NECESSITE DU BREXIT POUR L'UE

 

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LA NECESSITE DU BREXIT DANS L’INTERET DE  L’UNION EUROPEENNE

Didier BERTIN -  10 JUILLET 2016

 

Nous nous référons ci-dessous à l’Angleterre qui est le principal acteur du Brexit

qui va toucher l’ensemble du Royaume Uni.

 

I-Rappel historique et introduction

1-Histoire en bref

Le Royaume Uni est appelé ainsi en raison du contrôle par la Grande Bretagne d’une petite parcelle de l’Irlande (Irlande du nord) dont l’intérêt semble être son maintien dans l’Union Européenne (UE) avec l’Irlande; ainsi le Brexit pourrait réduire le Royaume Uni à la Grande Bretagne. 

L’existence de la Grande Bretagne pourrait à son tour être remise en question à la suite du Brexit par l’indépendance qui sera requise par l’Ecosse afin de lui permettre de rester  dans l’UE. La Grande Bretagne serait alors réduite à l’Angleterre et au négligeable Pays de Galles.

Le Royaume Uni fera ainsi les frais de son intransigeance dans sa volonté d’obtenir le maximum d’avantages en faisant le moins d’efforts de solidarité au point de vouloir dénaturer l’esprit même de l’UE.

L’Angleterre au nom du Royaume Uni avait déjà révélé dans le passé son rejet de l’Europe pour se tourner d’abord vers les restes de son ancien Empire au travers du Commonwealth qui n’est plus aujourd’hui qu’un nom sans réalité économique significative pour la lointaine Angleterre car les alliances se font sur une base de proximité géographique.

L’Angleterre elle-même n’est qu’un pays de 55 millions d’habitants  qui a adopté le multiculturalisme en tant qu’héritage des populations de son ancien Empire venus s’y installer et non pas à cause de la récente vague d’émigration qui aurait conduit au Brexit selon ses partisans. L’Angleterre à une population issue des minorités (principalement Inde, Pakistan, Bengale)  de 7.5 millions soit 14% de la population de sa population. L’Angleterre continue d’attirer des émigrants en raison de son laxisme législatif et social fondé sur la volonté de l’exploitation économique des êtres humains illustrée dans l’Histoire par son action en Inde et  en Irlande. C’est cet état d’esprit qui a d’ailleurs en grande partie donné naissance aux Etats Unis désireux de se libérer du joug anglais.

Sur le plan Urbain qui constitue le fer de lance de l’économie anglaise la situation est amplifiée avec 40% d’émigrés à Londres et Leicester et plus de 30% à Birmingham (l’Angleterre ne compte que sept villes importantes).

Quand Churchill disait qu’il ne voulait pas que la Palestine devienne aussi juive que l’Angleterre est anglaise, il n’imaginait pas que son pays deviendrait moins anglais que l’Angleterre l’était alors.

L’Angleterre est un pays d’une surface très réduite de seulement 130 000 km2 en comparaison à 643 000 km2 pour la France et manquant de ressources qu’elle devait aller chercher dans ses lointaines colonies.

 

2-Les premières relations avec l’Europe

Dans les années soixante l’Angleterre était considérée comme un vassal des Etats Unis comme c’est d’ailleurs toujours le cas, ce qui lui avait valu deux vétos à son entrée dans les communautés européennes en 1963 et 1967 de la part du Général De Gaulle au nom de la France.

 Le Général De Gaulle voulait créer une troisième puissance mondiale qui ne dépendrait ni des Etats Unis ni de l’URSS. Ce n’est qu’après sa mort en 1970 que l’Angleterre a pu rejoindre la CEE en 1973.

 

II -L’Angleterre et l’Union Européenne (UE)

La présence anglaise dans l’Union Européenne a sabordé l’esprit de l’Union Européenne en étant  toujours réticent à l’acceptation de règles communes. L’Angleterre (et par suite le Royaume Uni) a donc accumulé les exemptions aux règles communautaires et n’a jamais été un véritable membre de l’UE mais une véritable tête de pont des Etats Unis dans l’UE qui eux regrettent en conséquence le Brexit.

Le Royaume Uni, membre fictif de l’UE :

 

1 Charte des droits fondamentaux et la législation sociale

L’Angleterre a été sur sa demande exemptée de l’application de la Charte des droits fondamentaux de l’Union Européenne dont l’application est pourtant devenue obligatoire. Cette charte va au-delà des droits de l’Homme et inclut des principes sociaux et de bien être.

Le refus de la Charte par l’Angleterre aurait dû lui valoir son exclusion immédiate de l’Union. Le maintien de l’Angleterre dans l’union n’est pas dû aux règles de L’UE mais à la grande lâcheté de ses autres membres qui lui ont accordé de multiples exemptions sans doute par solidarité entre conservateurs qui ne voient dans l’UE qu’une zone de libre échange. La frontière qui sépare les Europhobes de ceux qui ne voient dans l’UE qu’une association  économique est très floue.

L’Angleterre a même exemptée des directives européennes sur la limitation du temps de travail à 48 heures par semaine.

 

2- Accords de Schengen

Ces accords qui ont pour but légitime de permettre la circulation libre des Européens dans leur espace ne sont pas acceptés par l’Angleterre qui désire conserver sa traditionnelle place de pays hors de l’UE.

