisémites et néonazis.

Dans certains Etats-membres de l'est de l'union Européenne,  la mémoire de  collaborateurs nazis  et perpétrateurs locaux de la Shoah,  est  à présent glorifiée au mépris des valeurs de l'Union Européenne.

Les tentatives d'utiliser les Institutions de l'Union Européenne pour imposer des révisions historiques favorables aux thèses de l'extrême  droite rencontreront toujours notre ferme opposition.