En cas de crises sécuritaires ces accords peuvent être aménagés comme c’est aujourd’hui le cas, mais c’est l’idée même de ces accords que l’Angleterre met en cause.

 

3-EURO

L’idée d’une monnaie commune pour un espace économique commun a un sens évident ; mais le rejet de l’idée de l’Union Européenne par l’Angleterre a tout naturellement conduit ce pays à aussi rejeter l’idée d’une monnaie commune toujours pour se maintenir le plus loin possible de l’UE.

L’Angleterre a vu son PNB s’accroitre en 2015 en raison de la volonté de l’UE de faire baisser l’Euro face au dollar et de fait à la Livre ; l’écroulement actuelle de la monnaie anglaise va remettre le PNB anglais à son juste niveau.

 

4-Participation Budgétaire

Depuis 1982 Margareth Thatcher avait obtenu une réduction permanente  de la participation au budget européen.

La participation au budget aurait dû s’élever en 2015 à 23, 6 milliards d’Euros réduite à 17 milliards d’Euros après la remise « Thatcher » et encore réduite à 15, 72 milliards d’Euros après d’autres réductions au titre de la politique agricole. Ce budget est  à comparer aux  20 milliards de budget de la France prévue en 2016 alors que le PIB français représentait 85% (avec un Euro déprécié) du PIB du Royaume Uni en 2015.

Les principaux contributeurs au budget européen sont l’Allemagne la France et l’Italie et le Royaume Uni n’arrive qu’en 4e position devant l’Espagne.  

 

III-Insuffler un esprit anti-européen

Les anglais ont constitué l’avant-garde du front anti-européen et même pour les plus europhiles d’entre eux l’idée de fédération leur est insupportable. La classe politique anglaise est marquée par le conservatisme et les marqueurs économiques illustrent le peu de cas qu’ils font de la solidarité nationale.

L’Angleterre a donc été un frein au progrès social et à la solidarité en Europe. On peut ainsi constater que dans l’UE les règles existantes  au plan social et humanitaires prennent de plus en plus un aspect facultatif laissé à l’initiative de chaque membre. L’idée fondatrice de l’Europe a été minée par des membres que l’on a trop facilement admis sur des critères de taille optimale de marché.

L’esprit anglais n’a pu qu’encourager le nationalisme et le populisme illustré par le dernier référendum. Il était nécessaire de se débarrasser d’un partenaire aussi encombrant depuis des années et qui avait franchi la ligne rouge de l’inacceptable.

 

IV-Le sort de l’Angleterre et conclusion

 

Encore une fois nous parlons de l’Angleterre comme étant l’acteur du Brexit du Royaume Uni.

Après avoir exploité l’Union européenne en bénéficiant des son immense marché ouvert contre une participation budgétaire très réduite, l’ Angleterre  va devoir faire de nouveau connaissance avec les barrière douanières pour les biens et services et qui lui coûteront certainement  beaucoup plus que les gains espérés , mais les conservateurs n’ont qu’une vue à court terme.

L’Angleterre a perdu l’essentiel de son industrie et de son agriculture sinistrant  de larges pans de son petit territoire laissés à l’abandon sans fournir d’aides sociales adéquates aux victimes de sa politique.

Lorsqu’elles n’auront plus un accès direct au grand marché de l’UE  les Banques et les industries devront quitter l’Angleterre pour se relocaliser ailleurs dans l’UE.

L’Angleterre viserait à  devenir un paradis fiscal comme les îles caïman mais cette activité ne saurait occuper 55 millions d’habitants qui ont besoins de réelles entreprises et de plus l’Irlande offre déjà des avantages substantiels dan ce domaine.

La campagne précédant le référendum a introduit beaucoup de mensonges dont les principaux ont été :

-Les régions sinistrées sont le fait de l’UE et des paiements qui lui sont faits alors qu’elles sont le résultat de la politique conservatrice de toute la classe politique anglaise.

-Ce qui n’est pas versée à l’Europe sera versé au système social anglais, sans tenir compte des baisses de revenu dues à la récession provoquée par le Brexit.

L’inexactitude de cet argument a été reconnu par Nigel Farage, leader de la campagne pour le Brexit alors qu’il avait souvent utilisé. 

Les deux vedettes de la campagne pour le Brexit Boris Johnson et Nigel Farrage ont soudainement disparu de la scène politique comme s’ils ne voulaient pas assumer la situation dans laquelle ils avaient plongé leur pays. Les anglais risquent de ne plus être les bienvenus en Europe et ses 55 millions de sujets se sentiront encore isolés et à l’étroit dans la partie anglaise de l’île de 135 000 km2

La solution  la plus raisonnable serait un deuxième vote sans mensonges qui ramènerait  le Royaume Uni dans l’UE sous réserve de son acceptation non négociable de toutes les règles communautaires, l’abandon de la Livre, l’intégration dans l’espace Schengen et la fin du rabais sur la participation budgétaire.

Nous ne pouvons pas non plus oublier le rôle néfaste des autres membres de l’UE qui ont trop facilement cédé aux  demandes  invraisemblables du Royaume Uni et qui ont donc aussi affaibli l’esprit européen en le réduisant à une association économique.